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29 août 2011 1 29 /08 /août /2011 07:00

BIOGRAPHIE DE

Abelardo COLLAZO ARAUXO

Antifasciste des GRAPO

Rédigée par le PARTI COMMUNISTE D'ESPAGNE (RECONSTITUÉ)

 

- Voir HOMMAGE A ABELARDO COLAUZO ARAUXO (1/2)

- Voir HOMMAGE A ABELARDO COLAUZO ARAUXO (2/2)

 

aq-(29.08.1980)-ABELARDO COLLAZO-GRAPOAbelardo COLLAZO ARAUXO est né à Teis, un village proche de Vigo, en octobre 1946. Il était l'aîné de 3 frères. Depuis très jeune, il a connu les dures conditions de vie de ceux/celles qui ont comme unique patrimoine leur force de travail, en participant aux souffrances et aspirations des ouvrier(ère)s. Son père travaillait comme employé à SEIDA et sa mère lavait des maisons. Durant les premières années de sa vie, la famille a vécu dans un four abandonné, inondé quand il pleuvait, en déménageant plus tard dans une petite maison qui réunissait de meilleurs conditions.

À l'âge de 12 ans, il laisse les études pour travailler dans la construction. Les maigres salaires des parents suffisaient à peine pour maintenir la famille et le fils aîné a senti le devoir de contribuer avec son travail; il n'a pas pu se permettre le luxe d'étudier. Durant 2 ans, il a travaillé comme apprenti dans la construction, jusqu'à ce qu'à 14 ans son père lui trouve un travail à SEIDA, une entreprise spécialisée en nettoyage et réparation de voitures où il travaille.

Ses principaux traits de son caractère s'éveillent dès ce jeune âge : c'est un enfant sérieux avec une grande capacité de travail qui s'engage totalement dans tout ce qu'il crée. Bien que timide et réservé, bientôt il gagne la sympathie de ses compagne(on)s. L'un de ses plaisirs les plus enracinés était le sport. Il aimait courir, nager et surtout la pêche sous-marine. A n'importe quel moment libre, il en profitait pour plonger dans l'eau à la recherche d'une araignée de mer ou de moules.

 

Ouvriers du Métal. Vigo (Galice)

VIGO (metal)Il travaille 6 ans à SEIDA au côté de son père. Quand il n'a pas encore 17 ans, son père meurt. C'était beaucoup d'années de travail du lever au coucher du soleil avec la malnutrition. Il meurt de pur épuisement physique, sec comme une orange à laquelle on a ôté tout son jus.

Alors Abelardo reste en tant que chef de famille; il doit s'occuper non seulement de lui-même mais aussi de sa mère et de ses frères et il doit chercher dans l'immigration une possibilité de vie qui lui est refusée sur sa terre.

Années 60. Usines Citroën à Paris.

Usines Citroen

1968. Grève des ouvrier(ère)s de Citroën.

Grève des ouvrier(ère)s de Citroën.1968L'immigration en France lui ouvre un nouveau monde face à ses yeux. Âgé de moins de 20 ans, il se retrouve loin de sa terre, dans un pays étrange dont il ignore jusqu'à la langue. Il doit compter sur lui-même, faire lui seul face à la vie, sans connaître pratiquement personne. À Paris, il entre travailler dans la chaîne de montage de la multinationale CITROËN.

Il s'incorpore ainsi dans le secteur de l'avant-garde de la Classe ouvrière : le prolétariat ouvrier et il s'introduit pleinement dans le monde de la grande usine où il expérimente la solidarité des travailleur(euse)s et les grandes grèves. Il connaît et apprend à haïr les patron(ne)s, les vendu(e)s) et les mouchard(e)s; il découvre les tentatives de diviser les ouvrier(ère)s, la margination et la surexploitation des travailleur(euse)s de seconde classe, les nord-africain(e)s; il vit la discipline rigide de la grande entreprise, discipline qui sera l'une des vertus les plus remarquées tout au long de sa vie de combattant clandestin.

Années 60. Ouvriers Nord-Africains dans l'État français.

ouvriers africains-années60 en franceBien-sûr cette expérience est fondamentale pour Abelardo. Sa conscience de Classe déjà éveillée par les pénuries et le travail depuis l'enfance va mûrir. Les intuitions vont prendre corps, elles deviennent quelque chose de pensé : le/la patron(ne) c'est l'ennemi de Classe qu'il faut combattre avec l'unité des ouvrier(ère)s.

Il a l'occasion de parler avec les travailleur(euse)s bulgares et roumain(e)s qui lui font découvrir un autre monde, le changement radical qui est en train de se produire dans leur pays d'origine : le Socialisme. Il entend parler avec enthousiasme d'une société où l'exploitation et la misère ne sont pas la Loi mais où elles sont arrachées à la racine par le Pouvoir ouvrier et populaire.

 

1970. Ouvrier immigré arrivant pour travailler dans l'État français.

1970-ouvrier immigré en franceC'est le prolétariat lui-même qui est au Gouvernement et dans les Tribunaux, qui organise et dirige la production, les écoles et toute la vie sociale du pays. Abelardo veut en savoir toujours plus sur le système socialiste. Il demande, il discute, il se passionne. Ce qui a été possible dans ces pays peut aussi l'être dans sa terre. Il concilie son travail à CITROËN avec celui qu'il réalise dans une compagnie de nettoyage. Dans un endroit comme dans l'autre, il lie de nombreuses amitiés. Il est apprécié en tant que travailleur et responsable qui saute avec véhémence quand on tente de lui marcher dessus ou face à toute injustice contre les travailleur(euse)s. Durant son temps libre, il visite certaines familles tout comme les bals et les fêtes qui se donnent dans les cercles de l'immigration galicienne et espagnole.


Industrie navale à Vigo (Galice)

industria naval de vigoLa jeune militance politique.

 Après être resté 1 an en France, Abelardo revient en Galice, à Vigo. En peu de temps, il a profondément mûrit. Il n'est déjà plus l'adolescent qui est partit 2 ans auparavant. À peine revenu, il trouve un travail dans une entreprise de construction, la TERMAC laquelle participe dans l'une des phases du Polygone de Coia. Il entre comme pointeur et il travaille comme manœuvre dans la maçonnerie. Ses inquiétudes politiques, sa conscience de Classe le conduisent à chercher d'autres qui pensent comme lui, une Organisation qui lutte contre le Régime des exploiteur(trice)s et il prend contact avec les Jeunesses Communistes.

Il n'est pas besoin de convaincre Abelardo à s'intégrer : il sait très clairement qu'il doit contribuer à la Lutte politique. Pour lui, le concept communiste contient l'ensemble des qualités auxquelles il aspire. Les Communistes ce sont ceux/celles qui ont détruit le Capitalisme en Russie et dans d'autres pays, ceux/celles qui ont défendu de la façon la plus conséquente les intérêts des ouvrier(ère)s dans la République Espagnole, ceux/celles qui furent en première file dans la Guerre contre les Fascistes, ceux/celles qui ne sont pas rendu(e)s dans le combat avec la Guerrilla, etc.

<(2011) VIGO en Galice.>

VIGOnbLa 2ème décennie des années 60 sont des années d'intense travail politique pour Abelardo. Il se charge d'organiser les Xuventudes Comunistas (Jeunesses Communistes en Galice) dans la zone de Vigo.

Il commence à travailler parmi les ami(e)s du quartier pour ensuite étendre ce travail à toutes les grandes usines et les ateliers. Il organise, ça et là, des Cellules et des Comités de jeunes ouvrier(ère)s. Il déploie une activité continue de formation politique, d'organisation et d'agitation avec des tracts, des affiches et des manifestations. Il ne néglige pas non plus le travail d'agitation politique et syndicale parmi ses compagne(on)s de la Construction. Bientôt, il gagne la confiance et le respect des ouvrier(ère)s. À cette époque, les carrillistes (1) semaient des illusions réformistes, ils/elles appelaient à changer le syndicat vertical de l'intérieur, en prétendant pousser à voter aux élections pour ensuite aller à la tête du syndicat vertical. En 1968, Abelardo se présente aux élections syndicales et il est élu délégué d'entreprise pour les travailleur(euse)s de TERMAC en passant aussi à la représentation syndicale de la Construction à Vigo.

1972. Grève Générale à Vigo

1972-grève générale-VIGOCependant, ses intentions sont loin de tomber dans le piège de la Légalité et de la Servilité. Quelques mois après, il organise avec d'autres compagne(on)s une grève pour l'amélioration des salaires et d'autres revendications. Des assemblées ont lieu où les décisions sont adoptées; les grèves sont accompagnées d'actions de propagande et de protection avec des manifestations et des affrontements inévitables avec la police, des occupations de syndicats, etc.

Une méthode jusqu'alors pratiquement inconnue à Vigo apparaît au cours de cette Lutte : la formation de piquets pour donner leur dû aux “jaunes” -vendu(e)s- et aux mouchard(e)s. La grève de TERMAC a eu un grand impact dans toute la ville, spécialement par les méthodes de Lutte utilisées. Suite à celle-ci, les travailleur(euse)s qui ont été le plus remarqué(e)s sont licencié(e)s dont parmi eux les deux frères COLLAZO.

De nouveau, Abelardo doit trouver du travail et il le trouve avec certaines difficultés, comme manœuvre dans la maçonnerie dans d'autres entreprises. À cette époque, les premiers affrontements d'Abelardo avec la Direction carriliste se produisent sur les méthodes de Lutte qui sont employés. Il n'est pas d'accord non plus avec le libéralisme qui règne dans l'Organisation, le parrainage, la politique de comptoir. Pour lui, comme pour tout(e)s les autres militant(e)s, une Organisation de combat doit maintenir une discipline de fer en respectant les normes élémentaires de la conspiration pour faire face avec efficacité à la répression policière. Les critiques face à la Direction carrilliste se succèdent l'une après l'autre sans obtenir aucune réponse. En 1969, il va en France comme délégué des Xuventudes Comunistas (Jeunesses Communistes en Galice) pour assister aux assemblées préparatoires du Congrès des jeunesses carrillistes. Les principaux dirigeant(e)s du Parti révisionniste, dont parmi eux CARRILLO lui-même, assistent à ces assemblées. Là, COLLAZO expose ses critiques relatives à la Ligne organisative, au libéralisme avec lesquelles il soulève de fortes polémiques dans les réunions. Il ne reçoit aucune réponse satisfaisante à ses approches et il revient de France sans obtenir aucun résultat positif. Cependant, il continue à développer avec énergie son activité politique contre le Fascisme.

29 septembre 2010. Grève Générale à Vigo (Galice)

29S 2010-grève générale-VIGOEn 1970, le procès de Burgos contre les patriotes basques d'ETA a éveillé une vague d'indignation et de solidarité dans tout le pays. À Vigo, malgré le fait que Parti carrilliste ne se soit pas départi de sa position de témoin en argumentant qu'il n'y avait pas de conditions permettant aux gens de sortir dans la rue, des blocages, des manifestations et des avancées se produisent dans toutes les grandes usines tandis que les xuventudes ont déployé une activité inédite avec des tracts, des peintures, des affiches et la propagande orale  parmi les travailleur(euse)s. L'existence du malaise parmi les xuventudes contre la Direction a aussi lieu parallèlement dans le Parti carrilliste galicien. Un secteur de ce Parti dirigé par HIERRO CHOMON défend une Ligne réellement communiste et il aborde la nécessité d'utiliser la Lutte armée contre la Terreur officielle. Fernando HIERRO CHOMON est un ouvrier des ASTILLEROS BARRERAS (Chantier naval Barreras); il est le dirigeant ouvrier le plus populaire de Vigo et, à ce moment-là, il fait partie du Comité Central du Parti carriliste galicien. Les contradictions vont s'approfondir, aussi bien dans les xuventudes que dans le Parti carriliste. Les critiques des méthodes organisatives et de Lutte vont évoluer jusqu'à questionner la Ligne politique. Aussi bien les un(e)s que les autres ne sont pas d'accord avec le "Pacte pour la Liberté" lancé à cette époque avec tambours et trompettes par la Direction révisionniste. Pour COLLAZO et ses compagne(on)s, la conciliation est inconcevable avec les exploiteur(trice)s, avec toute la foule d'assassins et de falangistes. En 1970, Abelardo prend contact avec HIERRO et des réunions ont lieu entre les militant(e)s des xuventudes carrillistes et du Parti carrilliste galicien où tout ces problèmes sont discutés. Ils vont comprendre la nécessité de créer des groupes armés pour réaliser des représailles contre les patron(ne)s, les vendu(e)s, la Police, etc... et ils/elles décident de réunir des fonds pour cette fin.

