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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 07:30

(1987) Extrait de l'ouvrage

 "Dedans et Dehors : Résistance"

5-(1987) DEDANS ET DEHORS RESISTANCETextes et dessins réalisés par

le Collectif des prisonnier(ère)s politiques

du PCE(r), des GRAPO et du SRI

dans la prison de Soria (État espagnol)

 

a-spartacus (dentro y fuera Resistencia)Depuis le premier jour où j'ai commencé à travailler, j'ai noté que quelque chose changeait; on s'était enfin libéré des punitions du Maître et d'être obligé de s'efforcer à approuver des choses dont on a toujours pensé qu'elles ne serviraient à rien et en ayant le visage rouge à la moindre négligence et précisément pas de honte... qu'on lui demande à lui !

C'est pourquoi quand son frère lui a dit qu'à l'usine ils ont besoin de travailleur(euse)s, il a pensé qu'il devenait déjà un Homme, qu'il pourrait arriver le vendredi à la maison et donner une enveloppe avec son nom écrit à la machine avec quelques billets et monnaies à l'intérieur comme paiement à ses efforts.

Et c'est pour ça que la nuit précédente, il n'a pas réussit à fermer les yeux; son excitation était telle qu'il s'imaginait monter aux rideaux, en réglant des aiguillages ou en mettant des fils aux machines.

Il se voyait comme un Empereur enveloppé dans des soies fines et dirigeant la production, son imagination infantile transformait les oeuvres de la graisse en esclaves qui lui apportaient de splendides plateaux de liqueurs et de fruits, de belles femmes caressées par des tulles douces et transparentes, des tulles qui remplissaient l'air avec les parfums de leurs corps, les machines étaient les piliers d'un trône et pour se divertir il avait ordonné à quelqu'un de vêtir une blouse blanche et de se mettre à sauter au milieu de la pièce et il réglait tout ça et il riait...

Lorsque son frère interrompt soudain son Empire d'une claque en lui disant qu'il a 5 minutes pour être lavé et habillé sinon l'autobus de 4 heures et ½ du matin leur échappera et qu'arriver en retard le 1er jour de son arrivée dans l'usine ne pourra pas être plus triomphal.

Il met ses mains sous le jet d'eau froide et il regarde dans le miroir ses yeux ensanglantés par les excès de fin de semaine, tandis qu'il pense qu'il vient de se lever alors que la moitié de l'Humanité est déjà crevée de travailler...

d-Tiempo de guajes (dentro y fuera Resistencia)Un verre de lait que son frère lui approche avec une datte, vite ! Nous allons régler les choses : regarder le miroir recouvert d'un reste crémeux et blanchâtre l'avertissant qu'à cette heure-là son estomac ne travaille pas encore; la porte est fermée et en descendant les escaliers quatre par quatre en s'accrochant à son frère, tout cela lui fait comprendre qu'il doit arriver à un pacte avec ses tripes, et il s'arrête à un recoin et le verre de lait régurgite par sa salive buccale et sans en connaître la raison il lui vient en tête que dans de tels cas les chiens sont têtus et ils le réingèrent...

Et c'est pour ça que son frère ne lance qu'un «Bonne journée !» qui ressemble plus à un grognement, il l'imite en fermant les yeux avec l'espoir de tromper son malaise et de lui donner un bon coup de tête, mais d'une poussée son frère le met dans l'autobus qui semble plein de zombis, d'hommes et de femmes avec leurs sacs sur les épaules... avec leurs yeux gonflés, assis(e)s en dormant, et en donnant envie à tout ceux/celles qui doivent s'efforcer de se tenir debout en s'agrippant à la barre tout en se tenant en équilibre.

Ce qui lui a plu, c'est qu'il n'a pas dû marcher pour aller jusqu'au fond de l'autobus, les gens sont tellement gentils qu'ils l'ont pressé jusqu'à ce qu'il tombe dans le couloir...

C'est alors qu'il se réveille, il regarde la rue et elle lui paraît être comme s'il était d'un autre lieu. La ville est dans l'obscurité, les gens sont sérieux et silencieux, tout donne l'impression que ce n'est pas sa ville, que s'en est une autre... submergée... qu'il s'agit d'une ville submergée sous celle qu'il a toujours connue; c'est le hasard, pense-t-il, maintenant.

Là, il(elle)s passent devant le bar où quelques heures auparavant il célébrait avec ses ami(e)s celui qui allait être un Homme... mais maintenant le bar est fermé. Tout est dans l'obscurité et il demande à une fille plus ou moins de son âge : «Il manque beaucoup ?» . Elle le regarde surprise et elle répond que ça dépend; il essaye de comprendre sa propre pensée et il s'efforce de se maintenir debout...

femmes marocaines dans une usine textile<2011. Ouvrières marocaines en usine textile>

«Descends maintenant ! Imbécile!», entend-t-il à l'extérieur de l'autobus, c'est son frère. Il sent bien l'air en descendant, il respire avec envie et il se rend compte qu'il entend des bruits de machines, comme si chaque usine tentait de faire sa publicité aux ouvrier(ère)s.

Enfin, il aperçoit l'entrée, son frère lui explique la fiche pour pointer et ensuite il le conduit aux vestiaires. Il remarque un vêtement bizarre autant par son tissu tellement rugueux que par sa couleur bleu obscur violacée, ses lettres rouges et une espèce d'insigne avec la marque de l'usine. Ils s'approchent de portes d'où proviennent un bruit qu'il reconnaît comme étant celui des ateliers.

<1917. Ouvrières dans une usine d'armement dans l'État français>

femmes usine munition 1917Ils ouvrent les portes et, face à ses yeux, apparaissent 12 machines ensorceleuses, menaçantes comme les moulins de Don Quichotte qui naissent du sol comme des champignons géants, de couleurs et de sons différents, et au milieu d'elles on y bouge de façon incessante comme des nains.

Ils s'approchent et les nuances prennent alors de l'importance. Les champignons s'articulent avec une infinité de mécaniques chargées de petites lumières rouges, des dizaines de bobines de fil mélangent leurs couleurs quand les machines ouvrent leurs gosiers et un peu plus bas on voit sortir le tissu avec des dessins attrayants qui s'enroulent entre des rouleaux.

«Réveille-toi mon gars !» , lui reproche son frère, «Celui-là, c'est mon frère et lui, c'est Antonio».

Et celui qui lui avait semblé être l'un des minuscules nains était un homme de la trentaine, fort, avec de la barbe, un grand sourire, les mains et les vêtements pleins de graisse. Il lui serre une bonne poignée de mains et lui dit : «Ici, nous sommes de bonnes personnes, en 2 jours tu vas être un tisserand et nous allons être de bons amis».

 

<2011. Collage-dessin de David Garaboa, prisonnier politique du PCE(r)>

20.12.11-im3(carta david)L'arrivée lui paraît bien accueillante même si ce n'est pas celle dont il avait rêvé... Là où il a imaginé un Empereur, maintenant, c'est lui qui est passé de l'autre côté du miroir... Les tissus sont un peu plus gras et obscurs et on ne lui apporte pas de fruits ni de liqueurs aphrodisiaques sinon qu'on lui fait des signes et qu'on lui envoie des sourires pleins d'allusion, y compris on lui crie «Mon enfant ! Viens ! Que tu es jeune et tu es toujours vierge !» et cette fois son visage ne devient pas rouge sous la main de son père mais à cause d'une femme rousse qui parmi les fils et les machines lui envoie une phrase qui l'incendie jusqu'aux sourcils...

