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10 novembre 2011 4 10 /11 /novembre /2011 08:40

TÉMOIGNAGE SUR LA LUTTE EN PRISON

  Extraits de : "Mémoire Antifasciste.

Souvenirs au milieu du chemin"

de Francisco BROTÓNS*, militant du PCE(r).

Éditions Kale Gorria. Sept.2002 (en castillan).

 

peinture(presx)-1

(1. Prison de Carabanchel)

«Les révolutionnaires (...) nous savons ce qui nous attend

quand nous nous lançons dans la Lutte Antifasciste,

dans la Lutte pour le Socialisme (...)

nous combattons sans craindre les conséquences négatives

que peuvent avoir nos actions pour nous,

comme individu ou groupe politique,

parce qu'à long terme ces conséquences peuvent qu'être bénéfiques pour tout(e)s les travailleur(euse)s, à long terme

notre Lutte peut qu'aboutir à l'Écroulement

du Système que nous combattons»

 

Francisco Brotons Beneyto, ex-prisonnier politique du PCE(r)                         

Francisco Brotons BeynetoVengeance de l'État pour l'évasion.

L'une des questions dont nous avons débattu en profondeur entre nous durant ce séjour à la prison de Carabanchel a été la réaction de l'État face à l'évasion de la prison de Zamora. Nous avions déjà des éléments de jugement plus que suffisant pour savoir qu'elle avait été utilisée pour la recrudescence de la Répression contre nous, de même que nous savions que la répression s'étendrait à l'ensemble du Mouvement de Résistance Populaire.

Tout ce qui est arrivé au cours des années suivantes est venu confirmer ces prévisions lesquelles étaient par ailleurs faciles à réaliser : si l'évasion a fait en sorte que la Police se centre sur nous, le "désenchantement" prévisible face à la farce de la "Transition" (1), les successives mesures économiques contre les Masses suivi de l'essor des Luttes ouvrières et populaires pouvaient seulement conduire à une offensive terroriste de la part de l'État, dirigée contre tout ce qui s'opposait au Système. La vengeance de l'État pour l'évasion de la prison de Zamora était, simplement, un aspect de plus dans ses plans contrerévolutionnaires pour éliminer toute Résistance, toute possibilité de réponse à ses Crimes, à son Exploitation, à l'Oppression dont souffraient les ouvrier(ère)s et tout les Peuples soumis à l'État espagnol.

Il est important de relever cette question parce que c'était quelque chose de prévisible : depuis que nous avions commencé les travaux pour l'évasion de la prison de Zamora, nous pouvions prévoir que la réponse de l'État allait être aussi brutale qu'elle l'a effectivement été. Et cela n'a pas empêché que les compagnons qui connaissaient le plan d'évasion, mais qui n'allaient pas s'échapper avec nous cinq (2), d'être autant enthousiasmés que nous-mêmes et de participer dans tout les préparatifs, bien qu'ils étaient conscients des conséquences que notre action allait avoir sur eux. Il s'est passé la même chose avec l'essor prévisible des Luttes ouvrières et populaires face aux mesures économiques et politiques répressives que le Gouvernement préparait : celui-ci répondra aussi par un durcissement dans la Législation Fasciste et dans la Répression.

2011. Prison de Zamora

prison de ZamoraLes opportunistes, ceux/celles qui tentent toujours de trouver une place au soleil du Système en se moulant dans les conditions imposées par les Fascistes, tentent d'expliquer leur position en disant que toute action véritablement révolutionnaire peut «irriter» la furie fasciste, peut déboucher sur l'augmentation des mesures répressives ce pourquoi «Il faut attendre des temps meilleurs». Naturellement, ce n'est pas quelque chose de nouveau, MARX avertissait déjà que la Révolution génère dans son avancée une contrerévolution chaque fois plus brutale et organisée pour le simple fait que les Puissant(e)s ne permettront jamais qu'on touche à leur Pouvoir, leurs Privilèges, leur style de vie pourri basé sur la Misère et la Mort de millions de personnes. Avant que cela arrive, sans hésitation la mort et la souffrance seront répandus parmi tou(te)s ceux/celles qui s'y opposent.

Mais MARX signalait aussi les batailles qui devaient se livrer pour avertir de la dureté du chemin que nous avons devant nous, pour inciter à la Lutte la plus conséquente et décidée, tout le contraire de ce que font les opportunistes, les révisionnistes, les vendu(e)s de tout type : ceux/celles-ci signalent les «conséquences néfastes» des actions révolutionnaires pour démobiliser cette situation d'Esclavage salarié et de Misère morale. Les révolutionnaires, nous sommes très attentifs aux paroles de MARX, nous savons ce qui nous attend quand nous nous lançons dans la Lutte Antifasciste, dans la Lutte pour le Socialisme, nous ne pensons pas que les réactions brutales du Fascisme soient un signe de force, que son Pouvoir soit pleinement établit, sinon tout le contraire : nous voyons dans sa brutalité un signe évident de sa faiblesse et nous combattons sans craindre les conséquences négatives que peuvent avoir nos actions pour nous, comme individu ou groupe politique, parce qu'à long terme ces conséquences ne peuvent qu'être bénéfiques pour tout(e)s les travailleur(euse)s, à long terme notre Lutte ne qu'aboutir à l'Écroulement du Système que nous combattons.

pcerQuand à ce qui nous revenait, il était évident qu'en apprenant la nouvelle de l'évasion, la Police avait dicté la peine de mort sur les 5 évadés. Pour les forces de Répression, cela avait été un coup très dur qui les affectait sur le plan personnel car cela les avait ridiculisé; les mêmes policiers qui nous avaient détenus et torturés étaient ceux qui venaient régulièrement dans la prison de Zamora effectuer de minutieuses fouilles de toutes nos affaires et, en particulier, pour s'assurer que nous n'avions commencé aucun tunnel pour nous échapper. S'ils nous avaient toujours persécutés avec acharnement, produit de leur Haine de Classe contre nous, à partir de l'évasion, ils ont intensifié encore plus leur travail visant à nous détruire comme Organisation et à nous assassiner là où ils nous trouveraient. Ils n'ont pas pu le faire dans le cas de Fernando (3) (détenu à Vigo en Juillet), ni avec moi car au moment de nos détentions beaucoup de gens ont été témoins de ces faits dans la rue. Mais cette Peine de Mort s'est accomplie avec les 3 autres Camarades (4).

Drapeau des GRAPO (République Populaire Socialiste)

repop6Avec eux, les Forces de la Répression ont été plus patientes : elles les ont localisés, contrôlés tout leurs mouvements durant une courte période et elles ont cherché le moment pour les assassiner sans témoin. Après la mort d'Abelardo, Enrique sera assassiné le 5 septembre 1981 et Juan le sera le 5 décembre 1982. Trois de mes meilleurs amis, trois communistes qui ont toujours démontré leur fermeté et capacité dans les tâches de la Révolution se sont ainsi unis à la longue liste des travailleur(euse)s tombé(e)s dans la Lutte contre le Fascisme et pour le Socialisme. Mais leur exemple en tant que Révolutionnaires intègres et comme Guérrilleros et leur énorme qualité humaine resteront toujours parmi nous et ils continueront à orienter notre activité.

unidadNous sommes entrés dans une étape de grande aggravation des Luttes de Classe dans notre pays. Cela deviendra encore plus évident après le Coup d'État du 23 février (1981) avec la poussée brutale donnée par l'État à la Guerre Sale et aux Attaques contre les conditions de vie et de travail des travailleur(euse)s mais il existait des données plus que suffisantes qui l'annonçaient. Pour toutes ces raisons, il était facile de prévoir que le Gouvernement n'allait pas en rester seulement à l'accomplissement de la Peine de Mort policière dictée contre les fugitifs. Nous connaissions déjà la situation des Camarades dans les prisons et nous savions qu'elle se durcirait encore plus.

Si la Police a du attendre pour exécuter sa vengeance directement contre les fugitifs, dès le début, toute la Répression est tombée sur les prisonniers restés dans la prison de Zamora. Ils ont été isolés avec le retrait de toute possibilité d'avoir un contact entre eux et de poursuivre leurs activités de travail et d'étude (5), en même temps que les mesures répressives ont augmenté à l'intérieur de la prison. Fin décembre, la moitié d'entre eux a été transférée au Centre d'Extermination de la prison d'Herrera de la Mancha. En réalité, cela faisait depuis longtemps que cette mesure avait été décidée : l'évasion leur a servi d'excuse pour choisir le moment de lancer la Répression." (...)

NOTES.

(1) Transition démocratique (1975-77) : nouvelle "formule" pour assurer la continuité du Régime Monarco-Fasciste de l'Etat espagnol.