 

2010-Ouvrier de chantier naval à Vigo (Galice)

ouvrier de chantier navail.vigoÀ cette époque, Abelardo reçoit les premiers matériaux de propagande de l'OMLE (Organisation de Marxistes Léninistes d'Espagne) avec les premiers livres et livrets communistes. La connaissance des oeuvres de LÉNINE, STALINE et Mao ZEDONG lui causent un grand impact. Les critiques du Libéralisme et des méthodes artisanales de travail, les solutions qui s'offrent sur le terrain de l'Organisation sont pour lui une découverte importante qui lui viennent comme un anneau au doigt pour les problèmes qui sont critiqués dans le Parti. Ses rencontres avec un dirigeant de l'OMLE qui voyage en Galice, Manuel PEREZ MARTINEZ, le "Camarade Arenas" ont aussi une importance clé. Ils parlent ensemble de la situation politique du pays, des problèmes organisatifs, du caractère de la Révolution en Espagne, des relations de la Lutte du peuple galicien avec celle du reste des peuples d'Espagne, etc.

En 1971, les tensions avec la Direction carrilliste culminent, à partir d'un appel à la Grève Générale. Abelardo est alors représentant des xuventudes au Comité Central du Parti carriliste, un représentant très incommode qu'ils tentent de mettre de côté. Une assemblée générale des Commissions Ouvrières (CCOO), des xuventudes et du Parti carrilliste de Galice est convoquée à Vigo pour préparer la Grève Générale. Au cours de celle-ci, un dur affrontement se produit entre la Ligne officielle et le groupe de HIERRO et COLLAZO. Ces derniers affirment qu'il est nécessaire d'organiser la Grève de façon effective avec des piquets et des groupes d'autodéfense car réaliser un appel en laissant les ouvrier(ère)s sans défense conduirait à la démoralisation et à la liquidation du Mouvement. Après une réunion orageuse, du fait qu'il soit impossible de réaliser une politique ouvrière au sein du Parti carrilliste, ils/elles décident de se séparer de lui et de former un nouveau groupe : l'Organización Obreira (Organisation Ouvrière). La quasi totalité des xuventudes et un important secteur du Parti carrilliste de Galice à Vigo abandonnent les révisionnistes en suivant Abelardo COLLAZO et Fernando HIERRO.

 

Les Luttes de Ferrol et Vigo.

2006. Secteur du Métal en Lutte à Vigo (Galice)

2006-secteur du métal en Lutte-VIGO

 L'Organisation Ouvrière naît en opposition à la dégénération sur laquelle débouchent les carrillistes et sans avoir d'approches politiques totalement élaborées. Au début, elle développe une activité de type syndicale et revendicative avec un caractère radical. Elle défend des méthodes de Lutte indépendante des syndicats fascistes et de la Légalité avec la réalisation d'assemblées, l'élection de délégué(e)s révocables à tout moment, la formation de piquets, etc. La nécessité de reconstruire l'authentique Parti Communiste est abordée bien qu'elle ne parvienne pas à élaborer une Ligne politique complète. Pendant ce temps, les relations avec l'OMLE se resserrent et s'améliorent bien que l'épreuve de la collaboration pratique sera nécessaire au travers des Grèves de Ferrol et de Vigo pour arriver aux accords de fusion tandis que l'OMLE s'est avancée dans la structuration de l'Organisation Ouvrière. L'organisme central de cette dernière c'est le Comité de Direction dont Abelardo fait partie. Il a un appareil de propagande et le dit Comité militaire fonctionne aussi en pouvant disposer de n'importe quel membre de l'Organisation pour ses tâches. Ses fonctions consistent dans l'approvisionnement d'explosifs et d'armes, la création d'un fonds économique pour toutes ces fins et l'exécution d'actions de sabotage et de châtiment. De nombreuses actions sont réalisées contre les Directeur(trice)s d'entreprises qui se font remarquer par leur caractère fasciste, des mouchard(e)s falangistes, des vendu(e)s : voitures en feu et volant en éclat avec de la dynamite, lancement de cocktails Molotovs contre des chalets (2), etc.

 

tarjeta186En 1971, l'assassinat de 2 ouvriers durant une manifestation à Ferrol a un ample écho dans toute la Galice et spécialement à Vigo. La nouvelle à peine recue, le même jour, les grandes usines se paralysent avec les chantiers navals ASTILLEROS BARRERAS à la tête et en peu de temps la grève se généralise. L'Organisation Ouvrière a contribué à tout cela de façon décisive en mobilisant ses membres pour le travail dans les usines et en inondant Vigo de tracts et de peintures.

Dans un rassemblement de travailleur(euse)s face au siège des syndicats, Abelardo, son frère Angel, HIERRO CHOMON et d'autres sont détenu(e)s. Ces jours-là, les détenu(e)s sont nombreux/euses mais seul Abelardo et ses compagne(ons) resteront plus d'un mois en prison en accomplissant une sanction gouvernementale. Les évènements de Ferrol serviront à accélérer l'ascension du Mouvement combatif des travailleur(euse)s de Vigo. Le malaise général s'accroît jusqu'au point  où la Grève Générale Révolutionnaire éclatera l'année suivante, en 1972. À ces dates-là, les Conventions des usines les plus importantes: CITROËN et BARRERAS ont lieu. Au cours de la Convention de cette dernière, la Grève  fait un bond et plusieurs ouvrie(ère)s sont licencié(e)s ce qui provoque la solidarité générale de la population de Vigo en donnant lieu, durant 2 semaines, à l'une des Luttes les plus importantes des dernières années du Franquisme.

tarjeta242La répression en Galice et dans tout le pays est très importante. Vigo est envahit par les corps répressifs venus de différentes parties. Les soldats sont consignés dans les casernes et les centres militaires de la zone. Le principal apport de la Grève Générale Révolutionnaire de 1972 au Mouvement Ouvrier a été l'application des méthodes de la guerrilla urbaine dans les Luttes populaires, pour la première fois dans notre pays. La ville de Vigo a été totalement paralysée. Les ouvrier(ère)s ont agit en groupes qui sautaient dans des points distincts de la ville en mettant en échec la Police d'un lieu à un autre. Des cocktails Molotov, des pierres et des batons ont répondu aux charges policières; y compris depuis les maisons des tessons de verre et d'autres objets ont été lancés. Des barricades se sont élevées ici et là et  ensuite incendiées, la circulation a été coupée avec des arbres, etc.

L'Organisation Ouvrière est celle qui a dirigé la Grève Générale de Vigo, comme la presse et le Parti carrilliste lui-même ont dû le reconnaître. Par conséquent, une féroce répression s'est déchaînée contre elle. Beaucoup de ses militant(e)s ont été détenu(e)s et frappé(e)s dont parmi eux/elle le cas très remarqué de Casimiro XIL ARAUXO chargé de l'Appareil de propagande. Il a été torturé avec sadisme : la moitié de sa dentition a été détruite, ses arcades sourcilières brisées, la colonne vertébrale atteinte avec son corps recouvert de blessures et d'hématomes. La Police le recherchant comme étant l'un des principaux dirigeants de la Grève Générale Révolutionnaire, Abelardo est obligé de passer à la clandestinité.


tarjeta018La Grève Générale a contribué de façon décisive au resserrement des liens entre l'Organisation Ouvrière et l'OMLE (Organisation des Marxistes Léninistes d'Espagne) ainsi qu'à faciliter la compréhension de la nécessité d'une organisation communiste centralisée, d'une Organisation de la Classe ouvrière de toutes les nationalités de l'État. L'OMLE déploie un ample travail dans tout le pays, dans la mesure de ses forces, en soutien aux Luttes de Vigo et elle imprime des tracts de l'Organisation Ouvrière lorsque son Appareil de propagande tombe. Peu de temps après, sur la base de l'Organisation Ouvrière naît l'OMLG (Organisation de Marxistes Léninistes de Galice), intégrée dans l'OMLE.

Abelardo a été le principal impulseur de la fusion, celui qui l'a défendue avec le plus de fermeté. Il passe au Comité de Direction de l'OMLE ce pourquoi il doit aller à Madrid où il vit dans la clandestinité pour éviter le harcèlement policier. Néanmoins, il fait de fréquents voyages en Galice en tant que Responsable de l'Organisation dans cette nationalité, en déployant une intense Lutte idéologique car certain(e)s militant(e) ne comprennent pas clairement la récente fusion et d'autres font la critique que l'OMLE aurait abandonné la Lutte armée. Le "Camarade Alfonso", nom sous lequel ses Camarades le connaissent défend le fait que les travailleur(euse)s de tout les Peuples d'Espagne luttent solidairement dirigé(e)s par le Parti de l'avant-garde contre l'ennemi commun : le Fascisme. Il explique aussi que la tâche principale c'est la reconstruction du Parti Communiste pour ensuite servir à impulser le travail des Masses et en particulier la Lutte de Guerrilla. Il voyage également dans différents points du pays pour réaliser des discours-débat à Cádiz, Madrid et d'autres villes en expliquant le développement du Mouvement ouvrier à Vigo, le travail de l'Organisation Ouvrière et les vicissitudes de la Grève Générale Révolutionnaire en transmettant les expériences du jeune prolétariat galicien et des travailleur(euse)s de tout le pays.


tarjeta050De la Ière Conférence de l'OMLE

au Congrès Reconstitutif du Parti

En juin 1973 a lieu la 1ère Conférence de l'OMLE (Organisation de Marxistes-Léninistes d'Espagne). Avec elle, culmine un travail de création de noyaux communistes dans les nationalités et localités principales ainsi que d'assise des bases politiques de l'Organisation. Des délégué(e)s de Galiza, Euskadi, Cataluña, Sevilla, Cádiz et Córdoba y assistent. Dans cette 1ère Conférence se retrouvent des femmes et des hommes communistes qui passeront plus tard dans les pages des périodiques en étant recherché(e)s comme de dangereux(euses) terroristes de par leur labeur de dénonciation politique du Fascisme.

Parmi eux/elles, est présent Manuel PEREZ MARTINEZ, le "Camarade Arenas," un plâtrier madrilène et le principal impulseur de l'OMLE. Depuis la France, arrive Francisco Javier MARTIN EIZAGUIRRE, le président de la Conférence, un vétéran de l'immigration, fondateur de l'Organisation en 1968 lequel sera plus tard assassiné par la Police espagnole à Paris. Depuis Cádiz (Andalousie) arrivent José María SANCHEZ CASAS, alors dirigeant d'un groupe de théâtre et Juan Carlos DELGADO DE CODES,  un étudiant en nautique, dirigeant du Parti qui sera assassiné d'un tir dans le dos en 1979 dans une embuscade tendue par la Police. De Córdoba est arrivé José BALMON CASTELL, un dirigeant ouvrier de l'usine SECEM. De Barcelona (Catalogne), Juan MARTIN LUNA, un maçon de Cádiz. De Madrid, Isabel LLAQUET BADELLOU, Enrique CERDAN CALIXTO... Pour la délégation galicienne était présent, parmi d'autres, Fernando HIERRO CHOMON. Dans la 1ère Conférence de l'OMLE le premier objectif de la reconstruction du Parti Communiste souligne clairement qu'il faut avancer dans la consolidation de la Ligne Politique et dans l'augmentation des bases organiques du Parti.


"Résister aujourd'hui c'est conquérir le demain"

tarjeta071La Conférence a aussi servi à délimiter les camps avec les révisionnistes et avec les opportunistes de Gauche. Il faut prendre en compte que l'OMLE est née en 1968 entre un marasme de groupes et de sigles de Gauche, tous prétendument communistes. Le développement de l'Organisation est lié à une Lutte idéologique constante qui démasque l'opportunisme aussi bien des Droites comme des Gauches. Après la Conférence, Abelardo est coopté par le Comité de Direction et il passe à la Section Technique de l'Organisation. Cette section est chargée de la réalisation des expropriations, de l'élaboration de cartes d'identités et de documents, de la récupération d'armement, etc.