Durant le moment du sandwich, il raconte son rêve à son frère et à Antonio et après avoir éclaté de rire, Antonio l'invite à un cigare et il lui dit d'un air à moitié sérieux et à moitié blagueur : «Maintenant tu commences. Peu à peu, tu domineras ton travail. Tu te rendras compte que la vie est très injuste, que chaque sou que tu sues te coûte des centimes. Tu dois voir beaucoup de choses. Tu sauras ce qu'est la Grève, ce qu'est un(e) briseur de Grève. Tu sauras ce qu'est un(e) compagne(on). Tu comprendras que la vie est très merdique pour nous les ouvrier(ère)s... mais reste toujours parmi tes compagne(on)s ! Ne te laisses pas conduire par les rêves. La vie est ce que tu as et ce qu'à partir de maintenant tu pourras obtenir. Ne stagnes jamais, chemine toujours... mais, surtout, pense que dans tes rêves il est préférable d'être Spartacus qu'un Empereur romain.».

2bis-Mujer Antifascista(Trabajadora Maestranza Artilleria)<1936. Femme antifasciste maître en artillerie>

La sirène se met à sonner. Vous vous levez tout les deux pour mettre en marche les machines tandis que les dernières paroles d'Antonio restent gravées dans ton esprit...

Spartacus te rappelle les cours d'Histoire à l'école et ce nom te plait mais tu n'arrive pas à le mettre en relation avec l'usine autant que tu le voudrais.

Tu changes ta montre de main pour penser à le demander à Antonio, quand ce sera la fin de la journée. Pour toi, c'est ta première journée et tu as déjà commencé à apprendre des choses, jusqu'à de l'Histoire; c'est certain, l'usine te plaît plus que l'école, il n'y a aucun doute là-dessus.

 

Et tu as continué à marcher, en te faisant homme, tisserand, compagnon et en mettant de côté les vieux rêves de trônes, de soies et d'odalisques... après de dures années, de montres inflexibles, de machines insatiables et d'hommes en blouses blanches qui t'assaillent à la moindre négligence.

C'est pourquoi tu continues à chercher Spartacus et que tu gardes pour lui une place pour tes nouveaux rêves où se mêle un monde sans aube, sans contrôle, sans contremaître et avec les caresses et les baisers de cette brunette que tu as vu l'autre jour dans la section des filages...

<2012."Pour une année 2012 Rouge et Combative !"

Lettre de Concha, Arantza et Isabelle prisonnières politiques du PCE(r)>

01.01.12-im3(isabel,aran, concha)Et ce matin, sur le chemin de l'usine, tu sens plus que jamais le vide produit par le fait de ne pas avoir encore rencontré ce lien qui existe entre Spartacus et l'usine parce qu'aujourd'hui la matinée a commencée plus froide et noire, plus menaçante, sa sombre présence est frémissante. Elle asphyxie nos poumons en mettant en évidence dans nos pores qu'aujourd'hui ce n'est pas la neige qui nous glace les os... Aujourd'hui non.

Aujourd'hui, le jour se lève cruellement en réveillant les espoirs. Aujourd'hui, le matin s'habille de soif bestiale de sang et il ouvre sa gorge en dévorant les regards fatigués et routiniers à la station d'autobus de 5 heures moins 20 minutes...

Tu marches vers l'usine sans quasiment ouvrir les yeux parce que cela te fait peur parce que tu désires aujourd'hui que le temps s'éteigne, que la vie soit tendre comme les baisers de tes rêves avec la nouvelle fille de la section des filages...

Et tu veux tromper le matin en fermant les yeux mais il est tellement dense que tu le mastiques. Tu n'en es jamais arrivé à penser qu'une matinée puisse être chargée d'autant d'angoisses et de questions sans réponses comme si le mois de septembre était maudit.

 

C'est peut-être pour ça que l'autobus roulait en étant ému. Bien que plein de regards endoloris qui se croisaient, impuissants, des regards qui dénoncent la nuit sans dormir et bien que plein de murmures : il était honteux de voir autant de force inutilisée. L'autobus roulait muet et tu penses que ce n'est pas juste.

Tu introduis la fiche dans l'appareil mais tu ne comprends pas le «NON» qui troue ta pensée, tandis que tu sens se fixer sur ta nuque le regard méfiant du Gardien de l'entrée, un regard traître que tu supportes chaque matin mais qui aujourd'hui sont comme deux couteaux qui se plantent. Et c'est pourquoi tu te presses pour ramasser le sac et que tu marches vers les vestiaires... En mettant les vêtements de travail tout froids et tâchés de graisse, c'est le moment où tu sens que tes défenses s'effondrent totalement et où tu sens tout le poids de ce jour qui commence...

3-Mujeres antifascistas comunistas (Madrid 1936 Velatorio H<1939. Femmes antifascistes communistes>

Dans ta tête résonne le «NON» en martelant, c'est un battement dont tu sais déjà qu'il s'accompagnera bientôt d'une décharge de tir et tu te dis que la vie ne peut pas être ainsi, ne doit pas être ainsi.

Le déguisement est resté au guichet. Aujourd'hui tu es toi : des mains et des vêtements rugueux de couleur bleue tachés de sueur et de graisse. Une partie de plus, sortie de la machine qui crache des mètres de tissu, insensible et lointaine à tout ce qui arrive à un mètre au-delà de la porte de l'usine. Et le miroir te confirme tes pensées en anticipant sur ce que va être ce jour, dans très peu de temps.

Tandis que tu es là, tout confus avec le sandwich dans la main en épuisant la dernière minute, avant le vrombissement des machines...

Tu te perds dans cette jungle de fils qui t'absorbe à chaque pas. Ce jour-là, avec les compagnons du tour de nuit, tu ne parles pas du rouleau n°5 auquel il manque 50 tours avant de finir parce qu'il est mal purgé. Et tu n'oublies pas non plus que le compteur marche en étant cassé ou qu'au n°12, le fil est mal purgé et qu'il fait des siennes.

Aujourd'hui 5 vies ont été rompues et c'est quelque chose que personne ne peut ignorer... et avec elles, nos vies se rompent tou(te)s un peu. Eux(elles) te regardent parce qu'il(elle)s sentent la même impuissance. Et tou(te)s contiennent la rage d'appeler le Gardien : «Vendu !» parce que c'est le seul dans l'usine qui est heureux.

Et les minutes pèsent comme une pierre tombale et chaque fois le mépris que tu ressens est plus grand et tu le partages avec les autres, parce qu'en cet instant cinq Révolutionnaires, cinq humains de ceux/celles que tu admirais tant, de ceux/celles dont tu as toujours parlé avec orgueil, sont face à un peloton d'exécution en criant à leurs tortionnaires « Vive la Liberté ! ».