(2) Les 5 évadés de la prison de Zamora : Enrique CERDAN CALIXTO, Abelardo COLLAZO ARAUJO, Juan MARTIN LUNA et Fernando HIERRO CHOMON. 

(3) Fernando HIERRO CHOMON.

(4) Enrique CERDAN CALIXTO, Abelardo COLLAZO ARAUJO et Juan MARTIN LUNA

(5) Réalisé dans la Commune Karl Marx créée par les prisonniers politiques du PCE(r) et des GRAPO.

 

 

(2. Prison d'Herrera de la Mancha)

«Les gardien(ne)s de prison se fatigueront de nous frapper,

avant que nous soyons fatigué(e)s de Résister»

 

"Herrera de la Mancha : référence de la Terreur carcérale

reja5La prison d'Herrera de la Mancha a été la première d'une longue série de prisons d'Extermination dans lesquelles s'est concrétisé la menace du Directeur Général des prisons : il avait dit qu'il réussirait à en finir avec la Résistance au sein des prisons parce qu'il savait «construire des tombeaux de béton» pour les prisonnier(ère)s qui ne se soumettraient pas. Tout le système de normes de la prison d'Herrera était destiné à la destruction physique et morale des prisonnier(ère)s qui voulaient garder leur dignité en tant que personnes. Il(elle)s étaient aussi détruit(e)s physiquement : les coups étaient une chose courante; l'isolement auquel il(elle)s étaient soumis(e)s était total; la négligence médicale était froidement calculée pour que celui/celle qui sortirait de la prison d'Herrera de la Mancha, en transfert ou en liberté, traînerait à vie des maladies et des douleurs de toute sorte.

 

2011. Prison d'Herrera de la Mancha

Prison d'Herrera de la ManchaÀ leur arrivée dans cette prison, les prisonnier(ère)s étaient toujours reçu(e)s de la même façon : il(elle)s descendaient du fourgon qui les avait emmené jusque-là sous la surveillance de la Guardia Civil et il(elle)s devaient traverser une dizaine de mètres jusqu'à l'entrée dans l'édifice carcéral. Il(elle)s le faisaient entre 2 files de fonctionnaires qui, armés de matraques et encouragés par les Guardia Civil, massacraient littéralement les nouveaux arrivant («Pour que vous sachiez où vous êtes désormais !», disaient les gardiens de prison tandis qu'il(elle)s les frappaient).

À l'entrée de la prison, les coups continuaient tandis que les prisonnier(ère)s voyaient comment leurs vêtements étaient arrachés transformés en lambeaux. Il(elle)s étaient laissé(e)s absolument nu(e)s, on leur remettait une combinaison bleue comme celle qu'on nous mettait à la DGS (Direction Générale de la Sécurité (1)) pour les sessions de Torture et, toujours sous les coups, il(elle)s étaient conduit(e)s à des cellules individuelles où il(elle)s passaient des heures sans que personne de leur fasse parvenir un repas et encore moins ne soigne leurs blessures.

reja6Parfois, il(elle)s allaient à la cellule du médecin de la prison mais celui/celle-ci ne manifestait aucune forme de reconnaissance hormis le regard de haine et de mépris adressé au prisonnier(ère); il/elle se limitait simplement à vérifier que celui/celle-ci n'était pas mort(e) et par conséquent pouvant recevoir encore plus de coups si cela était nécessaire et par cet acte, le/la médecin considérait sa fonction accomplie.

La vie quotidienne n'était pas très différente de cette accueil brutal. De même que les prisonnier(ère)s sociaux combatif(ve)s qui laissaient leurs os à Herrera, nos Camarades étaient toujours isolé(e)s, seul(e)s, sans voir personne excepté leurs gardien(ne)s. Il(elle)s sortaient dans la cour de promenade une heure chaque jour, un(e) par un(e), et dans leur trajet jusqu'à la cour, ou quand il(elle)s devaient voir leur avocat(e), ou les rares jours où il(elle)s pouvaient avoir une visite au parloir avec leurs familles : il(elle)s étaient obligé(e)s de marcher en longeant le mur avec la tête baissée vers les sol, les mains derrière le dos, menottées à de nombreuses occasions, sans pouvoir se défendre des insultes et des agressions constantes des gardien(ne)s de prison qui les accompagnaient sur le trajet.

reja-2Durant de longues périodes, il(elle)s ne pouvaient pas avoir dans leur cellule ni un stylo, ni un papier sur lequel écrire, ni de rasoir électrique. Rien. Leurs affaires dans la cellule se réduisaient à une paire de linge et tout le reste était mis au rebut, pourrissant dans un dépôt auquel seul(le)s les fonctionnaires avaient accès. Les cellules étaient visitées de façon répétée par des groupes de gardiens, armés de matraques et de sprays qui profitaient de n'importe quel prétexte pour se lancer sur les prisonnier(ère)s et leur faire goûter aux vertus de la "Démocratie d'Herrera". Et cela, jour après jour, mois après mois.

Une bonne partie des 23 heures quotidiennes de cellule (et parfois 24 car sous n'importe quelle excuse il(elle)s avaient l'habitude d'empêcher les prisonnier(ère)s de descendre dans la cour de promenade), les haut-parleurs installés dans la cellule vomissaient des hymnes militaires à plein volume qui arrivaient à rendre quelques prisonnier(ère)s comme des loques.

Tarjeta155 (32)Celles-ci étaient certaines des mesures appliquées sur les prisonnier(ère)s pour les aider à se réintégrer dans la société. Elles faisaient partie du «Traitement individualisé» dont parlaient les Lois Pénitentiaires en vue d'obtenir ce qu'ils appellent avec un trait d'imagination et de démagogie : la «Réinsertion Sociale».

Dès le premier instant, les Camarades transféré(e)s à la prison d'Herrera savaient très bien ce qui les attendait. La construction de la prison avait été annoncée avec cris et tambours, tout comme l'annonce publique que le Régime intérieur dans cette prison serait spécialement dur (évidemment, ce mot était un euphémisme, il ne décrivait pas la Terreur vécue à la prison d'Herrera mais nous savions le traduire car l'expérience nous a permise de très bien connaître le langage des oppresseur(e)s). C'est pourquoi, alors que la prison était encore en construction, un Commando des GRAPO (Groupes de Résistance Antifasciste Premier Octobre 1975) a planifié une action contre les travaux : l'objectif était de les faire voler en éclat avec près d'une tonne d'explosifs qui avaient déjà été fabriqués et prêts à être utilisé. Seule la détention de ce Commando, peu de temps avant l'action prévue, a empêché que la prison d'Herrera saute dans les airs.

Bien plus que notre seul fusil,

c'est un peuple esploité qui nous unit

SRI-presos3Ce que le Gouvernement visait avec la construction de la prison d'Herrera était évident. À partir de l'été 1977, une grande quantité de mutineries avaient eu lieu dans les prisons espagnoles avec toute sortes de Luttes pour exiger de meilleures conditions de vie dans les prisons, la fin des coups et pour un traitement plus digne. Peu de temps après avoir concédé la dite "Amnistie", les prisons se sont de nouveau remplies de prisonnier(ère)s politiques et on y continuait à Résister, à Lutter, à Dénoncer le caractère Fasciste de l'État.

D'autre part, les Communes de prisonnier(ère)s politiques, obtenues après de dures et longues Luttes durant les années antérieures, signifiaient une gêne évidente pour la mise en oeuvre du «Traitement» que les gardien(ne)s voulaient imposer dans les prisons car elles servaient aussi d'exemple aux prisonnier(ère)s sociaux sur comment organiser la vie en prison et faire Front face aux attaques des gardien(ne)s. Le Gouvernement a voulu couper d'un trait l'ascension des revendications carcérales et détruire l'exemple de vie que signifiaient les Communes et c'est pourquoi il a mis en pratique son Plan de construction de Prisons d'Extermination avec d'abord celle d'Herrera. Au moyen du démentiel Régime interne de ces prisons, il voulait répandre la Terreur entre tou(te)s les prisonnier(ère)s : bientôt les atrocités commises à la prison d'Herrera de la Mancha seront connues dans toutes les prisons tandis que les stratèges de la Répression calculaient que la peur d'être transféré(e) dans ce Centre d'Extermination ferait "Revenir à la raison" les prisonnier(ère)s les plus combatif(ve)s.