1-GRAPOCe sont les premiers pas qui se donnent sur le terrain militaire, l'embryon d'un projet qui débouchera des années plus tard dans la naissance d'une Organisation indépendante : les GRAPO (Groupes de Résistance Antifasciste du Premier Octobre 1975). Durant cette période, COLLAZO et d'autres Camarades de la Section Technique réalisent de nombreuses expropriations de machines d'impression nécessaires pour l'édition de propagande antifasciste et communiste. Avec elle, ils/elles nourrissent l'Appareil central et celui des Organisations nationales, régionales et locales. Les expropriations bancaires sont aussi fréquentes pour faire face aux dépenses de l'Organisation. Cependant, la vie d'Abelardo et celle du reste des Camarades est dure, exempte de luxe, en ayant de nombreuses fois tout juste de l'argent pour manger eux/elles et leurs enfants. Tou(te)s travaillent pour se maintenir. Un(e) communiste doit s'auto-entretenir, manger avec le fruit de ses mains chaque fois que cela lui est possible. À cette époque-là, Abelardo travaille comme maçon dans plusieurs ravins du polygone industriel de Fuenlabrada (Madrid). Pour effectuer ces actions, les premières armes réussissent à être obtenues : plusieurs armes à feu, déjà anciennes et quelques carabines doivent suppléer avec audace à la maigreur d'armement.


2-GRAPOCes années sont celles de l'apprentissage, de connaissance du plus élémentaire dans quasiment tout les domaines depuis l'expropriation d'une voiture jusqu'à la falsification de la première carte d'identité. Peu à peu, des pas se réalisent et on gagne en expérience. Un commissariat est pris d'assaut en réussissant à prendre plusieurs milliers de cartes d'identité non remplies. Des investigations sont réalisées et les passages de frontière sont établis pour contacter l'extérieur. L'action contre un mouchard qui tente de s'infiltrer et qui est resté gravement blessé est aussi l'oeuvre de la Section Technique.

Parallèlement à son activité dans la Section Technique, Abelardo effectue de temps en temps des voyages dans différentes localités. Là, il y donne des discours, il se réunit avec des militant(e)s et des ouvrier(ère)s récemment contacté(e)s dans des usines, avec des sympatisant(e)s... Il sait aller au fond des questions et en tant qu'ouvrier qu'il est, il connaît la mentalité, les doutes et les problèmes des travailleur(euse)s et il réussit à capter tout de suite l'attention et le respect de son auditoire. Il n'est pas un orateur brillant mais il est un Camarade aux idées claires, avec une foi et une énergie inébranlables. L'OMLE a réalisé les pas indispensables pour la reconstruction du Parti. Les approches politiques de l'Organisation vont s'enrichir et être corroborés dans la pratique. Les noyaux se sont étendus, des groupes communistes ont été créés dans toutes les nationalités et les principales zones du pays et mis en place de façon minimale. Le Congrès Reconstitutif est convoqué en 1975 et il se célèbre en juin de cette année-là à Santander.


PCE(r)Du Congrès naît le Parti Communiste d'Espagne (reconstitué)

En tant que membre du Comité de Direction sortant, Abelardo rend des comptes sur son travail face au Congrès. Dans celui-ci, il y a des délégations de Catalogne, Madrid, Euskal Herria, Galiza, Asturias, Andalucía, Valencia, des Organismes centraux et de l'extérieur. Les principaux dirigeant(e)s sont présent(e)s; plus tard la répression s'engraissera sur eux/elles en mettant des milliers de policier(ère)s à leur recherche. Certain(e)s seront assassiné(e)s et condamné(e)s à des siècles de prison, d'autres continueront la Lutte clandestinement contre le Régime. La naissance du PCE(r) est l'un des événements politiques les plus remarquables des derniers mois de l'époque de FRANCO. Sous le suarisme (3), le PCE(r) a été l'un des protagonistes de la Lutte sociale et politique. La presse officielle se met en quatre contre lui avec des Campagnes de diffamation et de désinformation. Au Congrès, il a été signalé que la tarjeta082Reconstruction du Parti est le fruit de nombreuses années de travail et d'effort, il est le premier pas dans l'organisation du prolétariat et du peuple contre le Fascisme et pour le Socialisme. Dans le Rapport Politique présenté par le Camarade Arenas la situation nationale tout comme la situation internationale sont abordées. La crise générale du Capitalisme et le naufrage du Système impérialiste sont exposés. Sur notre pays, la crise du Fascisme et des illusions réformistes sont signalées en lançant la consigne de Résistance active au Fascisme et de se préparer à la répression et à la terreur. Au Congrès, Abelardo a été élu par les délégué(e)s comme membre du Comité Central du Parti. Par cela, son courage et sa fermeté comme ouvrier Communiste avec son important rôle dans la tâche de la Reconstruction du Parti sont reconnus.


tarjeta056Création des GRAPO (Groupes de Résistance Antifasciste du Premier Octobre 1975)

Une fois le Congrès achevé, Abelardo continue son activité dans la Section Technique. Il est conscient que la Lutte armée est indispensable dans les conditions dans lesquelles se développe la Lutte de Classes dans notre pays. Un groupe de Communistes, dont plus spécialement CERDAN CALIXTO, HIERRO CHOMON et Abelardo travailleront sur le terrain militaire, en vue de poser les bases d'une Organisation guerrillera antifasciste. La vague répressive déchaînée durant l'été 1975 corrobore cette nécessité du Mouvement Antifasciste.

En semant la Terreur, le Régime prétend démontrer que son Pouvoir est invulnérable et que n'importe quel type de Résistance est impuissante dans le but de décourager le Mouvement Populaire et de faire taire la Résistance chaque fois plus importante. À ce moment-là, les plans de création d'une Organisation militaire sont immatures mais il est nécessaire de donner une réponse immédiate.

En Août 1975, Abelardo avec d'autres guerrillero(a)s font justice à un Guardia Civil et ils/elles en blessent gravement un autre dont ils/elles récupèrent son armement. Mais la répression continue d'augmenter en culminant avec l'exécution de 5 Antifascistes, le 27 septembre 1975 (4). Trois jours plus tard, le 1er octobre, le bourreau FRANCO prépare une autre de ses bouffonneries sur la Plaza de Oriente (Place d'Orient) pour soutenir ses derniers crimes. Ce même jour, tandis que la farce se célèbre, la réponse adéquate lui est donnée : 4 policiers sont exécutés dans différents points de Madrid. Abelardo est au Front de l'un des Commandos et il a participé activement à la préparation de l'ensemble du plan.

 

tarjeta034L'action du 1er octobre 1975, de laquelle les GRAPO  prendront leur nom, correspond à une pressante nécessité de réponse face à la situation politique du moment et non au fait que toutes les étapes dans la consolidation de l'Organisation seraient couvertes. Il devra encore passer du temps pour compléter son infrastructure, recueillir l'information, éprouver de nouveaux militant(e)s et acquérir de l'expérience avant de sortir à la lumière publique.

Il est certain que cette action a eu une importance décisive dans le recul que le Régime a dû réaliser peu de temps après. Aussi bien à l'intérieur du pays qu'à l'extérieur, les Mobilisations populaires contre les assassinats du 27 septembre 1975 ont placé le Régime au pilori. Les opérations du 1er octobre en ont été le coup de grâce : elles ont démontré que loin d'en finir avec la Résistance et la Lutte armée populaire, la Répression les intensifie.

À partir de cette date, toute la presse et les autres porte-parole du Régime commencent à parler de "Démocratie à l'espagnole", de "la nécessité du changement politique"... Peu de temps après ces évènements, au Plénum du Comité, la situation face au recul du Régime et à la mort de FRANCO est abordée. On voit la possibilité d'augmenter la Lutte de Masse ce pour quoi on décide d'envoyer 4 cadres expérimenté(e)s dans leur lieu d'origine pour qu'ils/elles impulsent le Mouvement. Abelardo et Fernando HIERRO se transfèrent en Galice. Là, Abelardo cherche du travail dans la Construction pour se maintenir et, en même temps, il développe l'activité politique à El Ferrol, Puentes, Coruña, etc., en réalisant des réunions et en mettant en place des noyaux ouvriers.


Abelardo Collazo et Enrique Cerdan, fondateurs des GRAPO

abelardo et enriqueCependant, il ne laisse pas de côté le travail militaire. HIERRO et lui ont étudié la possibilité de récupérer une importante quantité de dynamite dans une poudrière de Pontevedra. La détention de HIERRO n'a pas suspendu les plans et Abelardo prépare l'action, il met au point les moyens et il fait recours à plusieurs compagne(non)s pour l'Opération.

En Mai 1976, CERDAN CALIXTO, Abelardo et d'autres récupèrent près d'1 tonne de gomme-2, des mèches et détonateurs de la poudrière de la Reigosa, en plus de quelque armement. Le Fascisme aura bientôt la preuve de l'emploi de la dynamite. À partir de cette Opération, il se dédie pleinement et exclusivement au travail militaire.

Au fil du temps, les avancées sont substantielles. Des actions de récupération d'armement se sont réalisées : l'assaut à la caserne de l'Armée de Terre dans la "calle Princesa de Madrid" (Rue Princesse de Madrid) auquel participe Abelardo; l'expropriation de grenades dans une autre caserne de Madrid ainsi que des mitraillettes et des armes à feu dans l'une des casernes de Santiago. L'infrastructure est mise au point, le travail d'information s'amplifie de jour en jour. Il se forme un groupe chargé de l'investigation et de la fabrication d'appareils nécessaires à la guerrilla au sein duquel différentes armes sont fabriquées et où des documents et des cartes d'identités de toute sorte se falsifient avec une grande perfection.


<Résistance, Unité. En avant le Mouvement Populaire de Résistance Antifasciste !>

tarjeta015Des commandos fonctionnent également en Euskal Herria, Barcelona, Madrid, Sevilla et Galiza. Et au Front de l'Organisation, il y a une Direction à laquelle COLLAZO fait partie. Avec ces prémices, les Groupes de Résistance Antifasciste Premier Octobre (GRAPO) surgissent publiquement avec la pose simultanée de plus de 30 explosifs : le 18 Juillet 1976, contre des monuments, des locaux et des installations du Régime dans tout le pays. Quelques jours plus tard, le 31 Juillet, une nouvelle Campagne de pose d'explosifs se réalise en réponse au montage intoxicateur ourdi par la presse bourgeoise. En tant que membre du Commando Militaire Central des GRAPO, Abelardo participe à la planification et à l'exécution de l'Opération dans laquelle il dirige en particulier les différentes actions réalisées à Barcelona (Catalogne). Peu de temps après, en Août, 1976 il soutient un échange de tirs avec la Police à Jerez de la Frontera (Andalousie) au côté d'un autre militant des GRAPO alors qu'ils étaient en train d'effectuer une action de propagande pour la mort des Camarades Fausto PENA et José LOPEZ RAGEL en plaçant un explosif à Sevilla. L'échange de tir ayant eu lieu à peu de mètres et le corps  à découvert face aux Policiers, une fois la munition épuisée il cherche un refuge dans une boutique. Là, il explique sa militance aux travailleur(euse)s et il leur demande de l'aide pour échapper à la poursuite dont il fait l'objet. Ceux/celles-ci lui donnent un bleu de travail avec lequel il réussit à sortir sans être reconnu et à s'échapper de l'encerclement policier.


<SUAREZ et le "Roi" Juan CARLOS: deux fascistes de l'État espagnol Monarco-Fasciste>

rey Juan Carlos Adolfo Suarez[1]De l'Opération "Papel" (Opération Papier) à l'Opération "Cromo" (Opération Chrome)

En novembre 1976, une réunion au rôle crucial pour le Mouvement de Résistance a lieu : le IIIème Plenum Comité Central du PCE(r) auquel Abelardo assiste. Son importance réside dans le fait qu'en son sein sont posées les bases pour le fondement théorique et politique du rôle de la Lutte armée dans notre pays. Le document politique issu de la réunion aborde la situation des pays capitalistes avancées, le processus de fascisation dans ces pays avec l'augmentation de l'Appareil répressif, de l'État policier et de l'importance de la guerrilla comme fer de lance du Mouvement Populaire. Les relations mutuelles entre le Mouvement politique de Résistance et la Lutte armée sont soulignées.