<2012. (...) Je chante la Liberté séquestrée de mon Peuple (...)>

01.01.12-im1(enero2012)Et tu es incapable de mettre le feu à l'usine... durant un jour comme celui-ci ! Le soleil lui-même a refusé d'être complice de ces crimes et le ciel tente de se déchirer et de nous arracher l'âme pour nous briser sec, face à notre impuissance honteuse. Et tu regardes ton compagnon et tu ne lui dis rien parce que son regard a la même couleur que le ciel.

Au moment du sandwich, on ne s'est pas risqué à descendre pour du vin, aujourd'hui NON... Et la gorge s'est nouée à la 1ère morsure et tu as jeté le sandwich... mais tu sais que cela ne change rien. Tu sais que cela ne détruit pas les éclairs qui font couler ce sang généreux et cependant tu pense que tu as au moins réussi à rompre avec ton égoisme mesquin, que tu n'es pas éloigné de ce qui aujourd'hui mord ton coeur.

 

Cette passivité impuissante qui te lacère l'âme te préoccupe et tu te dis que quelque chose est en train de changer en toi, qu'aujourd'hui tu aimerais parler avec celui du "reconstitué" de l'autre section qui te passe clandestinement un tract de temps en temps, pour lui demander pourquoi nous sommes ainsi, pourquoi nous ne sommes pas capables de tout arrêter et de sortir dans la rue quand aujourd'hui tou(te)s -sauf le Gardien- nous ressentons les mêmes sensations, la même rage et la même douleur mais qu'il nous manque quelque chose, il nous manque précisément de le foutre dehors, de cracher notre haine et de démontrer qu'aujourd'hui tout est différent, qu'aujourd'hui nous pourrions rendre un peu plus concrète notre Classe, être Spartacus pour un jour : quand l'imagination nous fait sentir à chaque moment les mains assassines en train de tirer des balles, quand les décharges résonnent à chaque instant c'est comme si aujourd'hui on nous fusillait tou(te)s parce qu'on n'a pas besoin de savoir beaucoup de politique pour exprimer notre Solidarité pour ces hommes, parce qu'en les assassinant : eux, ils tentent de nous assassiner : nous.

Cela OUI, tu le comprends. C'est pourquoi les visages étaient tendus, attentifs et que le bruit des tissages nous dérange parce qu'aujourd'hui le Silence est Solidaire, les gestes parlent et les regards.

À chaque instant, les décharges résonnent et on nous fusille tou(te)s, sauf le Gardien. Et nous restons sans être capables d'incendier notre passivité, avalant la haine au lieu de la cracher, rendu(e)s tout(e)s petit(e)s par la peur et de ne pas savoir comment faire...

Aujourd'hui ton impuissance et ta peur ont servi pour appuyer sur la détente et cela te déchire.

1bis-Mujeres antifascistas comunistas (Desfile Plaza Toros)<1936. Femmes antifascistes défilant>

C'est pourquoi en te couchant, de retour à la maison, tu ne réussis pas à t'endormir. Tu te retournes et tu dis «NON». Tu allumes un cigare et le «NON» revient. Ça suffit ! Tu ne peux pas continuer à t'affronter à ta conscience. Non ! Tu ne peux pas! Et cependant, aujourd'hui, en automne 1975, ils les ont fusillés...

<2011. Dessin de Manuel Arango, prisonnier politique du PCE(r)>

04.12.11-im4(manuel arango riego)...Et cependant, aujourd'hui tu as été celui qui as sauté sur le réveil, avant qu'il t'arrache des caresses des ouvrières des filages à l'usine. Tu te lances pour étrangler son cri avant qu'il ne s'en rende compte parce qu'aujourd'hui, malgré la gelée qui commence à imposer sa rigidité, tu es totalement sûr que cette journée est avec nous tou(te)s.

Et l'émotion est telle que tu t'es lavé le visage et pour la 1ère fois, le «Bonne journée !» lancé à l'arrêt d'autobus est sorti clairement et non pas comme un grognement... malgré le doute qui t'assaille.

Parce qu'il semble qu'aujourd'hui tout l'autobus est réveillé et les gens parlent joyeusement. Ou bien, peut-être qu'aujourd'hui, tu vas avec la certitude de ta joie. Et c'est pour ça que même la fille qui descend au même arrêt que toi, celle qui travaille dans l'usine de derrière, elle t'a laissé un petit bout de son siège. Et de sentir la chaleur ténue de son corps encore enveloppé parmi les draps t'a mis de bonne humeur et cela est allé jusqu'au fait que tu as brisé ton habituel mutisme dans l'autobus.

<2001. "La Bataille de toutes les nuits" Poème du Camarade Arenas écrit dans la prison de Fresnes.>

16.12.11-im4(arenasdíaadía)Mais ce fut surtout cette attitude de provocation récréative face à la pointeuse en te sachant observé par le portier et ton sourire ironique face au grognement aigre qu'il a sorti en ouvrant la porte...

Et tu vas en courant au vestiaire, sans te préoccuper de la sueur et de la froideur du vêtement de travail qui t'attend et te presse pour que tu t'intègres parmi les autres qui sont déjà arrivé(e)s et qui sont en groupes et parlent avec ceux/celles du tour de nuit...

Les machines se sont arrêtées, mais peu importe. Personne ne rompt la conversation, ni ne prête la moindre attention au fait que le vaisseau reste dans un silence assourdissant et tu sais qu'il(elle)s sont en train de parler de ce qui s'est passé hier à Madrid. Tu le remarques dans leurs expressions, dans leurs gestes, dans celui qui parle à voix haute et qui dit : «Qu'ils aillent à la merde !».

À cet instant-là, tu es avec eux/elles et ton sourire s'ouvre d'une façon démesurée... Et l'éclat de rire est collectif quand quelqu'un raconte que, durant la nuit, il est descendu pour boire un coca-cola et qu'il a dit au portier qu'à Madrid quatre Policiers ont "eu leur compte", qu'il s'est mis à rire et que le cou du portier est devenu comme celui d'un taureau...

01.12.11-im1Et il a pensé que le Gardien allait lui sauter dessus, «Allons ! ce sont des choses qui arrivent !». Cela a été le coup de grâce aux coupables, ils ne s'y attendaient pas mais, à dire vrai, nous non plus.

C'est pour ça qu'aujourd'hui est une journée de fête. Il semblerait qu'on va manger le sandwich avec une double ration de vin ! Et quand la section du filage passera, je vais donner mon meilleur sourire à la brunette et au mieux j'irai jusqu'à lui dire : «Salut !».

Et maintenant, je vais au toilette pour lire le tract que m'a passé l'autre de la section, celui du licenciement. Cela m'a plu ce qu'il m'a dit. Je ne sais pas, il y a quelque chose dans sa façon d'être qui fait que je souhaite qu'il parle, peut-être qu'il peut donner une réponse à mes interrogations et me faire réussir à comprendre ce que je suis incapable de voir.

Je pressens qu'il pourra me dire pourquoi l'autre jour nous étions impuissant(e)s face aux choses et pourquoi aujourd'hui nous sommes tellement content(e)s et confiant(e)s. Peut-être qu'il peut l'expliquer et réussir à nous donner une issue aux choses qui se passent et qui nous font penser, à comprendre un peu tout et voir ce qui peut être fait.