A peine arrivé(e)s depuis la prison de Zamora, les Camarades ont lancé le début de la Bataille d'Herrera avec une Grève de normes qui a fait trembler le Régime interne de la prison laquelle -au prix de nombreux sacrifices, de coups reçus et de nombreuses Grève de la Faim- a réussi à faire que ces normes arbitraires et destructrices de la personnalité aient dû être "ignorées" par les gardien(ne)s de prison eux/elles-mêmes : chaque tentative d'imposer une norme, quelle qu'elle soit, rencontrait la ferme Résistance des Camarades. Et cette Résistance se maintenait face aux châtiments consécutifs à l'inaccomplissement de la norme : ni l'augmentation de l'isolement, ni les coups, ni l'incommunication (2) n'ont pu atteindre la ferme volonté des prisonnier(ère)s politiques. Même dans les pires moments, aussi bien dans à la prison d'Herrera comme dans le reste des autres prisons, nous avions l'habitude de répéter une phrase : «Les gardien(ne)s se fatigueront de nous frapper avant que nous soyons fatigué(e)s de Résister.»" (...)

NOTES.

(1) Direction Générale de la Sécurité : Centre de tortures en plein coeur de Madrid.

(2) Incommunication : privation de tout contact avec l'extérieur (visite au parloir, téléphone, courrier)

 

 

(3. Prison de Puerto de Santa Maria)

«Ces murs avaient été témoins de centaines de scènes de Terreur.

Ces murs parlaient et je peux assurer que

ce n'est pas une image littéraire,

c'est quelque chose de très exact»

 

" Chapitre 17.Dans le Centre Pénitencier de Puerto de Santa Maria. (...).

Un musée des horreurs.

18 juillet 1977. Prison de Puerto II.

Mutineries des prisoniers sociaux de la COPEL

(Coordination des Prisonnier(ère)s En Lutte)

et des prisonnier(ères) politiques.

prison de Puerto 2 (cadiz)J'ai été un peu plus de 2 mois dans la prison de Carabanchel, jusqu'à ce qu'un jour, on me dise de prendre mes affaires (ce qui fut évidemment très rapide) et qu'on me mette dans un fourgon pour la prison de Puerto de Santa Maria. J'avais toujours des séquelles des tortures reçues à la DGS, aussi le très long voyage, menotté, sans à peine pouvoir bouger dans le fourgon étroit, affamé et endolori, m'a paru une éternité. Je n'avais pas non plus beaucoup d'espérances de me reposer à mon arrivée au vieux Centre Pénitencier de Puerto car dans la prison de Carabanchel, on m'avait parlé des conditions dans lesquelles les Camarades étaient là-bas : j'y allais bien informé de ce que je rencontrerai, on m'en avait parlé avec tout un luxe de détails, on m'avait raconté une montagne "d'exploits" de sinistres personnages dont leurs uniformes passaient par cette prison mais, à mon arrivée, j'ai compris la difficulté de transmettre ce qui s'y passait réellement, la difficulté de raconter l'Horreur, la Brutalité, la Mesquinerie dont les gardien(ne)s de cette prison faisaient étalage contre les prisonnier(ère)s politiques (en cela ils ne faisaient pas beaucoup de différence : ils traitaient comme des animaux jusqu'à ceux/celles qui collaboraient ouvertement avec les fonctionnaires).

Macro-prison de Puerto II

nouvelle macro-prison de Puerto IICe très vieux Centre Pénitentiaire avait une longue histoire de brutalités, spécialement contre les prisonnier(ère)s politiques qui depuis le début de la Guerre Civile ont toujours remplis leurs cellules. Et bientôt, je vérifierai personnellement le fait que cette réputation non seulement était méritée, sinon qu'elle était très en deçà de ce qui se passait réellement entre ces murs. J'ai vu beaucoup de prisons scabreuses, avant et après mon arrivée a Puerto. J'ai été témoin et j'ai vécu des scènes de Terreur, des faits qui répugneraient au plus méprisable des humains, des situations d'Injustice, des volontés de Domination absolue sur les personnes, des tentatives d'Annulation complète de la personnalité mais jamais à un degré tel que je l'ai vu dans ce Centre Pénitencier. Tout ce que m'avaient raconté les compagnons était certain mais leurs paroles n'avaient pas réussi à décrire ni une petite partie de cette nauséabonde réalité.

On m'a mis dans une cellule qui aurait été spacieuse s'il n'y avait pas le "crabe", un double mur formé par une grille de fer qui occupait quasiment la moitié de la cellule. Les murs de presque un mètre d'épaisseur étaient recouverts d'une espèce de couche de saleté : sang et excréments, une croûte noire qui avait tardé des décennies d'années à se former. Ces murs avaient été témoins de centaines de scènes de Terreur. Ces murs parlaient, et je peux assurer que ce n'est pas une image littéraire, c'est quelque chose de très exact. Sur les murs, sur les couches de crasse successives, des dizaines de prisonniers avaient gravé tout au long des années des paroles qui racontaient leurs souffrances, des paroles de haine contre ceux/celles qui les leur avaient causées, des paroles d'espérance de sortie -un jour-de cet enfer, de pathétiques appels au secours vers leurs êtres chers.

Mural

Dans tout les coins, de petits groupes de quatre traits verticaux, croisés en diagonal par une cinquième rayure avaient servis à réaliser le compte des jours passés entre ces quatre murs. Il y avait des écrits ingénus, des vers pleins de douleur et de sentiment, il y avait des cris de Lutte et des appels à Résister remplis de beaucoup d'admiration; il y avait des gravures grossières, des dessins représentant les scènes de torture souffertes, des images des êtres aimés. Toute l'Histoire de cette cellule, tellement similaire à celle de toutes les autres de la galerie d'Isolement dans laquelle ils m'ont mis, était écrite sur ces murs.

Tarjeta155 (38)Et du sang, beaucoup de sang sur les murs; le sang de ceux/celles qui ne résistaient pas à plus de coups, plus de vexations et qui s'automutilaient, se coupaient un doigt, se faisaient une énorme coupure au ventre pour pouvoir sortir à l'hôpital et se reposer durant quelques jours, pour revenir occuper la même cellule avant même d'avoir récupéré; le sang des coups que donnaient les fonctionnaires à ceux/celles qui malgré cette terrible situation avaient encore des forces pour protester, pour Résister. Les toilettes, au sein de la cellule elle-même, étaient une tâche noire dans l'obscurité. Ils n'étaient pas "illustrés" comme les murs, mais ils avaient encore plus de couche de crasse qu'eux. L'une de mes premières tâches a été d'acheter une boîte de conserve et avec le couvercle de passer plusieurs jours en grattant "l'inodore" (quel mot peut approprié dans ce cas !), jusqu'à ce que j'ai pu lui rendre une couleur proche du blanc. Évidemment, demander de l'eau de javel, demander un produit pour le désinfecter était parfaitement inutile; je l'ai fait de façon répétitive avec le résultat prévu de devoir acheter la boîte de conserve pour gratter consciencieusement les toilettes.

LUTTER-RESISTER-VAINCREDans ma galerie, il y avait quatre Camarades, dans des cellules discontinues. Je n'ai pu les voir qu'au bout de quelques mois car nous sortions dans la cour de promenade durant une heure et toujours en solitaire. Et, à la différence de ce qui se passait à la prison d'Herrera, je ne pouvait pas les entendre non plus étant donnée la distance d'une cellule à l'autre et l'énorme épaisseur des murs. Durant les premiers mois, mon unique compagnon a été le silence; les uniques personnes que je voyais étaient les gardiens et, quand je descendais à la cour de promenade, le prisonnier à l'économat quand j'achetais quelques petites choses.

Je ne pouvais même pas me mettre à l'étroite meurtrière qui était près du toit, unique source de lumière naturelle de la cellule. Bien qu'elle était protégée par d'épais barreaux et par un grillage métallique serré qui empêchait pratiquement le passage de la lumière, il était catégoriquement interdit de regarder à l'extérieur : chaque fois que je mettais ma tête, le Guardia Civil que j'avais dans la guérite en face (à 10 mètres à peine de ma "fenêtre") montait le cetme (1), il me visait de son arme et il actionnait l'alarme à laquelle les gardiens se rendaient avec rapidité puis ils m'arrachaient de mon observatoire. Je n'avais pratiquement rien dans ma cellule, ni livres, ni journaux, ni revues, rien qui puisse me distraire, qui aurait pu me rendre la situation plus légère. Le reste des Camarades étaient dans les mêmes conditions.

J'ai trouve une occupation pour passer le temps dans la cellule. J'étais déjà depuis quelques semaines à la prison de Puerto quand j'ai pu acheter des carnets et un stylo et durant quelques jours je me suis consacré à déduire les formules de trigonométrie plane, à démontrer les théorèmes de géométrie dont je me souvenais pour les avoir étudié des années auparavant. J'ai rempli plusieurs carnets avec des formules et des symboles mathématiques, cela me surprenait moi-même que mes vieilles connaissances me viennent en tête d'une façon si fluide.