On aborde comment l'accumulation pacifique et progressive de forces n'est déjà plus possible pour arriver à l'Insurrection, sinon qu'un processus insurrectionnel ascendant se présente comme plus le probable. Enfin, plusieurs textes des classiques du Marxisme-Léninisme sont ajoutés lesquels avalisent les thèses exposées. À la fin de cette année 1976, le Gouvernement suariste  (3) monte le référendum sur la réforme politique dans une tentative de légitimer le Franquisme sans FRANCO, le vieux Régime avec une nouvelle façade. La télévision, la radio et la presse livrent une Campagne "coup de poing" d'intoxication de l'opinion publique en chantant les excellences du suarisme. Les GRAPO décident de démasquer cette farce et, pour cela, ils réalisent plusieurs actions contre les médias officiels : l'Opération Papier. Sept répétiteurs, des stations de télévision, comme celle de la bola del mundo à Navacerrada (Province de Madrid et Segovia), Paseo de la Habana à Madrid, Valencia, Valdileche à Cuenca... volent simultanément en éclat avec de la gomme-2. Au Front d'un commando, Abelardo réalise plusieurs de ces opérations.

<Années 70. Armée de l'État espagnol Monarco-Fasciste>

23 février 1981-coup dLa farce de la Réforme continue avec tambours et trompettes et en pleine apogée de cette Campagne, les GRAPO réalisent "l'Opération Cromo". Celle-ci est l'une des actions de plus grande envergure réalisée par la guerrilla en Espagne. Abelardo discute et planifie l'Opération au sein du Commando Militaire Central et il participe tout autant dans la capture d'ORIOL comme dans celle postérieure de VILLAESCUSA. L'objectif de "l'Opération Cromo" est double : d'une part, de dénoncer le Régime qui n'est que la continuité déguisée du Régime antérieur au moyen de la farce du Référendum et d'autre part, d'obtenir la liberté de quelques-un(e)s des nombreux(euses) prisonnier(ère)s politiques incarcéré(e)s ce qui ouvrira les portes à une Amnistie générale.

L'Opération commence avec la capture d'ORIOL et dans le cas où ils ne céderaient pas, des otages continuerait d'être pris(e)s jusqu'à atteindre l'objectif. ORIOL est le Président du Conseil d'État, la troisième personnalité de l'Appareil politique Fasciste et l'un des plus importants et influents oligarques du pays. Le 11 décembre 1976, un commando de 16 membres réalise l'action. Tandis que 3 d'entre eux neutralisent et surveillent le personnel de l'entrée, le reste monte dans les bureaux. CERDAN, HIERRO et Abelardo entrent dans le bureau d'ORIOL qu'ils neutralisent avec facilité. Une fois de plus, COLLAZO démontre ses qualités en tant que guerrillero : décision, énergie et trempe. D'un cri, il immobilise les employé(e)s qui tentent de s'échapper. Peu de temps après, une partie du commando sort avec le Président du Conseil d'État en son pouvoir, tandis qu'Abelardo reste durant 20 minutes sur les lieux pour donner du temps à la retraite de ses compagne(on)s.

 

<SUAREZ et son Gouvernement de "Transition" : l'inauguration d'une "Démocratie" de façade pour un Régime Fasciste. "Tout reste ficelé et bien ficelé" (FRANCO)>

suarezL'impact est énorme. Le lendemain, les conditions pour l'échange d'ORIOL sont rendues publiques : la liberté de 15 prisonnier(ère)s politiques, des militant(e)s de différentes Organisations antifascistes et patriotiques. Quelques jours après, la Police sort les photographies d'Abelardo et d'autres guerrillero(a)s et elle demande la collaboration citoyenne pour obtenir leur détention. Évidemment, personne ne collabore, personne qui aurait pu les avoir reconnu n'appelle la Police... tandis qu'Abelardo continue à développer son travail : il faut préparer la Campagne de propagande accompagnant l'Opération Cromo par des affiches et des tracts qui inondent plusieurs villes.

Dans tout le pays, spécialement en Euskal Herria (Pays Basque), la Campagne pro-Amnistie empire. La capture d'ORIOL sert d'éperon à cette Lutte. Pour donner une nouvelle impulsion, le PCE(r), les GRAPO et d'autres organisations populaires appellent à la Grève Générale pour le 10 janvier 1977 en vue de la Libération des prisonnier(ère)s politiques. L'Organisation armée déploie un intense travail d'agitation. Le jour de l'appel à la Grève Générale, un commando des GRAPO se rend à l'usine CASA Madrid où la réalisation d'un meeting est planifié en coordination avec des groupes d'ouvrier(ère)s de l'usine. Abelardo est le responsable du commando.


<VILLAESCUSA : Président Du Conseil Suprême de "Justice Militaire">

villaescusaAprès avoir réalisé le meeting dans l'un des navires de l'usine, un groupe de gardiens assermentés armés de carabines tente d'intercepter et de détenir le commando. Abelardo sort sa mitraillette et il tire plusieurs rafales contre les gardiens en blessant plusieurs d'entre eux dans les jambes. Un échange de tir s'établit et le commando réussit à s'échapper. Les balles et les matraques répondent aux manifestations de masse Pro-Amnistie. À Madrid, la Police assassine 2 manifestants. En réponse et pour donner plus de force aux exigences, le commando décide de capturer le Lieutenant-Général VILLAESCUSA, Président du Conseil Suprême de Justice Militaire, une institution directement responsable des exécutions par fusillade des 5 Antifascistes (4).

Le 24 janvier 1977, un commando dont Abelardo fait partie aborde la voiture de VILLAESCUSA. Il neutralise le chauffeur et ce dernier est emmené dans le logement où ils le garderont retenu. Ce nouveau coup de la guerrilla met en évidence une fois de plus la vulnérabilité du Régime. La réaction des Monopolistes est hystérique; ils montent le massacre d'Atocha où 5 avocat(e)s du travail sont assassiné(e)s dans une tentative d'effrayer le peuple (5). La réponse populaire ne se fait pas attendre en sortant massivement dans la rue pour manifester sa haine des assassins fascistes. La réponse des GRAPO au massacre d'Atocha arrive aussi quelques jours après : 2 commandos abattent à Madrid 2 Policiers et 1 Guardia Civil tout en blessant gravement 3 autres d'entre eux.


<Abelardo COLLAZO, ouvrier galicien communiste et antifasciste des GRAPO>

abelardoAbelardo a dirigé l'une de ces actions de châtiment; il s'agit d'une Opération spécialement accidentée et qui a servit à démontrer la trempe des guerrillero(a)s. Après avoir décrit l'action contre les policiers, le récit officiel des GRAPO raconte ainsi l'Opération à laquelle Abelardo a participé : «L'action contre la Guardia Civil n'a pas permis d'obtenir la surprise car en ayant eu lieu beaucoup de temps après, celle-ci était déjà alertée. Quand nos soldat(e)s sont entré(e)s dans la "Caja Postal de Ahorros" (Caisse Postal d'Épargne), un gardien a immédiatement commencé à tirer des rafales sur l'un des nôtres lequel a pu s'étendre sur le sol. Cependant, sa compagne et le gardien qui tiraient tout les deux ont été rapidement abattus l'un et l'autre dans un intense échange de tirs à courte distance. Quand nos combattant(e)s se sont dirigé(e)s vers le véhicule qui les attendait, une automobile de la Guardia Civil est arrivée avec -il semblerait- 2 occupants... À cet instant, l'arme de l'un des nôtres est tombée de ses mains, chose qui a été observée depuis le véhicule policier duquel un sergent est immédiatement sorti. Mais notre combattant a pu s'avancer en lui donnant un coup de crosse dans la tempe et revenir rapidement sur ses pas, moment durant lequel l'un des nôtres a lancé sur le véhicule de la Guardia Civil une bombe manuelle qui a finit par en neutraliser ses occupants. Entre-temps, le cercle policier autour du commando Siège de Correo à Madrids'est intensifié. Des milliers de policiers et de mouchard(e)s parcourent la ville à la recherche d'une quelconque piste. Des contrôles  ont lieu à de nombreux points de la ville, des battues dans les quartiers, etc. Cependant, ce sera la découverte par la Police de la méthode utilisée par les GRAPO pour obtenir les voitures qui facilitera de façon décisive la localisation et la libération des otages. Localisé au moyen du véhicule, l'un des intégrants du commando est détenu. Alors qu'Abelardo se dirige à l'appartement du compagnon capturé, il a un intense échange de tirs avec la Police en réussissant à s'échapper. Par mesure de sécurité, les otages sont changés d'appartement. COLLAZO passe à la garde de VILLAESCUSA dans un appartement de Alcorcón. Mais CERDÁN CALIXTO, le responsable de l'Opération est localisé et détenu de la même façon que le premier. La responsabilité des clés de l'appartement dans lequel se trouve VILLAESCUSA lui revient avec une inscription du lieu urbain dans laquelle il se situe.

Le 11 février 1977, des policiers en civil entourent l'édifice. Avec la clé trouvée, la Police ouvre la porte. Abelardo qui se trouve à l'intérieur, avec la mitraillette sur son flanc, croit qu'il s'agit de son compagnon. Quand il veut réagir, un important groupe de policiers l'encerclent, le tirent sur le sol en rendant inutile la réaction défensive d'Abelardo.»


<23 février 1981. Coup d'État au Parlement réalisé par les Généraux de l'Armée

de l'État espagnol Monarco-Fasciste>

23F1981-Coup d'État dans le Parlement de l'État espagnolMalgré la détention du Commando et la libération des otages, "l'Opération Cromo" a une grande importance et les objectifs ont été atteints dans une grande mesure. «Il ne s'agit pas d'une défaite» expliqueront les GRAPO après le dénouement. Durant les 2 mois qu'ont duré les séquestrations, le Régime a été dénoncé : c'était une preuve palpable de sa faiblesse, qu'il était possible de s'y affronter avec succès. Selon ce qu'ont expliqué les GRAPO, si les otages ne furent pas exécutés en peu de temps c'est parce qu'en les maintenant prisonniers indéfiniment cela plaçait l'oligarchie dans une situation très difficile : c'était un cancer qui l'empêchait de gouverner et qui minait son prestige. D'autre part, "l'Opération Cromo" a contribué de façon décisive à la Libération de la majorité des prisonnier(ère)s politiques, en 1977. Quelques temps avant l'Opération, le Gouvernement a fait des déclarations relatives au fait qu'il n'y aura pas d'Amnistie mais peu de temps après que la capture ce soit produite, MARTÍN VILLA (Ministre de l'Intérieur) se hâtait de dire que le Gouvernement était en train d'étudier de nouvelles mesures de Grâce. Cependant, cette Amnistie n'a pas touché les membres du Co

mmando qui ont réalisé l'Opération lesquel(le)s ont tellement contribué à obtenir cette Amnistie.

 

<Maintenant c'est Constitutionnel (LA TORTURE)" Dessin de SANCHEZ CASAS du PCE(r)>

tarjeta169Tortures à la DGS (Direction Générale de la Sécurité). La Lutte continue dans la prison

Abelardo reste 23 jours, 4 longues semaines dans les geoles de la DGS, soumis à tout type de tortures et d'humilliations. Il le racontera lui-même dans un écrit recueilli dans le Dossier Officiel des GRAPO sur "l'Opération Cromo" : «Ils m'ont détenu le 11 février quand j'étais en train de garder VILLAESCUSA. Quand ils sont entrés, ils m'ont rompus les pantalons, ils m'ont attaché les mains et les pieds avec des courroies, des câbles et du sparadrap et ils m'ont emmené de force à la DGS en me frappant et me donnant des coups de pieds sur tout le corps, spécialement dans l'estomac, le foie et la côte droite. Après cela, ils m'ont pendu à une barre de fer en la plaçant au niveau des poignets et dans les menottes, tandis qu'ils me frappaient avec la matraque sur les pieds en se relayant quand ils se fatiguaient. L'un m'a frappé sur la côte droite et un autre va aller jusqu'à tordre par les coups la barre à laquelle je suis pendu. Le cadre était semblable à celui des bourreaux du Moyen-Âge, ils ressemblaient à des sauvages ou à des fous. Ils m'ont détenu ainsi un certain temps. Ils m'ont provoqués des écoulements de sang aux pieds, tout mon corps était noir des genoux jusqu'au pieds. Je ne pouvais pas marcher quand j'allais au toilette. Les premiers jours, j'ai dû y aller à quatre pattes. J'avais la côte droite à la hauteur du foie aussi noire que les jambes. Aujourd'hui, après quasiment 2 mois, j'ai toujours les chevilles enflées et je ne sens rien dans une partie de la main droite, à cause des menottes.».