<2011. Dessin de Manuel Arango prisonnier politique du PCEr()>

(2) DESSIN DE MANUEL ARANGO PCE(r)Écoute ! Je suis resté avec lui cette nuit pour lui donner mon opinion sur le tract. Je vais le lire à l'instant même. Je m'en fout de savoir si le marqueur se rend compte que les machines se sont arrêtées, il faut bien qu'ils s'habituent au fait que les choses peuvent aussi changer, ici, à l'intérieur de l'usine...

Je l'ai déjà découvert, à l'époque du Condamné à Mort... mais finalement j'ai réussi à rencontrer Spartacus dans l'usine. Le bon Antonio me parlait de vieilles histoires d'esclaves héroïques et d'Empereurs romains et bien d'autres encore, mais elles ne m'ont pas même laissé cette Espérance-là.

J'ai lu un poète qui disait que Spartacus était un homme mort dé-fi-ni-ti-ve-ment, un homme dont les muscles, les veines et les os sont aujourd'hui de la poussière sur le chemin, un mythe littéraire de plus.

Oui, des veines et des muscles c'est déjà bien ! Du moins, c'est l'impression que ça me donne parce que les poètes décrivent rarement la vie, la force qu'atteint une Grève ouvrière. Des veines et des muscles parce que Spartacus est vivant et c'est quelque chose d'encore plus beau et profond.

De toute façon, il est impossible que le fait d'être solidaires ne vienne pas en tête, à l'esprit des femmes et des hommes d'une même Classe ! Je pense qu'il existe très peu de poètes qui se lèvent à 4 heures du matin et qui passent 8 heures devant une machine au côté d'une ouvrière aux cheveux recouverts d'un foulard et d'une salopette bleu ciel qui le regarde avec les yeux doux et sincères chaque fois que tu passes à ses côtés et qui partage la bière et le sandwich quand tu oublies ton argent dans ta précipitation matinale, bien qu'elle ne soit pas la fille-objet de la télé et qu'elle ait les hanches un peu pleines...

o-Z.U.R (dentro y fuera Resistencia)Non, non, elle ne soulève pas un torrent d'envies, elle est une nécessité parce que tu sais bien qu'il y a peu de sensations qui te comblent et te donnent une satisfaction autant que la force qui s'agite et se libère dans une Grève semblable à celle que nous venons de finir maintenant en raison de la Convention collective. Et parler de cela doit être quelque chose d'important pour les poètes du peuple. Cela devrait l'être et ainsi ces poètes ne signeraient pas le certificat de mort de Spartacus avec autant de joie.

Parce que quand on paralyse une usine et que des dizaines d'hommes et de femmes se réunissent en assemblée et que leurs mains s'expriment unanimement pour aller à la Grève selon leur propre modèle, Classiste et terriblement combatif et pratique de démocratie, on rompt avec la sacro-sainte harmonie d'une ville et d'un Système de Classe où règne la Loi de la nécessité des uniformes en mitraillettes à chaque recoin. Nous levons nos bras et nous sentons tou(te)s un changement dans notre comportement. Tu parles avec un(e) compagne(on) d'une autre section de l'usine que tu ne vois qu'occasionnellement et presque toujours dans les assemblées et pas dans la Grève...

Tu n'as besoin que de ça : d'être d'accord face aux mêmes problèmes, pour te sentir solidaire. C'est comme si nous nous connaissions depuis toujours et alors tout change quand le fait de s'efforcer de donner ton opinion aux compagne(on)s se fixe dans ton esprit. Tu dois leur dire qu'arrêter les machines n'est pas suffisant, qu'il faut sortir dans la rue et s'unir aux autres secteurs. C'est le 1er pas et ce n'est pas la peur qui se reflète sur les visages graves qui traversent les rues au lever du jour.

Non, ces visages expriment une détermination forte; il faut s'arrêter pour la Convention collective. Il faut arracher de nouveau au patronnat un pourcentage suffisant pour réussir à boucler l'année jusqu'à la prochaine Convention collective.

DESSIN DE MANUEL ARANGO PCE(r)

<Dessin de Manuel Arango, prisonnier politique du PCE(r)>

C'est pourquoi à 5 heures moins le quart du matin, le silence des machines s'entend de nouveau dans tous les coins, en laissant surgir les voix animées de groupes d'hommes et de femmes qui blaguent parce que la Grève est aussi une occasion de mieux se connaître pour partager les problèmes et y compris pour tomber amoureux/euse.

Oui, comme tu l'entends, poète. Pendant que toi et ton corps restent avachis dans des couettes commodes et des chaussons caressants, après avoir erré jusqu'à l'étourdissement sur le pavement gris de la ville à la recherche d'une muse dans chaque recoin, une muse qui te craches dessus et ensuite tu crois qu'il s'agit de ton meilleur poème... pendant ce temps-là, dans les usines : il existe des personnes qui savent s'occuper du quotidien, de faire sortir deux sous au lieu d'un... Et de trouver le monde sincèrement beau et plein d'amour jusqu'au coeur de cette bataille.

<Juillet 2011. Dessin de Aurora Cayetano, prisonnière politique du PCE(r)>

DESSIN SRI D'AURORA CAYETANO PCE(r) 2011Et je te dirais que si un jour au coin d'une usine, tôt le matin, tu rencontres une femme simple vêtue d'une blouse mauve : ne crois pas qu'elle soit ta muse. Tu tenterais de lui mentir ou de te mentir à toi-même. Approche-toi d'elle et apprends que les muses véritables travaillent 8 heures par jour. Elles se salissent de graisse et aussi elles suent et ensuite elles cherchent le bonheur dans ces gars un peu bêtes qui les regardent quand leur coeur à elle s'ouvrent.

C'est pour ça que c'est moi qui l'ai rencontrée et pas toi. Parce qu'on a déjà vécu une semaine de Grève et que la situation chauffe avec la Grève Générale de Solidarité. Et alors que toi tu fronces ton front incompréhensiblement alarmé par le sujet, elle s'est mise d'accord avec moi pour aller ensemble au même piquet de Grève, pour fermer ce qui ne devrait pas rester ouvert.

Et celui qui paraissait timide, une semaine auparavant, s'est effondré parce qu'il faut étendre la Grève pour qu'ils voient la Force que nous avons et nous ne cesserons pas jusqu'à obtenir les revendications.

Tu le sais ? Je me suis rapproché d'elle ces jours-ci et je sens sa force au côté des autres compagne(on)s mais en la distinguant mieux, elle. Je sens son bras enlacé au mien dans chaque manifestation où sa voix revendique fermement jusqu'à devenir aphone. Et ensuite, courir avec elle. Arriver tard à la maison, cela a été la connaître dans sa plénitude maximale en l'aidant quand les autobus brûlent durant la Grève Générale et que la Police frappe tout ceux/celles qui arrivent à sa portée.

Bien-sûr, tout ça peut te paraître peu poétique, «Cela ne l'est pas» : diras-tu. Mais qu'allons-nous faire ? Pour moi, des mains de porcelaine qui te caressent à l'aube ne servent à rien. Tout comme ta vision mythique et savante de Spartacus ne me sert pas non plus.