Dedans et dehors : Résistance !

tarjeta046Mes moments face au carnet, tout comme mes pensées sur la situation que nous traversions dans toutes les prisons, m'ont aidé à déjouer la folie dans cet Isolement, dans ce silence seulement rompu par les sinistres bruits carcéraux. Me submerger dans cette tâche, comprendre les raisons par lesquelles les autorités pénitentiaires faisaient cette exhibition de Sadisme et Cruauté envers les prisonnier(ère)s m'aidait à continuer à Résister : l'État se montrait tel qu'il était réellement, sans masque et seulement avec cela, je réussissais à me réaffirmer dans mes idées, dans la nécessité de les combattre avec toutes mes forces.

J'ai aussi utilisé mes brèves sorties dans la cour de promenade pour prendre quelque vieux journal ou revue qui aura échappé à la vue des gardiens lesquels se préoccupaient du fait qu'il n'y ait rien dans la cour de promenade qui puisse servir d'entraînement pour les prisonniers. Je recueillais ces feuilles comme un trésor, je les gardais et ensuite, seul dans ma cellule, je les lisais de bout en bout. Mais certaines fois, cela ne m'était même pas possible. Normalement, au moment où je devais descendre dans la cour, je devais me lever. Mais si je voyais qu'il pouvait pleuvoir ce jour-là, je savais déjà que mon heure de promenade serait retardée : le gardien m'ouvrait la porte de la cellule uniquement au moment où il pleuvait le plus, ce qui, dans cette cour dépourvue de tout lieu couvert, signifiait que je finirai trempé comme une soupe et que je ne pourrai utiliser aucun papier imprimé qui serait dans la cour, naturellement. Ce jour-là, il n'y aurait pas de possibilité de lecture.

Peinture du Collectif des prisonnier(ère)s politiques

du PCE(r), des GRAPO et du SRI

peinture(presx)-2Les communications orales et écrites faisaient l'objet d'interventions permanentes, ce qui fait que, du dehors, rien ne pouvait me parvenir de significatif dans l'information, un souffle d'air frais pour balayer autant de solitude. Une fois, ma famille est venue me voir et j'ai alors vérifié que malgré le fait que le gardien qui m'accompagnait depuis la cellule jusqu'aux parloirs doive être présent durant la visite familiale, dans la pratique il ne le faisait jamais : il allait parler avec l'un de ses congénères et il apparaissait seulement pour me dire que la visite était terminée. Mais il était pratiquement impossible de se faire entendre dans ces parloirs. Nous devions nous parler avec des cris et le fait que nous étions toujours seuls dans les visites (je n'ai jamais été avec aucun autre prisonnier car les gardiens étaient très attentifs au fait que je ne puisse parler ni contacter personne d'aucune manière, dans l'objectif de rendre mon Isolement encore plus dur). De même, je pouvais à peine voir mes proches. Entre eux et moi, il y avait un petit passage, de quelques 2 mètres de large, flanqué de 2 grilles métalliques avec du grillage barbelé : il était impossible de les distinguer, soumis comme ils l'étaient à la pénombre par le manque total d'illumination de ce taudis.

Tarjeta155 (35)L'intervention des communications affectait aussi les entretiens avec nos avocat(e)s, quelque chose qui ne m'était jamais arrivé dans aucune autre prison car, en théorie, cette intervention atteint directement le Droit à la Confidentialité de la Défense. Mais ces raffinements juridiques étaient complètement inconnus à la prison de Puerto de Santa Maria, au moins en ce qui concerne les prisonnier(ère)s politiques, et pour autant que les avocat(e)s aient protesté, aussi bien dans la prison qu'au Collège des Avocat(e)s et face aux Juges du Tribunal de l'Audiencia "Nazional", il n'a pas été obtenu que cesse cet acte arbitraire. Les Guardia Civil de l'entrée en sont venus à blesser l'une de mes avocates. Face à aux exigences vexatoires et au refus des gens en uniformes relatif à son entrée dans la prison pour me voir (bien qu'elle emportait tout les permis adéquats), elle a refusé de s'en aller sans me visiter. Ils lui ont renversé le contenu de son sac au milieu de la rue et au moyen d'empoignades, ils la sortirent de là jusqu'à ce que son insistance et sa menace d'interposer une dénonciation réussisse enfin à ce qu'ils la laissent passer." (...)

NOTE. (1) Cetme : fusil d'assaut officiel de l'Armée espagnole.

 

(3. Prison de Puerto de Santa Maria)

«Nous représentions deux Mondes, deux Classes,

non seulement différents mais s'affrontant»

 

"Petites améliorations.

1939. Prison de Puerto (Cadiz) ou celle d'Ocana (Valencia)

Prisonniers politiques républicains.

presos ocaña o el puertoÉvidemment, la Direction de la prison avait reçue des instructions très concrètes sur ce qu'il fallait faire avec nous, de même que l'avaient reçue toutes les autres Directions des prisons dans lesquelles nous étions. Mais certain(e)s gardien(ne)s appréciaient vraiment leur sale travail, ils débordaient d'imagination, d'initiative, de créativité pour nous appliquer les directives reçues au plus haut degré de dureté, en ajoutant leur touche personnelle laquelle dans certains cas révélaient un sadisme pur. (...) Mais la Terreur qui régnait dans cette prison ne se répandait pas seulement parmi les prisonnier(ère)s. Certain(e)s fonctionnaires agissaient aussi de façon permanente sous le dictat de la Peur (...).

Quand nous avons obtenons une cellule commune dans laquelle passer les après-midi nous l'avons vraiment célébré. Nous avions fait plusieurs Grèves de la Faim jusqu'à arriver à ce moment et nous l'avons considéré comme une grande Victoire. Nous étions seulement cinq mais, immédiatement, nous avons décidé d'un plan de travail, de discussions, d'études. Nous avions véritablement faim de conservations, d'échanger les expériences des 2 dernières années et le peu de données que nous avions sur la situation dans le reste des prisons. (...) Au début, la vigilance des gardiens était très intense tandis que nous étions dans la cellule commune.

1939. Femmes républicaines tondues par les fascistes dans la prison d'Oropesa (Toledo)

Mujeres republicanas rapadas en Oropesa Toledo

La porte était fermée mais nous notions comment, de temps en temps, le viseur de la porte s'obscurcissait : un oeil nous espionnait. Ils voulaient connaître les grands secrets, les conversations tortueuses dont ils étaient persuadés que les prisonniers isolés devaient maintenir et ils pensaient peut-être que nos conversations devaient être un choeur de lamentations et de malédictions sur ce qui se réalisait. Je suis certain que lorsqu'ils ont vu apparaître des figures géométriques sur le tableau, lorsqu'ils nous ont entendu parler du concept mathématique de tangente, ou de point à l'infini, ou de matérialisme dialectique, ou de l'un des toutes sortes de sujets qui surgissaient dans nos conversations : cela leur a procuré une énorme déception.

Prisonniers politiques républicains dans les Camps de concentration

de l'État espagnol Fasciste.

Prisioneros en el campo de concentración de SantanderIls ne pouvaient pas comprendre que toute la Terreur qu'ils avaient déployé contre nous ne paraisse pas nous avoir affecté d'aucune façon, que notre moral soit celui de gens identifiés avec leurs idées, travaillant toujours, intéressé(e)s aux sujets les plus divers et jusqu'à être de bonne humeur. De même, ils n'ont jamais pu comprendre que nous nous affrontions toujours à eux à cause d'une norme vexatoire, d'une mesure arbitraire qu'ils voulaient nous appliquer, en le faisant chargés de raisons et en même temps que nous luttions au moyen de dures Grèves de la Faim contre cette situation, sans donner aucun symptôme de défaillance. Depuis longtemps, notre comportement ne cadrait pas dans le monde qu'ils connaissaient : nous représentions deux Mondes, deux Classes, non seulement différents mais s'affrontant.

Peu à peu, ces surveillances derrière la porte se sont espacées jusqu'à disparaître, de même qu'ils ont cessé de pratiquer le «Traitement» qu'ils avaient eu avec nous avec tellement peu de succès. La situation à la prison de Puerto n'a jamais pu être décrite comme normale mais le moment est arrivé où nous avons vu que les gardien(ne)s avaient effectivement renoncé à continuer de nous harceler à chaque minute de la journée, notre séjour dans cette prison arrivait à sa fin. Ils avaient une nouvelle fois échoué dans leur plans élaborés pour nous réinsérer au moyen de la Terreur." (...)

 

(3. Prison de Puerto de Santa Maria)

Contexte politique : Coup d'État en 1981

Bunkérisation du Régime : retour aux origines en 2011

 

"L'échec d'un Coup d'État" avec beaucoup de succès.