<(Fin 70-Années 80) Mutineries de prisonnier(ère)s sociaux/ales de la COPEL.>

COPELAprès ces 23 horribles jours, il est transféré à la prison de Carabanchel. La prison est faite pour détruire la personne, la soumettre et l'humilier. C'est pourquoi il est fondamental dans la prison de conserver la dignité, de continuer à lutter contre les humiliations. Abelardo le savait très clairement et il a toujours été un exemple pour ses compagne(on)s. Sa joie et ses blagues, son sérieux dans le travail et sa vitalité, sa confiance infinie dans la Cause entreprise et dans les Camarades ne pourront être oubliés par ceux/celles qui l'ont connu.

tarjeta008 La prison n'a pas pu, non plus, faire plier un homme habitué à lever la tête haute avec la vérité dans la bouche, certain de la justesse de sa Lutte et avec de solides principes communistes. Son comportement et sa façon d'aborder les choses a été et continue d'être un exemple pour tout(e)s les compagne(on)s et tout ceux/celles qui l'ont connu. Il a profité du temps passé en prison pour acquérir des connaissances qui lui ont été refusées au cours des premières années de sa vie, il a étudié et appris tout ce qui était utile pour la Cause du Peuple.

À l'époque durant laquelle Abelardo et ses compagne(on)s entrent en prison, un Mouvement se développe parmi les prisonnier(ère)s sociaux/ales contre les conditions inhumaines d'incarcération et pour obtenir des améliorations. Les mutineries s'étendent à toutes les prisons. Abelardo contacte les principaux dirigeant(e)s de la COPEL (Coordination des Prisonnier(ère)s En Lutte) et il maintient de bonnes relations avec les prisonnier(ère)s les plus conscient(e)s du Mouvement, en gagnant leur respect.

Suite à une mutinerie à la prison de Carabanchel, les prisonnier(ère)s des GRAPO et les principaux/ales dirigeant(e)s de la COPEL sont transféré(e)s à la prison de Córdoba. À peine arrivé(e)s là-bas, ils/elles préparent l'évasion: le devoir de tout(e) prisonnier(ère) est de s'évader pour s'incorporer au combat dans la rue. Avec une grande organisation, le tunnel commence. Abelardo à la charge principale de sa réalisation, il est le premier à descendre et à arracher de la terre avec un pic, centimètre par centimètre. Alors qu'il ne reste que 3 mètres à peine pour sortir, ils sont transférés de nouveau à la prison de Carabanchel. De là, les prisonniers des GRAPO sont conduits à la prison de Soria.


<Abelardo COLLAZO, ouvrier galicien communiste et antifasciste des GRAPO>

abelardo-4Des mois plus tard, en janvier 1978, de nouveaux militants des GRAPO et du PCE(r) arrivent à la prison de Soria où ils forment un groupe important et ils constituent la Commune Karl MARX (6). Le temps et les activités s'organisent pour éviter le laisser-aller et la démoralisation que provoque la vie carcérale. La journée est divisée pour laisser du temps à la gymnastique, l'étude, la détente, les travaux manuels, les réunions... Dans la Commune Karl MARX, l'École fonctionne en donnant des cours d'Histoire, de Littérature, de Marxisme-Léninisme, etc. Il y a une bibliothèque qui s'agrandit jour après jour.

Toutes les semaines, des réunions et des activités culturelles s'organisent où les groupes de formation musicale, les poètes et écrivains naissants exposent leurs qualités. Abelardo est un enthousiaste de la musique de sa terre et il devient le principal impulseur du groupe de chorale galicienne. Les après-midi, ils se consacrent aux travaux manuels durant 2 ou 3 heures : y compris dans la prison, il faut contribuer dans la mesure du possible à l'autoentretien en étant conforme au principe que "celui/celle qui ne travaille pas ne mange pas". Évidemment, ce régime de vie ne s'obtient pas sans sacrifices mais au prix de protestations, grève de la faim et affrontements continuels avec les gardiens de prison qui tentent d'imposer par tout les moyens leur discipline carcérale destructrice. Durant les presque 3 années passées en prison, Abelardo a réalisé près de 10 grèves de la faim, certaines d'une durée de presque 1 mois pour éviter de se faire marcher dessus par les gardien(ne)s de prison.

 

<Piqueur dans la mine. Dessin du "Camarade Arenas" réalisé en prison.>

Piqueur dans la MineEn février 1978, une fois de plus, il est transféré à la prison de Carabanchel pour être soumis à un procès. Là, il participe à la suite d'un tunnel déjà ouvert auparavant par les Camarades.

Alors qu'il est dans le tunnel avec d'autres prisonniers, celui-ci est découvert mais ils ne parviennent pas à en sortir sans être vus en profitant de l'obscurité. Le prisonnier anarchiste Agustín RUEDA SIERRA est assassiné sous les coups des gardiens de prison et Abelardo est transféré immédiatement à la prison de Soria.

"On est libre seulement en Luttant" et, une fois encore, Abelardo cristallise les désirs de Liberté de sa Classe et de son Peuple en préparant la construction d'un autre tunnel. Les travaux sont parfaitement planifiés et répartis. Certains jouent au ping-pong pour amortir les bruits. Tandis qu'un groupe passe, un autre recueille le sable dans la cellule d'où part le tunnel et au moyen de boîtes ils le passent par un trou dissimulé dans le plafond, sous le néon et un autre groupe se charge de recueillir les  boîtes remplies de sable et de les cacher dans le faux-plafond. Enfin, d'autres sont chargés de piquer avec les instruments rudimentaires à disposition. Comme à d'autres occasions, Abelardo avance en tête des piqueurs dans le tunnel.

Tarjeta155 (11)Il passe des heures et des heures dans le trou. Malgré sa constitution large, il entre comme personne dans les passages du tunnel les plus difficiles et les plus étroits. Sa réalisation est très difficile, durant certains intervalles, il faut perforer la pierre à vif. À la fin du tunnel, l'air ne parvient quasiment plus à entrer et il est nécessaire de le bombarder au moyen d'un sécateur de peau et d'un tube... Alors que 60 mètres de tunnel sont déjà atteints hors de la prison et que la recherche des égouts est commencée, le trou est découvert par hasard lors d'une fouille. Ce sont beaucoup de mois de travail minutieux et pénible. Peu importe, on le tentera de nouveau.

À cette époque, non seulement Abelardo participe dans les travaux du tunnel mais aussi dans toutes les activités communales. Il est particulièrement remarqué dans sa contribution à la rédaction du livret : “Experiencias de tres años de lucha armada” (Expériences de 3 ans de Lutte armée) où l'analyse des expériences de l'Organisation guerrillera dans le combat armé est recueillie.

 

<Tout un Peuple en Lutte pour libérer les prisonnier(ère)s politiques !>

tarjeta039Aux provocations des gardiens de prison, il faut ajouter les fouilles de la Police politique lesquelles, de mois en mois, ont comme objectif exclusif de voler des lettres, des photos de proches, de détruire les cellules et les travaux manuels, etc. À une occasion, ils tentent de désincarcérer un combattant pour la 2ème fois afin de le torturer de nouveau à la DGS (Direction Générale de Sécurité). La ferme opposition des prisonniers donne lieu à un champ de bataille.

Les brigades anti-émeutes s'emploient à fond avec des balles de gomme, des coups et des fumigènes, en détruisant la moitié de la prison. En plus de cela, non conforme, la Direction sanctionne les prisonniers par 2 mois de mitard. En réponse, les prisonniers se déclarent en grève de la faim. Au bout de 28 jours, 2 d'entre eux souffrent d'une aggravation de leur état de santé, dont l'un d'une crise cardiaque.

Les gardiens de prison refusent de le sortir à l'hôpital. Ceux qui peuvent encore se mettre debout, dont Abelardo parmi eux, se ruent sur les policiers qui les encerclent. COLLAZO désagrafe la chemise de son pyjama et il offre sa poitrine aux balles des brigades anti-émeutes lesquelles, armées jusqu'aux dents, reculent. Les protestations produisent de l'effet et les 2 prisonniers sont hospitalisés; Peu de temps après, la Direction des Prisons annule la sanction et les prisonniers cessent la grève de la faim.

 

Début du 20ème siècle. Rassemblement d'ouvrier(ère)s à Vigo (Galice)

OBRERXS(VIGO)Fin 1978, ils sont transférés dans la prison de Zamora avec des cellules pleines d'eau, des murs suintant d'humidité et avec comme unique mobilier une paillasse. En protestation face à ces conditions de réclusion, une nouvelle Grève de la Faim commence, elle dure 22 jours et certaines améliorations sont obtenues. Comme à la prison de Soria, la vie de la Commune Karl MARX s'organise. Immédiatement, les possibilités de s'évader sont étudiées. Ils ne tarderont pas à se mettre à l'ouvrage. Dans les lavoirs de la cour, sous l'escalier : on commence à creuser. Avec la traverse d'un lit, Abelardo donne les premiers coups et il sera une autre fois le premier sur la brèche, arrachant morceau  par morceau, jusqu'à la Liberté. Une nouvelle fois, une opération se monte autour des travaux du tunnel pour les protéger au moyen de la surveillance, de manoeuvres de distraction, etc. La direction et la longueur que doit avoir le tunnel sont étudiés pour passer les murs plusieurs mètres sous terre et sortir en terrain libre. Cela ne représente pas beaucoup de mètres mais ils sont spécialement difficiles et durs. Plusieurs mois  s'écoulent pour atteindre l'objectif, tandis que la vie communale se déroule avec normalité, seulement altérée par les Luttes continuelles pour se faire respecter par les gardiens de prison. En plus des travaux du tunnel, Abelardo exerce ses responsabilités au sein de la Commune. Il fait de la gymnastique, il lit, étudie, réalise les tâches de nettoyage et de cuisine. Dans les travaux manuels, il est le plus rapide et il est efficace dans la confection de châles, sacs en laine, etc. De nombreux nouveaux compagnons arrivés dans la Commune apprennent le travail manuel par Abelardo avec son rythme rapide et infatigable.


tarjeta113L'évasion de la prison de Zamora

Au milieu du mois de décembre 1979, le tunnel est pratiquement fini. Les Camarades qui sortiront par le tunnel mettent la dernière touche aux détails de chaussures, vêtements et nourriture. Ils se réunissent et ils tracent les plans. Bien que leurs visages ne traduisent rien de particulier, on respire une certaine nervosité, l'ambiance est tendue. Le moment clé est arrivé. Le 17 décembre est le jour qui a été choisi. Après le souper, tout est normal. Une fois fini, seuls les vétérans se promènent dans la cour, malgré le froid. Les 5 Camarades sont déjà dans le tunnel. Ils y sont entrés à 20h15, 15 minutes après le tour de  garde des guérites qui répète mécaniquement les mouvements qui ont été surveillés des dizaines de fois par le groupe d'évasion. Les dernières pierres sont enlevées, puis ce sont les dernières claques sur la terre et la clarté de la lune pénètre par le tunnel.

tarjeta076Abelardo sort et court tout en haut de la côte vers le mont qui naît depuis le mur même de la prison. Il est suivi par BROTONS BENEYTO, CERDÁN CALIXTO, HIERRO CHOMÓN et, en dernier, par MARTÍN LUNA. Tout s'est bien passé; les Guardias Civils n'ont rien remarqué. Ils disposent d'une marge jusqu'à 9h15, bien qu'il soit plus probable qu'elle dure jusqu'à 24 heures, heure à laquelle les cellules sont fermées.

Les 5 se divisent en 2 groupes. COLLAZO et BROTONS partent ensemble et durant la 1ère nuit, ils parcourent près de 40km par la voie du train, en direction de Ponferrada (Galice). Il faut profiter de l'avantage de disposer du temps et s'éloigner le plus possible. Malgré le fait qu'ils soient bien couverts, le froid les pénètre jusqu'aux os. Il commence à pleuvoir et peu de temps après, à neiger : ils marchent ainsi trempés et transis des pieds à la tête. Abelardo marque un pas ferme et rapide, habitué depuis l'enfance à courir et aux longues marches. Durant 10 jours, ils continuent à marcher en direction de la Galice, en dormant le jour dans la montagne et en marchant de nuit. De façon régulière, ils se rapprochent d'une localité pour se ravitailler.