Les mains dont je suis amoureux ont les ongles carrés et elles sont rugueuses par le frottement du fil mais ce sont des mains fermes qui ne se rompent pas en jetant des raisons comme des pierres. Ce sont des mains pleins de vie, douces dans leur aspérité, chaudes, dans lesquelles chaque pore est un appel, des mains qui m'aident, m'enseignent et apprennent avec moi, capables de porter le mât dans lequel nous ferons s'envoler le drapeau Rouge.

Oui, faire s'envoler le drapeau Rouge, cela ne devrait pas te surprendre à ce niveau-là ! Parce que cela a beaucoup à voir avec ma découverte du fait que tu n'avais pas raison. Spartacus vit dans mon usine.

<Dessin d'Aurora Cayetano, prisonnière politique du PCE(r)>

DESSIN D'AURORA CAYETANO PCE(r) Mai 2011Et avant, je dois te dire que les veines et les muscles sont seulement une partie, l'autre, la plus importante, c'est la Conscience de Classe : Spartacus est une idée, une attitude, un futur et une Classe. Et cela, tu le comprendras quand tu verras l'énorme force que nous avons les ouvrier(ère)s et que nous dépensons pour obtenir une certaine augmentation dans le salaire ou pour des améliorations dans le travail alors que le jour suivant, les prix montent et c'est pire qu'avant...

Ce cercle vicieux, cette chaîne nous rend esclave mais c'est aussi l'issue de ce torrent d'hommes et de femmes qui sommes obligé(e)s de Lutter chaque jour pour la susbsistance la plus primaire et je suis heureux de pouvoir te dire que cette Grève a été un pas en avant. Demain, nous serons deux de l'usine à parler d'un Futur Rouge et Socialiste. Il y en aura d'autres. Elle sera là parmi eux/elles car le Mai français ne nous a pas traumatisé et nous ne sommes pas non plus engoncés dans de la philosophie universitaire ou avec de vieilles momies.

Ce qui est nôtre, nous qui nous levons avant le lever du jour, notre poésie et nos mythes sont dans les mains calleuses de la femme qui serre les miennes dans les assemblées... Parce que ces milliers de mains qui te dérangent l'ego, ce sont les nôtres. De ces mains vont naître et naissent déjà le plus beau et poétique de toute l'Humanité et cela ne se trouve pas dans la rue mais dans les usines, devant chaque machine. Ses mains me donnent de la force c'est pour ça que je les aime et que j'en ai besoin.

Pour que le drapeau Rouge fasse des vagues dans le vent avec un peu plus de fermeté, pour que nous nous rapprochions un peu plus de notre destin, plus loin de ces chaînes, de cet Empire soutenu par la force des mitraillettes. Tu vois ? Comme Spartacus.


Prologue.

LA PRISON EST L'UNIVERSITÉ

DES ÊTRES HUMAINS LIBRES

(Rafael Gómez Parra)

10 ans de prison sont beaucoup d'années. Peut-être le 6ème de la vie d'une personne. Chacun(e) se sentirait physiquement et moralement détruit(e) par 10 ans de prison. Quiconque, sauf ces hommes et ces femmes prisonnier(ère)s politiques du PCE(r) et des GRAPO pour lesquel(le)s 10 ans de prison ne sont rien de plus qu'une étape dans leur longue Lutte Révolutionnaire. Ces hommes et ces femmes écrivent l'un des épisodes politiques les plus importants de l'Histoire moderne en Espagne. Il(elle)s ne l'écrivent pas dans les journaux qui préfèrent parler des personnages "en vue" ou du "postmodernisme", ni dans les actes officiels du Congrès où tout héroisme est considéré comme "démodé", ni dans les films à la mode où le héros est un personnage cynique, peu scrupuleux avec la morale ou bien Fasciste. Il(elle)s écrivent ce morceau d'Histoire en prison, sans rien d'autre que leurs propres forces.

<2011. Dessin de Manuel Arango, prisonnier politique du PCE(r)>

(3) DESSIN DE MANUEL ARANGO PCE(r)On saura un jour qui furent, ceux/celles qui en 1981 ont réussi toute une prouesse non recueillie par les caméras, ni par les journalistes : celle de paralyser le projet du Gouvernement UCD (Union Centre Démocratique) de monter la prison de Haute Sécurité d'Herrera de la Mancha, selon le modèle allemand. La Grève de la Faim a duré plus de 2 mois et un Révolutionnaire en est mort : "Kepa" Crespo Galende, un travailleur basque que rien ni personne n'a jamais vaincu, jusqu'à la mort. Il(elle)s furent aussi les uniques prisonnier(ère)s politiques qui ont réussi à organiser dans la prison de Zamora l'évasion la plus spectaculaire de l'Histoire moderne espagnole. Les coupables de cette évasion réussie avec beaucoup d'ingéniosité et sans aucun moyen sont toujours là. Aucune personne les a visité en prison durant ces 10 années ne peut dire qu'elle les a trouvé pessimistes ou déprimé(e)s, sinon tout le contraire. Beaucoup d'entre eux/elles ont faire leur parcours militant dans la prison et aucun(e) n'a laissé passer un seul jour sans consacrer 8 heures au travail et à l'étude.

Ces dernières années, dans la prison de Soria, les poètes, les écrivain(e)s, les artistes et jusqu'aux philosophes ont proliféré mais surtout il(elle)s sont tou(te)s devenu(e)s ce qu'il souhaitaient : des militant(e)s politiques Révolutionnaires. Justement, il(elle)s ont réussi ce que l'État tentait d'empêcher, ce Système qui les a incarcéré(e)s, ce Fascisme déguisé en «Jeune Démocratie», ce capitalisme déguisé en «État moderne». Il voulait les noyer, les massacrer, les enterrer à vie pour que personne ne les connaisse, pour que les gens les haïssent sous le nom de «terroristes» et c'est tout le contraire qui se passe... C'est cela leur grande victoire.

<2011. Dessin de Manuel Arango, prisonnier politique du PCE(r)>

(6) DESSIN DE MANUEL ARANGO PCE(r)Je discutais avec un groupe d'ouvrier(ère)s et d'étudiant(e)s galicien(ne)s sur ces hommes et femmes révolutionnaires quand quelqu'un s'est lamenté sur le mal vécu en prison, sur tellement d'années et tellement de souffrances. Et un autre lui a répondu : «Je leur ai dit la même chose la dernière fois que je suis allé les voir en prison et tu sais ce qu'il(elle)s m'ont répondu ? Il(elle)s m'ont dit que les véritables problèmes sont ceux que nous vivons dans la rue et que l'important c'est de savoir si tu te rends ou pas face aux Exploiteur(trice)s ou si tu continues à Lutter. Celui/celle qui se rend est aussi mal dans la rue que dans la prison. Et celui/celle qui continue à Lutter le fait de la même façon dans la prison que dans la rue, il/elle profite de tout et tout lui sert pour Lutter».