23 F-3Le 23 février 1981, les nouvelles du nouveau "tejerazo" (1) ont commencé à arriver. A cette époque, nous sortions déjà tout les cinq ensemble à l'heure de la promenade. Malgré cette petite conquête, la situation était insoutenable c'est pourquoi à cette période-là nous étions dans une nouvelle Grève de la Faim depuis déjà presque 1 mois, pour obtenir la sortie de cette prison et pour la Réunification des prisonnier(ère)s politiques.

Ce que nous venions d'entendre à la radio (l'unique source d'informations que nous possédions à ce moment-là) était alarmant : après son précédent échec dans la dite "Opération Galaxie", TEJERO (1) avait pris d'assaut le Congrès des Députés en tête d'une troupe de Guardia Civil et il maintenait retenu le Gouvernement et tou(te)s les Parlementaires. À Valencia, MILÁNS DE BOSCH (2) avait sorti ses tanks dans la rue, en s'unissant au Coup d'État qui semblait avoir des appuis dans l'État-Major de l'Armée, en tête de laquelle était le BOURBON (3). La radio disait qu'on attendait qu'apparaisse d'un moment à l'autre au Congrès, "l'éléphant blanc", une haute personnalité ("militaire, évidemment", avait nuancé l'un des assaillants) qui prendrait la charge du Gouvernement de la nation et qui dès lors marquerait les règles. Mais ils n'étaient pas les seuls dans leur aventure. Comme cela s'est vérifié plus tard, de Hauts Responsables du PSOE (Parti "Socialiste Ouvrier" Espagnol), parmi lesquels se trouvait Enrique MÚGICA HERZOG (4), ont maintenu des conversations au cours des mois immédiatement antérieurs au 23 F avec l'un de ses artifices, le Général ARMADA, un homme de confiance du roi dont tout indique qu'il était le dit "éléphant blanc" qui attendait dans les Cortes (5).

23 f-2En réalité, le Coup d'État a été une opération de l'État; le fait qu'il ait été fait de façon grossière, sans au moins une coordination entre leurs auteurs (on parle de l'existence d'au moins 3 Coups d'État parallèles qui se sont dissimulés entre eux), dénotait l'état de nervosité qui régnait dans les Hautes sphères de l'État face à la détérioration de la situation et leur peur que surgisse une situation Révolutionnaire, au travers de la connexion des Luttes des Masses et celle que pratiquaient les Organisations révolutionnaires. Si les espoirs relatifs à ce qui avait été présenté comme étant la "Transition" avaient disparu, si les Réformistes ne pouvaient contrôler les Masses populaires, si la Répression grandissait et que les conditions de vie des travailleur(euse)s empiraient constamment, ce n'était plus qu'une question de temps que cette connexion devienne réalité et c'était quelque chose que l'État monopoliste ne pouvait pas accepter.

mani-8Par conséquent, l'objectif était évident : durcir encore plus la Répression contre le Mouvement Ouvrier et Populaire car les Masses étaient en train de passer du "désenchantement", provoqué par le fait de vérifier dans la pratique la véritable portée du "changement" produit, à une prise de position plus active contre la nouvelle situation en même temps que les Organisations armées continuaient leur activité en s'affrontant au Terrorisme d'État et en mettant en danger la Gouvernance du pays. De fait, au moment de la prise du Congrès, les député(e)s étaient en train d'élire le nouveau Président qui devait se substituer à SUÁREZ (6) totalement déchu de tout prestige. Il n'avait pas réussi à en finir avec la Résistance des Masses ni avec les actions armées révolutionnaires et c'est pourquoi, les député(e)s se trouvaient face à l'opposition des militaires.

L'un des premiers mouvements de troupes en assaut s'est dirigé précisément contre les prisonnier(ère)s politiques, quelque chose qui n'a alors pas mérité l'attention des médias de désinformation mais qui s'est su immédiatement à la prison de Carabanchel. Une colonne de Guardia Civil s'est déplacée jusqu'à cette prison avec l'objectif «de prendre en charge» les nombreux(euses) prisonnier(ère)s politiques qui y étaient, quasiment tou(te)s en attente de Procès avec des militant(e)s fondamentalement d'ETA (Euskadi eta Askatasuna : Pays Basque et Liberté), du PCE(r) (Parti Communiste d'Espagne reconstitué le 8 Juin 1975) et des GRAPO (Groupes de Résistance Antifasciste Premier Octobre 1975). Il n'est pas difficile d'imaginer ce qui attendait ces compagne(non)s s'il(elle)s étaient tombé(e)s dans les mains des assaillants mais les doutes des Guardia Civil qui surveillaient la prison de Carabanchel sur les possibilités de triomphe du "tejerazo" (1) ont fait gagner du temps, juste le nécessaire pour vérifier que cette aventure se reconduirait par les Voies Officielles.

23 février 1981. Le Lieutenant-Colonel Antonio TEJERO lors du Coup d'État au Parlement.

23 F

La situation de désordre a peu duré. L'État-Major militaire et politique de l'État partageait pleinement les inquiétudes des auteurs du Coup d'État qu'il avait lui-même encouragé, dont il connaissait en détail chacun de leurs mouvements et qu'il avait utilisé pour en arriver à cette situation. Celui-ci leur a donné suffisamment de garanties relatif au fait que leurs objectifs seraient suivis par les mécanismes Constitutionnels : l'État-Major ne voulait pas que l'État espagnol devienne, une nouvelle fois, une exception en Europe, il ne voulait pas revenir aux temps de FRANCO.

Aus portes mêmes du Congrès, avec les caméras de télévision filmant l'acte «historique», le dit "Pacte du Capo" a été signé. En vertu de ce pacte, tout les Guardia Civil et autres militaires qui avaient participé à la farce sont restés en liberté, excepté les plus significatifs qui ont passé quelque temps retenus dans des prisons de luxe ou à leurs propres domiciles. Mais, surtout, ils leur firent une autre «concession» : l'État a adopté le Programme du Coup d'État, ce qui dans la pratique s'est concrétisé par un plus important développement et financement de la Guerre Sale et le durcissement des peines et des conditions de réclusion pour les militant(e)s révolutionnaires détenu(e)s. A partir d'octobre 1982, le Gouvernement du PSOE sera celui chargé de mettre ce Programme en pratique." (...)

NOTES.

(1) "Tejerazo" : surnom du Lieutenant-Colonel Antonio TEJERO

(2) Jaime MILANS DEL BOSCH, Lieutenant-Général

(3) Le roi bourbon Juan Carlos d'Espagne.

(4) Enrique MÚGICA HERZOG, Ministre de la Justice (1988-1991)

(5) Cortes : le Parlement dans l'État espagnol.

(6) Adolfo SUÁREZ, président du Gouvernement UCD de l'État espagnol (1976-1981)

 

(3. Prison de Puerto de Santa Maria)

«La Conquête de leurs objectifs :

tenter d'éliminer toute Résistance Ouvrière et Populaire»

 

23 février 1981. Le Général ARMADA lors du Coup d'État

au Parlement de l'État espagnol Monarco-Fasciste.

"Une opinion autorisée.

general-Armada-su-llegada-Congreso

Tout ce que j'ai dit sur les objectifs du 23 F et sur le degré de son accomplissement n'a évidemment rien à voir avec ce qu'on entend habituellement dans les médias de désinformation. Sur ce sujet, l'Histoire officielle va dans une autre direction. Ils présentent le fait comme une folie de quelques nostalgiques qui se seraient opposés à la «nouvelle situation démocratique» qui était en train de se consolider dans l'État espagnol. Les «héros» de cette histoire seraient le petit roi et les politiques «démocrates» qui se seraient vaillamment affrontés au Coup d'État et qui auraient réussi à l'écraser sans écoulement de sang.

1939. Prison de Puerto (Cadiz)

Centaines de prisonniers politiques républicains.

centenares de presos politicos republicanos sanmiguel2 o elIl n'en fut pas ainsi. Dès les premiers moments de cette mascarade manipulée du début à la fin par ceux qui ont été présentés comme des sauveurs, les commentaires et données qui apparaissent plus haut ont été rendus publics par notre Parti. Le développement postérieur des faits a confirmé nos premières impressions. Mais, malgré tout ce qui s'est passé depuis lors, au moins d'après ce que je sais, pas une seule fois -excepté la nôtre- tout cela n'est sorti dans l'arène pour offrir une vision différente de la version officielle jusqu'à il y a quelques mois quand le Général ARMADA -main droite de l'idiot ("le bobon") à cette période-là et l'une des têtes visibles du Coup d'État- a fait des déclarations face aux caméras de "Television Española". Ce fut le 20 février 2001, quelques jours avant le 20° anniversaire du Coup d'État, dans un programme spécial qui remémorait (et prétendait approfondir) ces faits, les acteurs et les conséquences.