 

<"Encapuché" : Dessin au crayon du "Camarade Arenas" réalisé en prison>

35-Encapuché (Encapuchado)La Lutte continue

Une fois à Vigo, Abelardo cherche refuge dans la montagne. Il connaît chaque pouce du terrain dans lequel il a vécu depuis enfant. Et de nouveau, il donne l'unique chose qui lui reste pour s'engager : sa propre vie. Avec précaution, il prend contact avec ses connaissances et ami(e)s puis, finalement, avec l'Organisation; Il doit se mouvoir avec d'extrêmes précautions car toute la Police va sur la piste des évadés. Ces premiers mois sont spécialement durs. Isolé, quasiment sans argent ni vêtement, mal alimenté, il doit résoudre par lui-même les problèmes avec patience et sans se précipiter. Il prend contact avec un groupe de jeunes travailleur(euse)s avec lequel il forme un commando et il se met à travailler. Il doit d'abord résoudre les problèmes les plus immédiats ce pour quoi une expropriation bancaire est planifiée et  réalisée. L'armement d'un Guardia Civil est également exproprié. Postérieurement, il se transfère à Barcelona (Catalogne) où il effectue plusieurs opérations. La direction des GRAPO se réunit, y compris Abelardo. On y étudie la situation politique, les forces organiques et on y établit les plans de travail. Abelardo est destiné à la Galice pour monter l'infrastructure de l'Organisation et réaliser un travail de captation. Il revient de nouveau sur sa terre. Au moyen de liaisons, il va développer son activité. Il effectue des visites, il se réunit avec des personnes disposées. C'est un travail difficile et qui requiert du temps. Simultanément, il va donner des cours aux nouveaux/elles combattant(e)s, il leur transmet son expérience.

<"Un jour de Résistance est une bataille gagnée">

tarjeta086Début Mai 1980, HIERRO CHOMÓN se transfère à Vigo pour réaliser plusieurs Opérations avec Abelardo. Tandis qu'ils réalisent tout les deux ensemble un appel téléphonique depuis une cabine, ils sont reconnus par 2 policiers. Ayant remarqués des choses étranges, HIERRO et COLLAZO décident de sortir de la zone. Ils n'ont pas marché 100 mètres lorsqu'ils sont dépassés par une voiture avec 5 policiers freinant quelques mètres plus loin et de laquelle sortent des flics en civil en tirant sans sommation préalable. HIERRO est blessé à une jambe et il tombe sur le sol au milieu d'une pluie de balles. Abelardo réussir à sortir son arme à feu et à effectuer plusieurs tirs ce par quoi il réussit à s'enfuir. Cette nuit-là, il se réfugie dans la montagne. Dans la ville et les alentours, il est recherché de façon intensive sans que son lieu soit trouvé. Jusqu'à présent, il s'était déplacé avec une certaine tranquillité car la Police ne soupçonnait pas qu'il puisse être à Vigo, mais maintenant, rester dans la ville devient très dangereux.

À la fin du mois de Mai 1980, il se charge de former et d'entraîner un commando à Madrid. Les combattant(e)s sont jeunes avec une maigre expérience et se complétant très peu. Au début, il les charge de petites actions : des expropriations, etc., pour qu'ils/elles se familiarisent notamment dans le feu de l'action. Ils/elles se consacrent aussi au recueil d'informations et à la préparation de futures actions. Fin juillet 1980, une action se réalise contre le Général CRIADO, sous-inspecteur de Santé dans l'Armée. Ses mouvements ont parfaitement été étudiés. A un croisement de rues, la voiture que conduit le Général s'arrête devant un arrêt.  Avec un autre combattant, Abelardo mitraillette en main ouvre le tir croisé sur les occupants de son véhicule dont il résulte la mort du soldat d'escorte. Le Général est laissé pour mort alors qu'il était seulement blessé et après avoir arraché le subfusil au policier militaire, ils entreprennent leur retraite.


Assassinat et enterrement d'un fils du Peuple

enterrement d'Abelardo

Au mois d'Août 1980, le commando dont Abelardo est responsable réalise quelques actions mineures avant d'en préparer d'autres. Il continue à développer son activité normale. Il partage son appartement avec un autre Camarade. Ils sortent tôt dans la matinée et ils reviennent à l'heure du repas, conformément à l'horaire de tout travailleur/euse. Ses mouvements ne soulèvent pas de suspicions. Son aspect a beaucoup changé. Il est toujours de forte et large constitution physique mais il s'est amaigrit pour éviter d'être reconnu par les policier(ère)s.


<Xosé Luis FERNANDEZ "El Che" ouvrier galicien communiste et antifasciste des GRAPO>

JOSE LUIS FERNÁNDEZ GONZALEZ--253x190Le 29 Août 1980, comme chaque jour, ils sortent tôt et ils reviennent à l'heure habituelle pour manger. Depuis quelques jours, Abelardo était préoccupé car il croyait avoir été reconnu à une station d'autobus bien qu'il ait réussit ensuite à déjouer la vigilance. Vers 17 heures, il sort de nouveau pour parler avec l'un des membres du commando, Xosé Lois FERNÁNDEZ GONZÁLEZ, “El Che”, ouvrier de Vigo comme lui. À 20h30, ils montent dans la rue de Bravo Murillo et ils tournent par la rue Coruña. Pendant ce temps, la Police a préparé l'embuscade. Le lieu est peu fréquenté; c'est le lieu idoine, sans témoins. Plusieurs policiers s'approchent dans leur dos et sans parler, ils déchargent leurs armes à feu dans les corps d'Abelardo et de “Che”. Déjà au sol, ils achèvent Abelardo avec rage. Il a 6 balles dans le dos. Ils pouvaient seulement le tuer ainsi, lâchement, en traîtrise. De face, ses assassins avaient peur. Ils craignaient son grand corps immense et généreux. Ils craignaient ses mains fortes et caleuses, habituées à la poigne et à l'arme. Ils craignaient son front dégagé, son esprit clair, sa décision et sa confiance dajns la Cause du Peuple. Il ne pouvait pas rester vivant.

Ils ont aussi criblé de balles Xosé Luís; un tir lui a sectionné la moelle épinière à la hauteur de la poitrine ce par quoi il reste paralysé définitivement. La nouvelle de l'assassinat court comme de la poudre. À Vigo, sa ville natale qu'il aimait tellement et où il était tellement aimé, la nouvelle cause un grand impact. Cette même nuit, de nombreux/euses travailleur(euse)s et groupes de jeunes sortent dans la rue et remplissent les murs d'inscriptions en honneurs d'Abelardo et contre la Police. Le lendemain matin, tout les murs de Vigo parlent avec des cris de l'assassinat d'un fils du Peuple.

ABELARDO-galizaL'assemblée pour la Liberté des Prisonnier(ère)s Politiques Galicien(ne)s remplit la rue de pamphlets dénonçant l'assassinat de COLLAZO et la situation de Xosé Luís. Dans les bars, les usines, les ateliers... dans tout les lieux, on ne parle pas d'autre chose durant des jours.

Les vieux/vieilles compagne(on)s des grèves de la construction, ceux/celles de la Grève Générale de 1972 se souviennent de la figure d'Abelardo dans les assemblées, les réunions et les discours-débats. Tout le peuple travailleur pleure la perte de l'un de ses meilleurs et plus dignes frères.

La journée du 1er septembre 1980, l'enterrement a lieu au cimetière de Teis.


<1er septembre 1980. Manifestations à Vigo contre l'assassinat politique d'Abelardo

programmé et réalisé par l'Etat espagnol Monarco-Fasciste.>

1er septembre 1980-VIGO

Cet acte se donne comme une marque de tendresse et de reconnaissance envers Abelardo COLLAZO et de soutien à la Lutte qu'il a maintenu et que d'autres continuent. Bien que la presse ait essayé de la taire au maximum, elle n'a pas pu ignorer la surprenante manifestation de solidarité de la population de Vigo. Conduit depuis Madrid, le cerceuil a été attendu par près de 5.000 personnes de tout âge. Plus de 300 automobiles ont stationnées dans les environs du cimetière. Le fourgon arrivant avec le corps d'Abelardo, le cercueil est recouvert avec les drapeaux de la République Populaire et du drapeau de Galice.

Au centre, sur le drapeau rouge, flotte le sigle des GRAPO. Le cercueil est emporté à cheval sur le dos et les épaules de proches, ami(e)s et compagne(on)s. De nombreux drapeaux du PCE(r), de la République Populaire et de la Galice flottent parmi les assistant(e)s. Le cercueil est conduit jusqu'à la fosse au milieu d'un impressionant silence, seulement interrompu par les pleurs et les cris de Camila, la mère d'Abelardo, et de nombreuses personnes.

Là, des couronnes de fleurs de toutes les usines de Vigo sont déposées. Face à la fosse, on entonne l'hymne des GRAPO en donnant des vivas aux GRAPO et à la Lutte armée ainsi que des slogans contre la Police. L'une des personnes présentes a brièvement expliqué la trajectoire de vie et de Lutte d'Abelardo et le rôle de la guerrilla, depuis la Guerre de 1936 jusqu'aux GRAPO. Après cela, plus de 1.000 personnes manifesteront dans les rues de Vigo en s'affrontant durant plusieurs heures à la Police avec des pierres et des cocktails Molotov. Une fois de plus, la population de Vigo a démontré sa tradition combative et sa reconnaissance sans limite du travail d'hommes et de femmes aussi valeureux/euses, sincères et honnêtes qu'Abelardo.

 

NOTES.

(1) Les carillistes : en référence à Santiago CARRILLO, secrétaire général du PCE (1960-1982), le principal initiateur au sein de son parti du Renoncement aux principes communistes pour collaborer avec l'Etat espagnol Monarco-Fasciste, d'abord avec la "Réconciation Nationale" (avec les fascistes) puis avec la "Transition Démocratique" (nouvelle façade du Régime fasciste resté inchangé) en passant par la destruction du PCE avec l'Eurocommunisme, dès 1954.

(2) Chalet : ce terme issu du français désigne dans tout l'État espagnol, une énorme résidence secondaire bourgeoise voire de la Haute-Bourgeoisie.

(3) Adolfo SUAREZ : Président du Gouvernement de "Transition démocratique"  de l'Etat espagnol Monarco-Fasciste (1976-1981), auparavant  Ministre Secrétaire Général du "Movimiento" durant le Régime franquiste, le fief de la Falange et du franquisme.

(4) Le 27 septembre 1975, 5 Antifascistes  sont assassinés par l'État espagnol au moyen de l'exécution par fusillade de : José HUMBERTO BAENA, José Luis SÁNCHEZ BRAVO et Ramón GARCÍA SANZ des FRAP avec Juan PAREDES MANOT (Txiki) et Ángel OTAEGUI d'ETA.

(5) Massacre d'Atocha de 1977 : dans la nuit du 24 janvier 1977, des fascistes d'Extrême-Droite réalisent un attentat terroriste dans le centre de Madrid en visant et assassinant 5 avocats du Droit du travail, dans leur local.

(6) Les prisonnières politiques du PCE(r) et des GRAPO ont elles-aussi créé une Commune dans la prison de Yeserias.

 

 

29.08.2011. Omenaldi : Plaza Patxa. Baiona

29.08.11-OMENALDI-2

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24 août 2011 3 24 /08 /août /2011 07:30

(10.07.11) LETTRE D'ISABEL APARICIO SÁNCHEZ

PRISONNIÈRE POLITIQUE DU PCE(r)


  Juin 2011. Prison de Brieva). Les prisonnières politiques Isabel APARICIO SANCHEZ du PCE(r),

Concha GONZÁLEZ RODRÍGUEZ des GRAPO et Arantza DÍAZ VILLAR du PCE(r)

isabel,concha, aran (juin 2011)Écris-LUI !

Isabel Aparicio Sánchez

C.P. Brieva, mód. Rojo

05194 ÁVILA

   

 (Prison de Brieva, le 10 Juillet 2011) : "(…) Le vendredi 8 Juillet 2011 avant "le couvre-feu" durant la nuit, ils ont donné par haut-parleur les visites pour hier, samedi 9 Juillet. À ma grande surprise, ils m'ont nommée. J'ai parlé avec les compagnes basques et j'ai tourné durant la nuit car je n'attendais pas de visite et je me demandais avec qui cela pouvait être. Ce n'était pas les compagne(on)s de Madrid car ils/elles étaient venu(e)s la semaine précédente et je pensais que c'était peut-être ceux d'Araba (Pays Basque) ou bien mon fils pour me donner une mauvaise nouvelle sur la santé de ma mère ou quelque chose de semblable...