Cet état d'esprit est celui qui a maintenu vivant(e)s ces hommes et ces femmes durant ces 10 dernières années. Curiosité du destin, il s'agit précisément des plus ancien(ne)s qui sont entré(e)s en prison pour avoir tenté de réaliser l'enlèvement de deux magnats du Régime franquiste, le financier : Antonio de Oriol et le Président du Congrès Suprême de Justice Militaire : Emilio Villaescusa pour obtenir en échange la Liberté de tout(e)s les prisonnier(ère)s politiques d'alors, pour l'Amnistie. Beaucoup de ceux/celles qui ont bénéficié de la Lutte de ceux/celles qui ont obtenue l'Amnistie avec les poings et les barricades, se trouvent aujourd'hui dehors, en pleine activité politique mais sans se souvenir de ceux/celles qui ont risqué leur vie pour tenter de les sortir de la prison.

LIBERTE D'EXPRESSIONIl existe de nombreuses hommes et femmes qui passent une grande partie de leur vie dans les prisons, et, curieusement, il(elle)s sont Libres; et il existe de nombreuses autres qui passent toute leur vie au dehors... et il(elle)s sont esclaves, prisonnier(ère)s. La prison divise la société en 2 groupes parfaitement définis. Au Dehors : les Exploiteur(trice)s, les dictateurs et ceux/celles qui les servent, leurs laquais, leurs servant(e)s (et leurs ennemi(e)s pour ceux/celles qui n'ont pas pu être attrapé-e-s). Dedans : la prison, les Révolutionnaires, les combattant(e)s contre l'Exploitation, ceux/celles qui refusent d'être des esclaves, des serfs, des laquais. La Liberté est dedans et la Dictature dehors.

Ces hommes et ces femmes détenu(e)s dans la prison de Soria ont écrit des dizaines de contes, de récits, de poésies, d'oeuvres de théâtre... Il(elle)s en sont arrivé à gagner des prix culturels qui ne sont rien d'autre qu'une partie de leur activité, une reconnaissance de leur travail. Ce livre est une sélection d'un peu de tout. Il fallait choisir. Ce sont des oeuvres littéraires, libres et éprouvées par les sens, où l'esprit vagabonde entre les lignes sans aucun piège avec le coeur ouvert et la simplicité comme thème. Certain(e)s racontent leur propre vécu et d'autres... laissent s'envoler librement l'oiseau de leurs sentiments, jusqu'au point où il est difficile de les lire sans s'émouvoir.

Même pour de brefs instants, ces récits nous font respirer les brises de la Liberté qui reste encore dans ce monde. Des brises qui viennent du seul lieu où aujourd'hui sont rassemblé(e)s les hommes et les femmes Libres : la prison, ou comme on l'appelle au dehors "L'Université des êtres humains Libres".

dessin d'arenas<Dessin du Camarade Arenas>

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DYNAMIQUE DE BAIONA

jpg-SR BAIONA-okPLUS D'INFOS (cliquer)

SOLIDARITÉ PCE(r), GRAPO ET SRI!

 AMNISTIE TOTALE !!!

SANS CONDITIONS !

AMNISTIA TOTALE

2013 : ADRESSES

COLLECTIF DES PRESXS DU PCE(r), GRAPO ET SRI

(2013) PRESXS-adresses

ENCORE 1 PROCÈS-FARCE !!!

PROCES FARCE 13.09.2012 (arenas)-azkPROCES FARCE 13.09.2012 (victoria)-azkMADRID, LE 13 SEPT 2012 :

PITOYABLE TRAGI-COMÉDIE !!!

Audios du dernier Procès-Farce contre "Arenas" et Victoria Gómez. Il n'y a rien de mieux pour rompre la Guerre Sale déployée contre le PCE(r) qui tente de le relier au faux amalgame criminalisateur : PCE(r)-GRAPO... que d'écouter leurs propre paroles. Quand "Arenas" parle sur la politique la Juge l'interrompt et l'expulse. L'avocat de la Défense rompt avec des données tranchantes et sans appel les inventions mises dans les Dossiers judiciaires pour impliquer "Arenas" dans les GRAPO.

  NI OUBLI, NI PARDON !

ABELARDOLIBERTÉ POUR LE COLLECTIF

DES PRESXS POLITIQUES

DU PCE(r), DES GRAPO ET DU SRI

DONT LE CAMARADE ARENAS!

camarade ARENAS

République Populaire

CAMPAGNE DE SOLIDARITÉ AVEC LES PRESXS MALADES

PRESXS MALADESPLUS D'INFOS (cliquer)

7 PRES@S DU COLLECTIF DES COMMUNISTES, ANTIFASCISTES ET SOLIDAIRES DU PCE(R), DES GRAPO ET DU SRI ONT DE GRAVES MALADIES INCURABLES ET ILS/ELLES SONT SÉQUESTRÉ/ES DE FACTO. NOUS EXIGEONS LEUR MISE EN LIBERTÉ IMMÉDIATE!

1-CARTE DIRECTEUR INSTITUTIONS PENITENTIAIRE-azk

MONTRE  TA SOLIDARITÉ !

IMPRIME LA CARTE ET ENVOIE-LA !

COPIE-LA ET FAIS-LA CIRCULER !

1bis-CARTE DIRECTEUR INSTITUTIONS PENITENTIAIRE

12-Enrike KUADRA ETXEANDIA-GRAPO

Enrique KUADRA ETXEANDIA, prisonnier politique des GRAPO. Né à Barakaldo (Bizkaia, Pays Basque) le 9 juin 1950. Militant des GRAPO et Historique militant du PCE(r), âgé de 62 ans. En prison 2 fois (22 ans au total). Sauvagement torturé. Mis une nouvelle fois en prison en 1995 : il est devenu gravement malade. Il se trouve actuellement dans la Prison de Daroca (Zaragoza). Opéré d'un cancer à la prostate. Prisión de Daroca Ctra. Nombrevilla 50360 Daroca (Zaragoza)

1-Manuel PEREZ MARTINEZ-PCE(r)-fr

Manuel PÉREZ MARTÍNEZ, prisonnier politique du PCE(r). Né à Melilla le 1er novembre 1944. Secrétaire Général du PCE(r), âgé de 68 ans. En prison 3 fois (19 ans au total). Toujours en situation d'Isolement extrême. Mis une nouvelle fois en prison 2000 : il est devenu un malade chronique. Actuellement, il se trouve dans la Prison de Castellón II. Il souffre de graves problèmes occulaires, de cataractes, migraine chronique, de rhumes continuels qui le maintiennent prostré, d'une hernie du hiatus et de plusieurs maux associés. Prisión de C.P. Castellón II 12140 Albocasser 

11-MARIA JOSE BAÑOS-GRAPO-fr

María José BAÑOS ANDUJAR, prisonnière politique des GRAPO. Née dans le Sud-Est de l'État français le 11 novembre 1964. Militante des GRAPO âgée de 48 ans. 18 ans en prison. Mise en prison en 2002 : elle est devenue encore plus gravement malade. Elle se trouve actuellement dans la Prison de Valencia II. Foie dans un très mauvais état. VIH. Elle a besoin d'une déviation coronaire. Fortement médicalisée. Prisión de Picassent-Valencia II - a.c. 1002, 46225 PICASSENT (Valencia).