Et bien, ce militaire dont il faut supposer qu'il soit parfaitement informé des objectifs du Coup d'État comme de ce qui se tramait durant ces jours-là et postérieurement, a dit une phrase pour l'Histoire, une phrase qui évidemment a été curieusement occultée par la suite malgré son importance. Il a dit quelque chose comme «Le Coup d'État a triomphé parce qu'il a servi à endurcir la généreuse Direction du pays». Il n'est pas difficile d'interpréter ce qu'entend un requin de l'envergure d'ARMADA quand il parle «d'endurcir la généreuse Direction». Enfin, on peut conclure que si le dictateur a tout laissé «ficelé et bien ficelé», par le Coup d'État du 23 F, ils ont voulu en plus tout laisser parfaitement «endurci» jusqu'à la Conquête de leurs objectifs : tenter d'éliminer toute Résistance Ouvrière et Populaire." (...)

 

(4. Prison de Soria)

«Les Fascistes connaissaient parfaitement

notre rôle dans la diffusion des idées communistes

et le caractère d'exemple pour de nombreux jeunes

de notre Activité et Résistance dans les prisons»

comunaParis

 

"La Commune (1) dans la ligne de mire de la Réaction européenne.

2011. Prison de Soria

carcel soria110 ans avaient passé depuis ma 1ère détention, 10 ans durant lesquels nous avions tissé de nombreuses et importantes expériences. Cela avait été un temps de Lutte constante pour imposer et défendre la Commune, pour maintenir le type de vie qu'en tant que militant(e)s nous voulions mener.

10 ans de travail infatigable, durant lesquels nous avions produit un nombre énorme d'écrits et de manuels qui avaient été amplement diffusés.                                                                                     

10 ans durant lesquels nous avions impulsé le Mouvement de Solidarité avec les prisonnier(ère)s politiques, contribué à étendre et à renforcer le Mouvement de Résistance Antifasciste et durant lesquels nos relations avec un grand nombre de collectifs et de personnes qui luttaient dans la rue s'étaient multipliées.

Nous avions aussi jetés à terre les Plans du Gouvernement pour nous éliminer en silence et nous avions détruit le symbole que représentait la prison d'Herrera de la Mancha.

Nous avions obtenu de nombreux succès, en transformant chaque prison par laquelle nous passions en un Front de Lutte contre le Capitalisme et le Fascisme, ce qui ne pouvait pas rester sans contrepartie.

Contre la Guerre Révolutionnaire

tarjeta134Nous étions très conscient(e)s du fait qu'à mesure du développement de notre intense travail politique, nous courrions le risque que le Gouvernement s'alerte et qu'il mette fin à cette situation : le sujet de la possible Dispersion était toujours présent parmi nous. Nous savions cela et nous l'acceptions car nous étions conscient(e)s précisément du fait que nous avions beaucoup lutté pour atteindre cette situation; mais nous n'avions pas combattu pour la "commodité" que représentait le fait d'atteindre nos revendications, nous n'avions pas lutté seulement pour en finir avec la Torture dont nous souffrions, pour en finir avec l'Isolement, sinon, fondamentalement pour pouvoir réaliser notre travail, pour continuer à combattre depuis la prison avec toutes nos forces.

C'est pourquoi, malgré la certitude que nous avions sur le fait que les conditions dans lesquelles nous vivions ne pouvaient pas continuer longtemps, nous nous sommes impliqué(e)s dans notre travail, nous avons déployé toute notre initiative, nous avons frappé l'ennemi de la m

eilleure façon dont nous le pouvions à ce moment-là : avec notre travail militant.

puno-6Au début de l'année 1987, nous avons eu un premier avertissement sur ce qui nous attendait. Comme nous l'avions imaginé, l'activité que nous mettions en oeuvre n'était pas passé inaperçue pour la Police politique espagnole ni pour le Ministère Public Allemand. Un jour, ils nous ont surpris par une déclaration de cet Organe de la Répression en Allemagne Fédérale qui disait que la Commune Karl MARX était «une organisation terroriste opérative qui agit depuis la prison de Soria». Tout comme aujourd'hui, la République Fédérale d'Allemagne s'employait alors à se constituer comme la force prédominante parmi les Puissances Impérialistes européennes et elle a fait pression sur le Gouvernement "socialiste" espagnol pour enrayer la situation et rompre notre Commune en éliminant l'exemple que nous donnions.

Dès que nous avons eu connaissance de ce fait, nous avons continué notre travail avec une attention encore plus grande mais en sachant déjà que les jours de la Commune dans la prison de Soria étaient comptés, au moins dans la forme par laquelle elle avait fonctionné jusque-là.

Beaucoup d'autres facteurs conduisaient à cette certitude. D'une part, au Gouvernement depuis 1982, le PSOE s'était lancé dans la Répression contre le Mouvement Révolutionnaire. Notre Parti était en train de se réorganiser grâce, entre autres, à la sortie de prison en 1984 du "Camarade Arenas" (Manuel Pérez Martínez) et il commençait à avoir de nouveau une forte influence dans d'amples secteurs ouvriers et populaires. Les Fascistes connaissaient parfaitement ces choses, de même que notre rôle dans la diffusion des idées communistes et le caractère d'exemple pour de nombreux jeunes de notre Activité et Résistance dans les prisons.

Dans ces conditions, penser qu'on nous permettrait de continuer le travail que nous continuions à développer dans la Commune était tout simplement une ingénuité. Le Gouvernement avait été remis au PSOE pour en finir avec toute Résistance et nous, en qualité d'otages aux mains de l'État, nous étions constamment dans leur ligne de mire, à la portée de toutes leurs vengeances." (...)

Notes. (1) Commune Karl MARX créée par le Collectif des prisonniers politiques du PCE(r) et des GRAPO.

 

 

Memoria Antifascista*(Présentation extraite du livre "Memoria Antifascista. Recuerdos en medio del camino", Mémoire Antifasciste. Souvenirs au milieu du chemin).

"Francisco BROTÓNS BENEYTO "Miguel" a abandonné le Centre Pénitentiaire de Sevilla II, le 26 août 2002, après 25 ans d'enfermement dans les prisons espagnoles. Sa 1ère déclaration publique face à la presse rassemblée à sa sortie a été celle-ci : «Je ne fais pas de déclarations aux médias fascistes». "Miguel" savait parfaitement de quoi il parlait car il est -parmi de nombreuses choses- le prisonnier politique antifasciste qui a souffert le plus longtemps des geôles de la Répression pénitentiaire (de même que Jaime SIMON QUINTELA "Moreno" des GRAPO détenu à ce jour depuis 25 ans). Il s'agit de 25 ans de Résistance intramuros qu'aucun livre ne peut contenir, c'est évident. Durant des années, on a parlé et publié de façon permanente sur les GRAPO et le PCE(r). Sur eux et surtout, contre eux. Mais peu de fois -pour ne pas dire jamais- nous avons eu la possibilité d'entendre de leurs propre voix, leurs propres opinions et expériences, leurs trajectoires militantes. Dans MÉMOIRE ANTIFASCISTE, de sa propre main, BROTÓNS parcourt sa militance dans l'autre Histoire : celle qui surgit d'en bas et qui ne compte pas avec l'Histoire Officielle écrite par les Vainqueur(e)s mais qui est remplie de Dignité et de Solidarité. Dignité et Solidarité que les Technocrates ne peuvent pas déchiffrer, que les Marchés ne peuvent pas acheter et les Casernes ne peuvent pas contrôler."


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DYNAMIQUE DE BAIONA

jpg-SR BAIONA-okPLUS D'INFOS (cliquer)

SOLIDARITÉ PCE(r), GRAPO ET SRI!

 AMNISTIE TOTALE !!!

SANS CONDITIONS !

AMNISTIA TOTALE

2013 : ADRESSES

COLLECTIF DES PRESXS DU PCE(r), GRAPO ET SRI

(2013) PRESXS-adresses

ENCORE 1 PROCÈS-FARCE !!!

PROCES FARCE 13.09.2012 (arenas)-azkPROCES FARCE 13.09.2012 (victoria)-azkMADRID, LE 13 SEPT 2012 :

PITOYABLE TRAGI-COMÉDIE !!!

Audios du dernier Procès-Farce contre "Arenas" et Victoria Gómez. Il n'y a rien de mieux pour rompre la Guerre Sale déployée contre le PCE(r) qui tente de le relier au faux amalgame criminalisateur : PCE(r)-GRAPO... que d'écouter leurs propre paroles. Quand "Arenas" parle sur la politique la Juge l'interrompt et l'expulse. L'avocat de la Défense rompt avec des données tranchantes et sans appel les inventions mises dans les Dossiers judiciaires pour impliquer "Arenas" dans les GRAPO.

  NI OUBLI, NI PARDON !