(…) Au petit matin, je me suis fait toute belle et j'ai entendu les flatteries des compagnes avant de me préparer à attendre jusqu'à 11h15, l'heure de la supposée visite au parloir. Supposée, oui, parce que je n'ai pas eu de visite. J'ai attendu jusqu'à 14 heures et je suis allée à la guérite pour qu'ils demandent qui était censé venir me voir pour une visite. En peu de temps, ils me disent que ce sont certain(e)s des ami(e)s de Madrid : autrement dit, ceux/celles que j'avais écarté de cette possibilité parce qu'ils/elles étaient venu(e)s 7 jours auparavant. Je suis entrée dans un état de nervosité extrême parce que je pensais qu'ils/elles pouvaient avoir eu un accident avec la voiture ou quelque chose de grave. Juste avant de monter dans ma cellule, je me suis risquée à appeller ces ami(e)s de Madrid. "Buaaaa, il ne se passe rien!". Ce ne pouvaient PAS être eux/elles car à ce moment-là, ils/elles allaient à la prison de Castellón pour une visite au parloir avec Manuel Pérez Martínez “Arenas”. Je n'ai pas pu parler le temps de mes 2 minutes d'appel téléphonique parce que les gardiennes remontaient toutes et il ne s'agissait pas d'avoir des problèmes.

Par conséquent, pour eux/elles aussi cela a été une surprise parce qu'ils/elles n'avaient PAS appellé pour solliciter la visite; je veux dire qu'ils/elles n'avaient pas utilisé le nouveau système monté par l'Institution Pénitentiaire pour demander les visites au parloir. Si bien qu'en tenant compte de ce qui est arrivé -même nom et horaire exact que la semaine antérieure- il ne reste pas d'autre issue que de penser que le problème vient du nouveau système informatique qui défaille plus qu'une carabine de fête. C'est ainsi que je l'ai fais savoir à la fonctionnaire chargée des visites et quand elle est passée par le module dans l'après-midi, elle-même a reconnu qu'en plus d'une occasion les gens devaient avoir recours à l'appel téléphonique face à l'impossibilité de prendre rendez-vous par internet. (…) Et c'est pourquoi tu es resté sans l'appel téléphonique que je devais te faire aujourd'hui, celle que j'avais réservée pour vous, je l'ai dépensée hier dans cet appel d'urgence. (...)

(2006) Milicienne, dessin du Camarade "Arenas" en prison

miliciennePour le reste, ici, je continue d'attendre l'opération des cataractes. Ils m'avaient annulé le rendez-vous d'Avril et ayant été durant 2 mois à la prison de Soto del Real sans rien me faire, je me suis consacrée à écrire des requêtes aux Directeurs et Sous-Directeurs médicaux. Selon les Autorités médicales elles-mêmes avec celles de la prison de Brieva : elles ne leur sont pas parvenues. Je leur disais que j'étais ici en attente d'un rendez-vous avec l'ophtamologue, un rendez-vous que j'attendais depuis un an. Que j'étais dans l'attente de l'opération des cataractes et qu'à Salamanca j'avais en attente la résonnance magnétique et une radiographie de la colonne vertébrale dont le neurochirurgien avait fait la demande. Tant et si bien que le 11 Avril, ils m'emmenent et ils me disent que je vais à l'hôpital le lendemain parce que, par chance (!), ils n'avaient pas annulé le rendez-vous. Enfin, ah! Ah! Ah!. Le 12 Avril alors que je suis déjà prête, ils me disent être désolés et en regardant les papiers ils ajoutent "Évidemment, c'est que le rendez-vous est passé depuis plus d'1 an". Maigre nouvelle. Il regarde l'autre oeil et "Oui, celui-là aussi à de la cataracte et très avancée". Et il va me le dire à moi le brave homme, c'est moi qui en souffre. Finalement, il a signé l'opération. "Pour quand?" lui ais-je demandé. Dans cette clinique, les rendez-vous ont 3 mois d'attente et pour opérer, plus d'1 mois d'attente et c'est même un peu tôt.

Bon, à voir, au moins il y a quelque chose qui en principe est fixé parce que l'histoire de la colonne vertébrale... c'est sûr qu'ici aussi j'ai perdu les rendez-vous pour les analyses. J'ai parlé avec le médecin d'ici pour voir s'ils ne pouvaient pas les demander à l'Hôpital d'Ávila mais la bureaucratie c'est la bureaucratie. Et puis, comme c'est le neurochirurgien qui les avaient demandé et non pas celui d'Ávila... quand je pourrrai y aller, tout devra recommencer de nouveau. Bon, nous en étions là, quand on me remet le jeudi 7 juillet 2011 un papier du Juge de Surveillance pénitentiaire qui me répond à une PLAINTE que je lui ai envoyé depuis... 9 mois, en lui racontant ma situation de la colonne vertébrale et le traitement qu'ils me donnent. Que pensez-vous qu'il m'aie répondu? Et bien qu'en recevant la plainte -et en supposant qu'il l'ait lue- la situation lui a parue préoccupante mais qu'après avoir obtenu l'information aussi bien de la prison de Salamanca comme celle d'Ávila, le sujet n'était pas aussi grave. De plus, la rééducation étant prévue, la PLAINTE n'avait plus de valeur.

Dessin du Camarde "Arenas" en prison

combattanteFace à ça, je me demande qui a interrogé ce Monsieur JVP parce que la spécialiste de la prison de Salamanca NE M'A PAS envoyé en rééducation car après m'avoir examinée, elle en a conclu qu'il n'y avait pas d'autre solution que l'opération chirurgicale et c'est pourquoi il n'a rien demandé au surveillant assermenté de l'Hôpital... Mais c'est que ce sujet de la rééducation va plus loin dans le burlesque parce que dans l'écrit que je lui ai envoyé, je lui disais qu'en 2 ans de "traitement" j'ai eu 2 fois des séances de courants (15 décharges chaque fois) et dans sa réponse il me le raconte comme si je continuais à y aller à ce moment-là ou comme si durant toutes ces années j'avais fait de la rééducation intensive face à quoi, de nouveau, la question ressurgit pour savoir qui procure l'information à Monsieur le Juge et si cette personne la détaille sufisamment parce que d'après ce qu'on peut voir, cela peut être aisément mis en doute.

Je vous met la partie textuelle : «Dans le cas présent, examinant la requête et vu le rapport du C.P. (Centre Pénitentiaire), il doit être signalé que l'écrit de l'internée est préoccupant car il ressort de l'information émise par le Centre (Pénitentiaire) que la question abordée est résolue aussi bien à Salamanca comme à Ávila du fait que l'internée assiste à des séances de Réeducation. Il en résulte que ce sujet perd sa raison d'être une plainte».

Et bien, non, Monsieur, non, la PLAINTE ne perd pas son sens car avant, bien avant que celui-ci n'ait à étudier ma plainte (9 mois!!!), ils m'ont emmené au Service Médical compétent pour ce cas; une autre chose est que depuis lors tout soit paralysé. Comme on continue à ne pas m'emmener à l'Hôpital, il y aura une autre plainte où je lui raconterai que la Rééducation n'a pas eu de résultats positifs à cause de son inexistence. Et parce que, malheureusement pour moi, il ne me reste rien d'autre que la chirurgie si je veux résoudre ma situation ou moins le tenter. (...).

Au moins, la chaleur est moins forte ici à la prison de Brieva que dans d'autres localités ayant des prisons dans leur paysage. Combien de fois, chaque fois qu'une prisonnière dit : "Quelle chaleur!", je me souviens et je leur rappelle les prisonnières qui sont détenues dans la Communauté Andalouse ou en Extremadura ou dans le Levant ou à Murcia. Car évidemment il fait chaud car c'est l'été et on semble l'oublier, à commencer par ceux/celles de la Télé qui sont toujours avec leurs petites Campagnes d'épuisement médiatique météorologique pour masquer les véritables problèmes angoissants dont souffrent les travailleur(euse)s dans cet État. (...).

On nous a mis 11 ans et 11 mois de prison à Paco Cela, Manolo Arango et à moi. La demande initiale était de 12 ans et la diminution peut aussi bien être due au fait qu'on était en février... Ils ont ajouté 8 ans de prison à Lucio García cumulé aux précédentes peines. Cela a été une farce, évidemment, comme toujours, tout est fait avec les déclarations arrangées et les preuves qui ne tiennent pas debout de la Guardia Civil. Qui est celle qui ordonne, imbécile! Mercredi, j'ai parlé avec Manolo Arango. Comme presque tout les étés, il a une attaque de sciatique. J'ai reçu la carte postale de F. et une longue lettre de M. Un baiser avec amour, force... et santé, c'est peu, mais pourvu que ça dure."

 

BIOGRAPHIE D'ISABEL APARICO SANCHEZ

PRISONNIÈRE POLITIQUE DU PCE(r)

2-ISABEL APARICIO-pce(r)Née à Madrid, le 2 février 1984, mère, ouvrière et militante du PCE(r) Isabel APARICIO SANCHEZ a été détenue en 1980. Condamnée à 4 ans de prison, son procès a été un véritable scandale. Ses 4 avocat(e)s défenseur(e)s ont été jugé(e)s pour "manque de respect" au Tribunal et l'année antérieure, par l'intermédiaire des mains de ses militant(e)s du FN ("Frente Nacional" : Front National), le BVE (1) a placé une bombe sous sa voiture et une autre dans son bureau. Ils/elles ont soufferts du paiement d'amendes afin de pouvoir rester en liberté, avec de constantes comparutions face au Juge, etc. Malgré ou par cette grave attaque contre le Droit à la défense, Isabel, militante du PCE(r) a été accusée de collaboration avec les GRAPO, de même que d'autres militant(e)s communistes jugé(e)s dans cette farce. À sa sortie, elle a développée la militance communiste jusqu'à ce que pour des raisons répressives elle ait du passer à la clandestinité. Après 20 ans de militance politique dans la clandestinité, le 6 juin 2007, au côté de 3 militant(e)s clandestin(e)s du PCE(r), elle a de nouveau été détenue. Au cours d'une autre opération, ces jours-là, deux militants des GRAPO ont été détenus, l'un d'entre eux étant le plus haut responsable.

NOTE. (1) "Batallon Vasco Español" : Bataillon Basco-Espagnol, l'un des instruments du Programme de la Terreur exercé par l'État espagnol depuis les années 80 jusqu'à ce jour.


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16 août 2011 2 16 /08 /août /2011 10:30

UNE COURTE TRAJECTOIRE

POUR UN LONG CHEMIN

Texte (biographie) d'Israel Torralba Blanco

prisonnier politique antifasciste des GRAPO

 

ÉCRIS-LUI ! :

ISRAEL TORRALBA BLANCO 

C.P. "A LAMA" . 36830 A LAMA (PONTEVEDRA)

 

10-ISRAEL TORRALBA-GRAPO-fr"LE QUARTIER ET LA FAMILLE. Je suis né un 24 Octobre de l'année 1974, la même année où Salvador PUIG ANTIC (1) a été assassiné par le garrot [exécution réalisée par l'État espagnol]; une année avant que les cloches de la mort reviennent sonner pour les exécutions par fusillade du 27 septembre 1975 (2) . À cette époque, je ne pouvais évidemment pas être conscient de tout ça mais je ne pense pas qu'il soit trop frilole d'en parler en tenant compte de la quantité de fois où j'ai dû entendre (et où je continue à entendre) la malencontreuse phrase: «Toi, que sais-tu? puisque tu es né en Démocratie!». Dans tout les cas, les archives sont là pour celui/celle qui veut revenir sur les centaines de Crime d'État (ou avec sa connivence) qui continuent sans interruption jusqu'à ce jour…

Pour mettre en scène mes souvenirs, je dois décrire un quartier collé à un polygone industriel semi-abandonné où les jeunes en âge de travailler continuaient à venir en troupe bien que déjà plus pour se mettre le bleu de travail sinon plutôt pour l'enlever (…). Ainsi était Leganés en grandissant, un quartier comme n'importe quel autre du Sud de Madrid, surgit de cette migration du champ à la ville dans ce qui fut la tardive et éphémère industrialisation en Espagne. Bientôt ce tissu industriel serait démantellé et le commerce de la spéculation et des "coups" immobiliers se développeront.