28-Manuel R. ARANGO-PCE(r)

Manuel ARANGO RIEGO, prisonnier politique du PCE(r). Né à Villaseca de Laciana (León) le 12 décembre 1948. Historique militant du PCE(r), âgé de 64 ans. Il a été plus de 20 ans en clandestinité après avoir été détenu et incarcéré à de nombreuses occasions et blessé par les tirs de la Police lors de l'une d'entre elles. Mis en prison une nouvelle fois en 2007 : il est devenu gravement malade. Il est actuellement dans la Prison de Zuera (Zagazoza). Dans cette prison, il manque de physiothérapeute et de plusieurs médicaments dont il a besoin. Il a une sciatique chronique qui l'oblige à marcher en étant aidé; arthrose générale; hépatite chronique avec perte de masse hépatique. Ulcère duodénal chronique car il a été emputé de l'intestin grêle. Hypermédicalisé. Prisión de Zuera-Zaragoza - CN 338, km . 539, 50800 ZUERA (Zaragoza).

2-ISABEL APARICIO-PCE(r)-fr

Isabel APARICIO SÁNCHEZ, prisonnière politique du PCE(r). Née à Madrid le 2 février 1954. Militante du PCE(r), âgée de 58 ans. En prison 2 fois (9 ans au total). Incarcérée en 2007 : elle est devenue gravement malade. Elle se trouve actuellement dans la Prison de Zuera (Zaragoza). Arthrose générale, ostéoporose, hernies lombaires et discales, sinusite chronique, elle a besoin de plusieurs opérations. Récemment opérée de cataractes aux 2 yeux. Prisión de Zuera-Zaragoza - CN 338, km . 539, 50800 ZUERA (Zaragoza). 

21-Paco CELA SOANE-PCE(r)Paco CELA SEOANE, prisonnier politique du PCE(r). Né à Verin (Ourense) le 29 octobre 1958. Militant du PCE(r), âgée de 56 ans. En prison depuis 26 ans, en 3 fois. Incarcéré en 2007: il est gravement malade. Il se trouve actuellement dans la Prison de Picassent (Valencia). Diabète très problématique. Jusqu'en novembre 2010, il a eu besoin de 5 injections d'insuline par jour. Prisión de Picassent -Valencia II. ac 1002. 46225 PICASSENT (Valencia).

4-Résister c'est vaincre-fr3-adosB

HOMMAGES DÉC 2014

NI OUBLI,NI PARDON! 

xc-29 AOUT 2013 VIGO

BIOGRAPHIE (Lire) 

au-(05.12.1982)-JUAN MARTIN LUNA-PCE(r)NI OUBLI,NI PARDON!

ACTE DE SOLIDARITÉ

ÉLECTIONS BOURGEOISES :

BOYCOTT !!!

LA LUTTE EST DANS LA RUE PAS AU PARLEMENT-2

Lutte et organise-toi avec le SRI ! A l'école, université, usine, entreprise, quartier : partout tu peux Lutter pour abolir le Capitalisme et l'Exploitation de Classe en oeuvrant pour  LA RÉVOLUTION SOCIALISTE afin d'abolir définitivement toute Classe et Exploitation par LE COMMUNISME ! ET N'OUBLIE PAS LA SOLIDARITÉ AVEC LES ANTIFASCISTES ET COMMUNISTES EN PRISON : DEDANS ET DEHORS FACE A LA RÉPRESSION   !

  

  PREKARIOEN GAUA

CONTRE L'EXPLOITATION

Pour l'Unité des prolétaires

jpeg-xuria-KARTELA 08.12.2012-azk

  SAMEDI 8 DÉCEMBRE 2012

(à partir de 18h.  23bis Rue des Tonneliers. BAYONNE)

(plus d'infos) et Gadafiste Brothers

PHOTOS DE LA SOIRÉE

jpeg-IMP+WEB-rouge-AFFICHE NUIT DES PRECAIRES-BAIPRESOAK KALERA !

PRESOAK ETXERAT !

PRESOAK KALERA

SAMEDI 10 NOVEMBRE 2012 (BAIONA)

(15h30. Place des Basques)

Manifestation pour la liberté

des prisonnier-ère-s politiques basques

  Aux personnes qui ont Lutté

et qui Luttent contre le Fascisme...

LUCHA ANTIFA

VENDREDI 9 NOVEMBRE 2012

(18h30. Place Louis XIV. ST-JEAN-DE-LUZ)

JOURNÉE INTERNATIONALE : NUIT DE CRISTAL

Rassemblement contre le Fascisme : sexisme,

discriminations et racisme... (plus d'infos)

(9 NOV) KRISTALL NACHT 1938-2012-azk

  ZYED ET BOUNA

NI OUBLI, NI PARDON !

Zyed et BounaLUTTE CONTRE LE NON-LIEU ! (plus d'infos)

 

 

presosenferGrève de la Faim de Solidarité avec Iosu 

Dans les États français et espagnol : plus de 250 prisonnier(ère)s politiques sont en Lutte ouverte avec des Grèves de la Faim, refus des conditions de détention, protestations...

Le prisonnier politique des GRAPO : Enrike Kuadra Etxeandia s’est mis en Grève de la Faim illimitée en Solidarité avec la Grève de la Faim de Iosu Uribetxeberria Bolinaga, un prisonnier politique basque gravement malade en phase terminale dans la prison de Daroca à Zaragoza. Une Grève de la Faim de Solidarité a aussi été commencée par les militants des GRAPO : Nacho Varela Gómez (prison de Puerto I) et Marcos Martín Ponce (prison de Morón de la Frontera, Sevilla). Les autres prisonnier(êre)s du Collectif des prisonnier(ère)s poltiques du PCE(r), GRAPO et SRI informé(e)s rejoignent aussi cette Grève...

LIBERTÉ POUR LES PRISONNIER(ERE)S POLITIQUES !!!

Si l'Etat espagnol a concédé la "Liberté" conditionnelle à Iosu : celle-ci n'est toujours pas effective. En Italie et depuis le Secours Rouge International : des messages et des cartes de dénonciation de cette situation sont envoyées au Ministre de l'Intérieur  de l'État espagnol à Madrid.

Appel du Comité pour un SRI (Italie) : L'Etat espagnol laisse mourir en prison un prisonnier politique malade en phase terminale. Iosu Uribetxeberria Bolinaga est atteint d'un cancer maintenant en phase terminale. Selon les médecins de la prison elle-même, il ne dispose que d'une chance de 10% de vivre encore une autre année. Néanmoins, les "Autorités" refusent de lui concéder la Liberté et désormais 7 autres personnes de plus sont en prison car elles ont participé à une Marche de Solidarité pour Iosu lequel est incarcéré suite à l'accusation d'avoir tué un employé de la prison... Dans les Etats espagnols, français et turc : plus de 500 personnes sont en Grève de la Faim pour réclamer la liberté de ce prisonnier politique gravement malade. Le Collectif des prisonnier(ère)s politiques Antifascistes espagnol(e)s (1) souscrit à cette grève illimitée. Quiconque veut se solidariser avec Iosu peut envoyer une carte ou un télégramme au Ministre de l'Intérieur de l'État espagnol. Pour le texte il suffit de mettre : «NOUS EXIGEONS LA LIBERTÉ IMMÉDIATE DE Iosu Uribetxeberria Bolinaga» (N'oubliez de mettre la signature et le nom de l'expéditeur/trice !)" (1) PCE(r), GRAPO et SRI