ABELARDOLIBERTÉ POUR LE COLLECTIF

DES PRESXS POLITIQUES

DU PCE(r), DES GRAPO ET DU SRI

DONT LE CAMARADE ARENAS!

camarade ARENAS

République Populaire

CAMPAGNE DE SOLIDARITÉ AVEC LES PRESXS MALADES

PRESXS MALADESPLUS D'INFOS (cliquer)

7 PRES@S DU COLLECTIF DES COMMUNISTES, ANTIFASCISTES ET SOLIDAIRES DU PCE(R), DES GRAPO ET DU SRI ONT DE GRAVES MALADIES INCURABLES ET ILS/ELLES SONT SÉQUESTRÉ/ES DE FACTO. NOUS EXIGEONS LEUR MISE EN LIBERTÉ IMMÉDIATE!

1-CARTE DIRECTEUR INSTITUTIONS PENITENTIAIRE-azk

MONTRE  TA SOLIDARITÉ !

IMPRIME LA CARTE ET ENVOIE-LA !

COPIE-LA ET FAIS-LA CIRCULER !

1bis-CARTE DIRECTEUR INSTITUTIONS PENITENTIAIRE

12-Enrike KUADRA ETXEANDIA-GRAPO

Enrique KUADRA ETXEANDIA, prisonnier politique des GRAPO. Né à Barakaldo (Bizkaia, Pays Basque) le 9 juin 1950. Militant des GRAPO et Historique militant du PCE(r), âgé de 62 ans. En prison 2 fois (22 ans au total). Sauvagement torturé. Mis une nouvelle fois en prison en 1995 : il est devenu gravement malade. Il se trouve actuellement dans la Prison de Daroca (Zaragoza). Opéré d'un cancer à la prostate. Prisión de Daroca Ctra. Nombrevilla 50360 Daroca (Zaragoza)

1-Manuel PEREZ MARTINEZ-PCE(r)-fr

Manuel PÉREZ MARTÍNEZ, prisonnier politique du PCE(r). Né à Melilla le 1er novembre 1944. Secrétaire Général du PCE(r), âgé de 68 ans. En prison 3 fois (19 ans au total). Toujours en situation d'Isolement extrême. Mis une nouvelle fois en prison 2000 : il est devenu un malade chronique. Actuellement, il se trouve dans la Prison de Castellón II. Il souffre de graves problèmes occulaires, de cataractes, migraine chronique, de rhumes continuels qui le maintiennent prostré, d'une hernie du hiatus et de plusieurs maux associés. Prisión de C.P. Castellón II 12140 Albocasser 

11-MARIA JOSE BAÑOS-GRAPO-fr

María José BAÑOS ANDUJAR, prisonnière politique des GRAPO. Née dans le Sud-Est de l'État français le 11 novembre 1964. Militante des GRAPO âgée de 48 ans. 18 ans en prison. Mise en prison en 2002 : elle est devenue encore plus gravement malade. Elle se trouve actuellement dans la Prison de Valencia II. Foie dans un très mauvais état. VIH. Elle a besoin d'une déviation coronaire. Fortement médicalisée. Prisión de Picassent-Valencia II - a.c. 1002, 46225 PICASSENT (Valencia).

28-Manuel R. ARANGO-PCE(r)

Manuel ARANGO RIEGO, prisonnier politique du PCE(r). Né à Villaseca de Laciana (León) le 12 décembre 1948. Historique militant du PCE(r), âgé de 64 ans. Il a été plus de 20 ans en clandestinité après avoir été détenu et incarcéré à de nombreuses occasions et blessé par les tirs de la Police lors de l'une d'entre elles. Mis en prison une nouvelle fois en 2007 : il est devenu gravement malade. Il est actuellement dans la Prison de Zuera (Zagazoza). Dans cette prison, il manque de physiothérapeute et de plusieurs médicaments dont il a besoin. Il a une sciatique chronique qui l'oblige à marcher en étant aidé; arthrose générale; hépatite chronique avec perte de masse hépatique. Ulcère duodénal chronique car il a été emputé de l'intestin grêle. Hypermédicalisé. Prisión de Zuera-Zaragoza - CN 338, km . 539, 50800 ZUERA (Zaragoza).

2-ISABEL APARICIO-PCE(r)-fr

Isabel APARICIO SÁNCHEZ, prisonnière politique du PCE(r). Née à Madrid le 2 février 1954. Militante du PCE(r), âgée de 58 ans. En prison 2 fois (9 ans au total). Incarcérée en 2007 : elle est devenue gravement malade. Elle se trouve actuellement dans la Prison de Zuera (Zaragoza). Arthrose générale, ostéoporose, hernies lombaires et discales, sinusite chronique, elle a besoin de plusieurs opérations. Récemment opérée de cataractes aux 2 yeux. Prisión de Zuera-Zaragoza - CN 338, km . 539, 50800 ZUERA (Zaragoza). 

21-Paco CELA SOANE-PCE(r)Paco CELA SEOANE, prisonnier politique du PCE(r). Né à Verin (Ourense) le 29 octobre 1958. Militant du PCE(r), âgée de 56 ans. En prison depuis 26 ans, en 3 fois. Incarcéré en 2007: il est gravement malade. Il se trouve actuellement dans la Prison de Picassent (Valencia). Diabète très problématique. Jusqu'en novembre 2010, il a eu besoin de 5 injections d'insuline par jour. Prisión de Picassent -Valencia II. ac 1002. 46225 PICASSENT (Valencia).

4-Résister c'est vaincre-fr3-adosB

HOMMAGES DÉC 2014

NI OUBLI,NI PARDON! 

xc-29 AOUT 2013 VIGO

BIOGRAPHIE (Lire) 

au-(05.12.1982)-JUAN MARTIN LUNA-PCE(r)NI OUBLI,NI PARDON!

ACTE DE SOLIDARITÉ

ÉLECTIONS BOURGEOISES :

BOYCOTT !!!

LA LUTTE EST DANS LA RUE PAS AU PARLEMENT-2

Lutte et organise-toi avec le SRI ! A l'école, université, usine, entreprise, quartier : partout tu peux Lutter pour abolir le Capitalisme et l'Exploitation de Classe en oeuvrant pour  LA RÉVOLUTION SOCIALISTE afin d'abolir définitivement toute Classe et Exploitation par LE COMMUNISME ! ET N'OUBLIE PAS LA SOLIDARITÉ AVEC LES ANTIFASCISTES ET COMMUNISTES EN PRISON : DEDANS ET DEHORS FACE A LA RÉPRESSION   !

  

  PREKARIOEN GAUA

CONTRE L'EXPLOITATION

Pour l'Unité des prolétaires

jpeg-xuria-KARTELA 08.12.2012-azk

  SAMEDI 8 DÉCEMBRE 2012

(à partir de 18h.  23bis Rue des Tonneliers. BAYONNE)

(plus d'infos) et Gadafiste Brothers

PHOTOS DE LA SOIRÉE

jpeg-IMP+WEB-rouge-AFFICHE NUIT DES PRECAIRES-BAIPRESOAK KALERA !

PRESOAK ETXERAT !

PRESOAK KALERA

SAMEDI 10 NOVEMBRE 2012 (BAIONA)

(15h30. Place des Basques)

Manifestation pour la liberté

des prisonnier-ère-s politiques basques

  Aux personnes qui ont Lutté

et qui Luttent contre le Fascisme...

LUCHA ANTIFA

VENDREDI 9 NOVEMBRE 2012

(18h30. Place Louis XIV. ST-JEAN-DE-LUZ)

JOURNÉE INTERNATIONALE : NUIT DE CRISTAL

Rassemblement contre le Fascisme : sexisme,

discriminations et racisme... (plus d'infos)

(9 NOV) KRISTALL NACHT 1938-2012-azk

  ZYED ET BOUNA

NI OUBLI, NI PARDON !

Zyed et BounaLUTTE CONTRE LE NON-LIEU ! (plus d'infos)

 

 

presosenferGrève de la Faim de Solidarité avec Iosu 

Dans les États français et espagnol : plus de 250 prisonnier(ère)s politiques sont en Lutte ouverte avec des Grèves de la Faim, refus des conditions de détention, protestations...

Le prisonnier politique des GRAPO : Enrike Kuadra Etxeandia s’est mis en Grève de la Faim illimitée en Solidarité avec la Grève de la Faim de Iosu Uribetxeberria Bolinaga, un prisonnier politique basque gravement malade en phase terminale dans la prison de Daroca à Zaragoza. Une Grève de la Faim de Solidarité a aussi été commencée par les militants des GRAPO : Nacho Varela Gómez (prison de Puerto I) et Marcos Martín Ponce (prison de Morón de la Frontera, Sevilla). Les autres prisonnier(êre)s du Collectif des prisonnier(ère)s poltiques du PCE(r), GRAPO et SRI informé(e)s rejoignent aussi cette Grève...