IOSU ASKATULeçon de dessin. (Nizar Qabbani, poète syrien) Mon enfant pose en face de moi sa boîte de peintures et il me demande de lui dessiner un oiseau. Je trempe le pinceau dans la couleur grise et je dessine un carré avec des fermetures et des barreaux. Ses yeux se remplissent d’obscurité : “Mais... c’est une prison, papa ! Tu ne sais pas dessiner un oiseau ? Et je lui dis : “Mon enfant, pardonne-moi... J’ai oublié la forme des oiseaux.” Mon enfant pose alors en face de moi son carnet de dessin et il me demande de lui dessiner un épis de blé. Je prend la plume et je dessine une arme à feu. Mon enfant se moque de mon ignorance et il s’exclame : “Papa ! Tu ne connais pas la différence entre un épis de blé et une arme à feu ?“. Je lui dis : “Mon enfant, oui j’ai connu les formes des épis de blé, celle de la miche de pain, celle de la rose mais dans cette époque très dure que nous vivons actuellement les arbres de la forêt se sont unis à la Résistance pour Lutter.(…)”

Dessin d'AURORA(Juin 2012)(Juin 2012) Dessin d'Aurora Cayetano 

prisonnière politique du PCE(r) en Prison

  

  

(gorria)Résistance-1

(TOULOUSE) : PROCES-FARCE ! Face à la Répression de l'Etat français Solidarité avec le CREA (OKUPA) RÉSISTER C'EST VAINCRE ! (plus d'infos) SOLIDARITÉ !

21 JUIN 2012

JEUDI 21 JUIN 2012 (PARIS) (19H) RASSEMBLEMENT DEVANT LA PRISON DE LA SANTÉ Concert de dénonciation contre la Terreur d'État Plus d'infos (cliquer)

 

lamine-diengmanifestation-lamine-dieng-2011-avenue-gambettaNI OUBLI ! NI PARDON ! lamIne dieng, Un ouvrier assassinÉ par la Police de l'État français MARCHE COMMÉMORATIVE À PARIS (14h) Samedi 16 Juin 2012 (Plus d'infos)

vérité et justice pour ali ziri-2NI OUBLI ! NI PARDON ! ALI ZIRI, Un ouvrier assassinÉ le 9 Juin 2009 par la Police de l'État français Rassemblement À Argenteuil (14h30) Samedi 9 Juin 2012 (Plus d'infos)

LIBERTÉ POUR DENIZ

VENDREDI 25 MAI 2012 (NUREMBERG, ALLEMAGNE)15H RASSEMBLEMENT DE SOLIDARITÉ CONTRE LE PROCES-FARCE DE DENIZ : UN ANTIFASCISTE (plus d'infos)

 

jpeg-A3 AFFICHE 19-20 MAI 2012-azk

OU SONT-ILS ? OU SONT-ELLES ? CONTRE LA TERREUR D'ETAT SEMAINE CONTRE LES DISPARITIONS POLITIQUES (17-31 MAI 2012)  

Organisée par l'ICAD-Section française PLUS D'INFOS (cliquer)

euskal presoak euskal herriraJEUDI 31 MAI 2012 (devant la mairie de BAIONA) Jour du Procès en appel à Paris (19 H) RASSEMBLEMENT DE SOLIDARITÉ AVEC JON KEPA PAROT prisonnier politique basque d'ETA PRIS EN OTAGE PAR L'ÉTAT FRANCAIS DEPUIS 23 ANS

jpeg-(09.05.1976) ULRIKE MEINHOFazkPlus d'infos (en cours rédaction)

IBAI ASKTATU-1

IBAI ASKTATU-2 IBAI ASKATU ! GUK ZUREKIN ! LIBERTÉ POUR IBAI PEÑA BALANZATEGUI ! ON EST AVEC TOI ! EUROAGINDUEI EZ !  Plus d'infos  et Lutte Antifasciste  (Originaire de Gasteiz et réfugié politique à Baiona.Transféré en Juin 2012 de la prison de Seysses dans l'État français à celle de Soto del Real dans l'État espagnol) Pour lui écrire : IBAI PEÑA BALANZATEGUI - MADRID-V SOTO DEL REAL CENTRO PENITENCIARIO - CARRETERA COMARCAL 611 - 28.791 SOTO DEL REAL (MADRID) ESPAÑA.

 

 

 

HOMMAGE A LA CAMARADE YASEMIN DU MLKP

Yasemin Yoldas-3

La "Camarade Yasemin" du MLKP est morte le 9 février 2012

en luttant contre l'Etat turc fasciste

pour la révolution socialiste et le Communisme

en Turquie et au Kurdistan

PLUS D'INFOS (cliquer)

HOMMAGE, GRÈVE DE LA FAIM ET DÉTENTION

SOLIDARITÉ AVEC MANUEL ARANGO RIEGO

PRISONNIER POLITIQUE DU PCE(r)

LE 19 OCTOBRE 2011

FIN DE LA PROTESTATION AVEC

GRÈVE DE LA FAIM

DEPUIS LE 16 SEPTEMBRE 2011

CONTRE LE DÉNI DE LA CONDITION DE PRISONNIER/ÈRE POLITIQUE ET DE MILITANCE

MIS EN OEUVRE PAR L'ADMINISTRATION PÉNITENTIAIRE ET L'ÉTAT ESPAGNOL

28-Manuel R. ARANGO-PCE(r)-castLA SOLIDARITÉ DE CLASSE EST NOTRE ARME ! ÉCRIS-LUI !

Prision de C.P. Madrid VI - Aranjuez

C.P. Madrid VI 28300 Aranjuez (Madrid)

02.10.11-im1(lettre interceptée)

  11 OCTOBRE 2011 (BAIONA). DIFFUSION DE 300 TRACTS SRI* À DES PROLÉTAIRES DURANT UNE MANIFESTATION NATIONALE DANS L'ÉTAT FRANÇAIS CONTRE LA PRÉCARITÉ.

* En Solidarité avec la Grève de la Faim du Camarade Manuel Arango Riego, Prisonnier Politique du PCE(r) et pour rappeler l'existence de la Lutte dans les prisons du Collectif des presxs politiques du PCE(r), des GRAPO et du SRI.

BLOG(Manif 10oct2011)TRACT SRI-jpeg DÉTENTION ET MISE EN "LIBERTÉ" AVEC CHARGES

DE PABLO HASÉL, RAPPEUR DE 22 ANS 

LIBERTÉ POUR CE CAMARADE SOLIDAIRE ET COMBATIF!

pablo Liberté !LIBERTÉ IMMÉDIATE DE PABLO HASÉL !

Il est Communiste, les terroristes c'est vous.

SOLIDARITÉ AVEC PABLO HASÉL !

-COMMUNIQUÉ DE PABLO HASÉL

ET CAMPAGNE DE SOUTIEN

logo-radio-clash

RADIO CLASH DE LIMOGES

-Émission du 4 octobre 2011

-Émission du 11 octobre 2011

-Emission du 18 octobre 2011