LIBERTÉ POUR LES PRISONNIER(ERE)S POLITIQUES !!!

Si l'Etat espagnol a concédé la "Liberté" conditionnelle à Iosu : celle-ci n'est toujours pas effective. En Italie et depuis le Secours Rouge International : des messages et des cartes de dénonciation de cette situation sont envoyées au Ministre de l'Intérieur  de l'État espagnol à Madrid.

Appel du Comité pour un SRI (Italie) : L'Etat espagnol laisse mourir en prison un prisonnier politique malade en phase terminale. Iosu Uribetxeberria Bolinaga est atteint d'un cancer maintenant en phase terminale. Selon les médecins de la prison elle-même, il ne dispose que d'une chance de 10% de vivre encore une autre année. Néanmoins, les "Autorités" refusent de lui concéder la Liberté et désormais 7 autres personnes de plus sont en prison car elles ont participé à une Marche de Solidarité pour Iosu lequel est incarcéré suite à l'accusation d'avoir tué un employé de la prison... Dans les Etats espagnols, français et turc : plus de 500 personnes sont en Grève de la Faim pour réclamer la liberté de ce prisonnier politique gravement malade. Le Collectif des prisonnier(ère)s politiques Antifascistes espagnol(e)s (1) souscrit à cette grève illimitée. Quiconque veut se solidariser avec Iosu peut envoyer une carte ou un télégramme au Ministre de l'Intérieur de l'État espagnol. Pour le texte il suffit de mettre : «NOUS EXIGEONS LA LIBERTÉ IMMÉDIATE DE Iosu Uribetxeberria Bolinaga» (N'oubliez de mettre la signature et le nom de l'expéditeur/trice !)" (1) PCE(r), GRAPO et SRI

IOSU ASKATULeçon de dessin. (Nizar Qabbani, poète syrien) Mon enfant pose en face de moi sa boîte de peintures et il me demande de lui dessiner un oiseau. Je trempe le pinceau dans la couleur grise et je dessine un carré avec des fermetures et des barreaux. Ses yeux se remplissent d’obscurité : “Mais... c’est une prison, papa ! Tu ne sais pas dessiner un oiseau ? Et je lui dis : “Mon enfant, pardonne-moi... J’ai oublié la forme des oiseaux.” Mon enfant pose alors en face de moi son carnet de dessin et il me demande de lui dessiner un épis de blé. Je prend la plume et je dessine une arme à feu. Mon enfant se moque de mon ignorance et il s’exclame : “Papa ! Tu ne connais pas la différence entre un épis de blé et une arme à feu ?“. Je lui dis : “Mon enfant, oui j’ai connu les formes des épis de blé, celle de la miche de pain, celle de la rose mais dans cette époque très dure que nous vivons actuellement les arbres de la forêt se sont unis à la Résistance pour Lutter.(…)”

Dessin d'AURORA(Juin 2012)(Juin 2012) Dessin d'Aurora Cayetano 

prisonnière politique du PCE(r) en Prison

  

  

(gorria)Résistance-1

(TOULOUSE) : PROCES-FARCE ! Face à la Répression de l'Etat français Solidarité avec le CREA (OKUPA) RÉSISTER C'EST VAINCRE ! (plus d'infos) SOLIDARITÉ !

21 JUIN 2012

JEUDI 21 JUIN 2012 (PARIS) (19H) RASSEMBLEMENT DEVANT LA PRISON DE LA SANTÉ Concert de dénonciation contre la Terreur d'État Plus d'infos (cliquer)

 

lamine-diengmanifestation-lamine-dieng-2011-avenue-gambettaNI OUBLI ! NI PARDON ! lamIne dieng, Un ouvrier assassinÉ par la Police de l'État français MARCHE COMMÉMORATIVE À PARIS (14h) Samedi 16 Juin 2012 (Plus d'infos)

vérité et justice pour ali ziri-2NI OUBLI ! NI PARDON ! ALI ZIRI, Un ouvrier assassinÉ le 9 Juin 2009 par la Police de l'État français Rassemblement À Argenteuil (14h30) Samedi 9 Juin 2012 (Plus d'infos)

LIBERTÉ POUR DENIZ

VENDREDI 25 MAI 2012 (NUREMBERG, ALLEMAGNE)15H RASSEMBLEMENT DE SOLIDARITÉ CONTRE LE PROCES-FARCE DE DENIZ : UN ANTIFASCISTE (plus d'infos)

 

jpeg-A3 AFFICHE 19-20 MAI 2012-azk

OU SONT-ILS ? OU SONT-ELLES ? CONTRE LA TERREUR D'ETAT SEMAINE CONTRE LES DISPARITIONS POLITIQUES (17-31 MAI 2012)  

Organisée par l'ICAD-Section française PLUS D'INFOS (cliquer)

euskal presoak euskal herriraJEUDI 31 MAI 2012 (devant la mairie de BAIONA) Jour du Procès en appel à Paris (19 H) RASSEMBLEMENT DE SOLIDARITÉ AVEC JON KEPA PAROT prisonnier politique basque d'ETA PRIS EN OTAGE PAR L'ÉTAT FRANCAIS DEPUIS 23 ANS

jpeg-(09.05.1976) ULRIKE MEINHOFazkPlus d'infos (en cours rédaction)

IBAI ASKTATU-1

IBAI ASKTATU-2 IBAI ASKATU ! GUK ZUREKIN ! LIBERTÉ POUR IBAI PEÑA BALANZATEGUI ! ON EST AVEC TOI ! EUROAGINDUEI EZ !  Plus d'infos  et Lutte Antifasciste  (Originaire de Gasteiz et réfugié politique à Baiona.Transféré en Juin 2012 de la prison de Seysses dans l'État français à celle de Soto del Real dans l'État espagnol) Pour lui écrire : IBAI PEÑA BALANZATEGUI - MADRID-V SOTO DEL REAL CENTRO PENITENCIARIO - CARRETERA COMARCAL 611 - 28.791 SOTO DEL REAL (MADRID) ESPAÑA.

 

 

 

HOMMAGE A LA CAMARADE YASEMIN DU MLKP

Yasemin Yoldas-3

La "Camarade Yasemin" du MLKP est morte le 9 février 2012

en luttant contre l'Etat turc fasciste

pour la révolution socialiste et le Communisme

en Turquie et au Kurdistan

PLUS D'INFOS (cliquer)

HOMMAGE, GRÈVE DE LA FAIM ET DÉTENTION

SOLIDARITÉ AVEC MANUEL ARANGO RIEGO

PRISONNIER POLITIQUE DU PCE(r)

LE 19 OCTOBRE 2011

FIN DE LA PROTESTATION AVEC

GRÈVE DE LA FAIM

DEPUIS LE 16 SEPTEMBRE 2011

CONTRE LE DÉNI DE LA CONDITION DE PRISONNIER/ÈRE POLITIQUE ET DE MILITANCE

MIS EN OEUVRE PAR L'ADMINISTRATION PÉNITENTIAIRE ET L'ÉTAT ESPAGNOL

28-Manuel R. ARANGO-PCE(r)-castLA SOLIDARITÉ DE CLASSE EST NOTRE ARME ! ÉCRIS-LUI !

Prision de C.P. Madrid VI - Aranjuez

C.P. Madrid VI 28300 Aranjuez (Madrid)

02.10.11-im1(lettre interceptée)

  11 OCTOBRE 2011 (BAIONA). DIFFUSION DE 300 TRACTS SRI* À DES PROLÉTAIRES DURANT UNE MANIFESTATION NATIONALE DANS L'ÉTAT FRANÇAIS CONTRE LA PRÉCARITÉ.

* En Solidarité avec la Grève de la Faim du Camarade Manuel Arango Riego, Prisonnier Politique du PCE(r) et pour rappeler l'existence de la Lutte dans les prisons du Collectif des presxs politiques du PCE(r), des GRAPO et du SRI.

BLOG(Manif 10oct2011)TRACT SRI-jpeg DÉTENTION ET MISE EN "LIBERTÉ" AVEC CHARGES

DE PABLO HASÉL, RAPPEUR DE 22 ANS 

LIBERTÉ POUR CE CAMARADE SOLIDAIRE ET COMBATIF!

pablo Liberté !LIBERTÉ IMMÉDIATE DE PABLO HASÉL !

Il est Communiste, les terroristes c'est vous.

SOLIDARITÉ AVEC PABLO HASÉL !

-COMMUNIQUÉ DE PABLO HASÉL

ET CAMPAGNE DE SOUTIEN

logo-radio-clash

RADIO CLASH DE LIMOGES

-Émission du 4 octobre 2011

-Émission du 11 octobre 2011

-Emission du 18 octobre 2011