Entre des pâtés et des pâtés de logements, il restait toujours un terrain à découvert où nous, les dernières générations qui avons pu en profiter (plus tard arrivera le béton et la Play-Station) : nous dépensions nos énergies en apprenant à grandir dans la boue, en rivalisant de blessures et de coupures, avant l'arrivée des marques commerciales sportives et des jeans, une distraction qui nous éloignait de la partie véritablement importante du jeu. J'ai peut-être eu la chance de ne pas pouvoir me les permettre comme tant d'autres choses...

gnr-7Entre les ciments et les murs qui n'ont pas élevé l'édifice "résidentiel" moderne -lequel ne verra jamais le jour- nous développions nos aventures les plus risquées. Dans ces squelettes de béton, chaque fois que les excavatrices disparaissaient avec les gains obtenus, les batailles devenaient plus urbaines pour de nombreuses familles sous la forme d'une entrée pour un logement et par conséquent aussi pour le salaire des ouvrier(ère)s. Il ne restait plus que les tranchées et quelques décombres qui faisaient les délices de notre fantaisie. Que pouvions-nous savoir d'autant de vols réalisés contre les Parias de toujours? que pouvions-nous savoir tant que resteront des tranchées, des briques et des tôles ondulées parmi lesquels conspirer en petits commandos, au moins jusqu'à la trêve du goûter?

J'ai grandi ici avec la complicité de ma soeur Celia, main dans la main depuis tout petits, suppliant ces mains maternelles qui travaillaient toujours car ma mère, faute de bœuf, a du tirer seule la charette avec la souffrance ajoutée de devoir en plus batailler avec la plus sanglante angoisse des absences. Ma mère sera l'une de ces pionnières du divorce mais quand celui-ci a eu lieu cela faisait déjà longtemps qu'elle avait jeté le lest par-dessus bord pour que notre modeste embarcation ne coule pas. L'année 1977 était en cours lorsque mère resta seule avec deux enfants de 2 et 3 ans avec tout ce que cela suppose à cette époque, au-delà du purement "économique". Ma mère émigra de son Asturies natal, de même que ses 6 soeurs et 2 frères réparti(e)s dans la géographie péninsulaire et du Portugal car toutes les soeurs (elles sont la majorité...) sortiront des Asturies, excepté mon oncle Paulino qui a été mineur au "Pozo Maria Luisa" (Puit Maria Luisa) et militant à cette époque au PCE, bien que sur sa militance et sur les Luttes dans lesquelles il ait pu participer je n'ai pas réussi à recueillir de témoignage car quand j'étais nourisson il est mort dans un terrible accident tandis que -déjà retraité- il faisait sa route matinale en bicyclette.

Cette situation de dispersion familiale me permettra de connaître d'autres réalités différentes de celles de mon quartier, en plus du fait de me donner les meilleurs souvenirs de mes nombreux voyages par toute la géographie espagnole mais surtout de ma "brave" Asturies. Avec le temps, j'apprends des choses sur le sang qui a coulé dans ces monts, sur la Terreur des "oiseaux noirs", sur la souffrance et les pénuries qu'ont vécu –comme tant d'autres- mes grands-parents à cause de la sauvage Répression Franquiste.

leganésMais pour revenir à Leganés, je résumerais en disant que je suis passé de l'enfance entouré de diverses activités, principalement en étudiant le solfège et le piano, bien que je ne puisse pas dire que j'ai fini par beaucoup profiter de tout cela : pour moi ce n'était rien de plus qu'une montagne d'heures, sans jeux, bien que cela représentait un titanesque effort économique pour ma mère et la meilleure façon de nous tenir presque sous contrôle et éloigné(e)s de ce champ de bataille que Leganés était devenu dans lequel une grande partie de la Jeunesse de plusieurs générations commençait à disparaître. Selon moi, ils se débarassaient du danger que représentait l'accumulation de forces de travail pour le Capital. Que ce soit déjà par commission ou par ommission, ils se débarrassaient de cette menace au travers de l'usage abusif "d'armes chimiques de destruction massive". Quiconque a vécu durant ces dernières décennies dans un quartier ouvrier sait que ces armes n'ont jamais été très loin de la Guerre Sale, ceci à propos du GAL (3) et du narcotrafique... à de nombreuses occasions, elles semblaient être les pieds d'une même table.

 

san nicasio (leganés) anos 70RÉBELLION ADOLESCENTE.

Jamais je n'ai été spécialement remarqué dans l'étude. Tant que n'arrivait pas l'été, il n'y avait pas une personne qui aurait pu me surveiller et m'aider dans mes devoirs scolaires, c'est pourquoi j'ai accepté pour les mathématiques dans lesquelles j'étais remarqué et je finissais toujours par passer –sans difficulté- en Septembre. Quand je suis entré à l'Institut de Formation Professionnelle, mon intention était celle d'étudier l'électronique mais -par un fait absurde qu'il serait long à raconter- je finirai par étudier l'administration où je n'ai jamais été dans le moule. Même ainsi, je finirai par passer plus de temps à l'Institut d'électricité et d'électronique qui me correspondait mieux. Disons que je tentais de récupérer le temps perdu du jeu, bien que les jeux d'un gars de 14 ans ne soient déjà plus tellement innocents.

C'est alors que j'ai commencé à être au contact des musiques les plus combatives et où j'ai aussi commencé à m'interroger sur tout ce que les écoles nous avaient enseigné, sur cette réalité dans laquelle nous vivions, sur l'Histoire la plus récente. C'est aussi plus ou moins à cette époque que j'assisterai à mes premières courses dans les Manifestations contre la Guerre du Golfe. Avec le temps, j'entrerai dans l'environnement “Anarko-Punk” et Antimilitariste de Leganés.

Je me souviens qu'en profitant des fêtes, lors d'une incursion par la buvette du Collectif MILI-KK, mes compagne(on)s d'aventures ont commencé un bavardage facile et jusqu'à insultant à propos des sandwichs vegan (4), mais mon approche se distanciait beaucoup de ce ton moqueur et je restais seul sur la défensive face à cette forme de raisonnement et d'action en cohérence avec ces gens. Finalement, nous chantions et dansions tou(te)s sur ces chansons Anticapitalistes, nous mettions des autocollants et des pins tandis que nous parlions de Révolution mais jusqu'où étions-nous prêt(e)s à aller? Serions-nous capables de commencer le changement par nous-mêmes, de pratiquer par l'exemple? C'est de cette façon que j'ai surmonté les blagues des collègues et c'est quasiment suite à une "pique" que j'ai décidé de devenir vegan et je l'ai été durant quelques années.

Le temps passait rapidement et j'entrais dans un monde nouveau pour moi; je connaitrai les Mouvements de Libération Animale et les Collectifs Pro-Insoumission et Antirépressifs, ce sera un voyage dans lequel je m'embarquerai presque seul, les vieux/vieilles ami(e)s ne semblaient pas être disposé(e)s à me suivre sur le même chemin.

bar-34Parmi beaucoup d'autres choses, je m'interrogeais déjà alors sur ces manuels et affiches avec les photographies des prisonnier(ère)s politiques du PCE(r) et des GRAPO qui apparaissaient dans certains locaux. Avec ce panorama, les jours sont devenus plus courts pour écouter toutes ces Histoires sur comment fonctionne le monde et sur les personnes disposées à le changer. Je garde un bon souvenir de ces longues nuits où au côté de mon bon ami TRIKY “nous refaisions le monde” à la chaleur d'un radiocassette, quelques piles et un peu de kalimocho. À lui, le temps lui donnera raison; à moi, les coups m'encercleront.

Peu à peu, je me suis impliqué dans diverses Luttes avec le commencement de rassemblements, peintures, collages d'affiches et tant d'autres activités. À cette époque-là, des groupes de fachos ont commencé à apparaître à Leganés. Ceux-ci bougaient dans la zone piétonne en faisant peur aux gamin(e)s, cela nous touchait de loin car ce n'était pas notre environnement de telle sorte que lorque nous avons voulu le détecter, il était déjà un grouspucule important. Le jour est arrivé où les fachos ont blessé un gamin connu. Celui-ci est apparu dans le Bar "Tolo" (où nous avions l'habitude de nous réunir) avec tout les effets visibles de l'impuissance que laissent les abus sur le corps. De façon spontanée, nous décidons alors de faire peur aux fachos. Ces éléments étaient en majorité des fils/filles de militaires et d'autres Corps Répressifs, certain(e)s très connu(e)s et que nous retrouverons d'autre fois dans de nombreuses occasions. Il ne s'était pas passé une heure quand, de retour au Bar "Tolo”, j'assisterai à mon premier grand coup de filet où deux membres parmi les responsables du local ont été détenus. Il n'y avait rien à commenter c'est pourquoi nous nous sommes dirigé(e)s au commissariat pour exiger leur mise en liberté. Évidemment, nous n'en sommes pas revenu(e)s.

bar-20Jusqu'à ce moment-là, je n'avais pas souffert de charges policières d'une telle virulence, pas même pour le Koweit. À peine âgé de 17 ans, j'ai reçu là mon baptême répressif. Nous avions répondu à l'extortion et aux abus de leurs fils/filles qui par le Droit du Sang jouissaient eux/elles aussi de l'Impunité. La raison était de notre côté mais les armes (et d'autres instruments) c'est eux/elles –les Fascistes- qui les avaient. Ceci est seulement l'une de tant d'autres "anecdotes" mais il m'a paru intéressant de la rappeler; en fin de compte, elle sera la première d'une longue liste d'offenses similaires où je finirai tellement de fois insulté, vexé, frappé et détenu arbitrairement et qui se terminera toujours comme une plaisanterie macabre face au Juge en tant qu'agresseur. La couleur de l'uniforme donnait la même chose, le traitement était également toujours vexatoire, l'argot fasciste utilisé était toujours le même. Et c'est ainsi que parmi autant de violence, on ne choisit pas librement ce chemin : en dernière instance c'est le Juge -qui représente l'État entier- celui qui légitime avec sa signature l'impunité des mercenaires de l'État. Quelque fois, la peur peut te paralyser mais d'en vivre autant t'induit à réaliser d'autres pas. Nous n'avons pas commencé cette Guerre, nous avons seulement appris à nous défendre pour ainsi au moins sauver la Dignité.


ROUTE…

okupaMais quand il a été évident que je n'irai pas bien loin par le chemin des études, je commençais à passer par certains emplois très précaires, toujours sans contrat, pour une misère et sous la menace chronique du licenciement. Au vu de la plus grande expérience du travail de ceux/celles qui m'entouraient, le futur qui allait se jouer n'était pas très porteur d'espérances, le futur était déprimant. Le fait de se savoir être toujours sur la corde raide sur le marché du travail me produisait de la panique mais, tôt ou tard, j'aurais à m'affronter à ce chemin ténébreux si je voulais sortir de la maison. Je commençais à m'intéresser à tout ce qui était en relation avec le Mouvement Okupa [occupation politique de lieux], mon premier contact avec ce Mouvement coincidera avec un intéressant concert au Centre Social Autogestionné le “KASAL” de Valencia [Pays Catalans]. Un projet dans lequel une connaissance du quartier (avec le temps un grand ami) participait depuis longtemps. Inévitablement, en voyant renaître autant de vie dans ces tristes édifices abandonnés je tomberai dans l'ensorcellement de croire qu'ils endormaient le rêve des spéculateur(trice)s.

J'y ai passé quelques semaines en apprenant ce que signifie l'Autogestion, cela se montrait à mes yeux comme toute une "Révolution Culturelle". En assemblée, on gérait le repas populaire vegan, la caféteria où divers films documentaires étaient projetés et débattus, les locaux d'essai pour des groupes musicaux et de théâtre, la salle de concerts, les programmes de la radio pirate “radio Klara” etc… Sans aucune volonté de gain, de nombreuses activités nécessités culturelles et combatives étaient réalisées, toute une véritable richesse qui naissait de l'engagement et du travail d'un groupe de personnes qui ne se résignaient pas à attendre que les Exploiteur(trice)s ou les comparses politiques et syndicaux résolvent leurs problèmes et nécesités et par conséquent, ils/elles mettaient la main à la pâte. Là, bien que je n'ai pas été un familier, j'ai connu entre autres Guillen AGULLÓ (5) et son inséparable collègue: Davide, deux Antifascistes infatigables de ceux/celles dont on aura bientôt la pire des nouvelles…

L'âge de ma majorité s'approchait et si j'étais certain de quelque chose c'était que le travail salarié ne me faciliterait pas un rapide chemin vers l'émancipation. Avec quelques emplois précaires, j'économisais tout juste afin d'acheter un peu de matériel pour l'élaboration artisanale qui me donnera à peine de quoi tromper mon estomac mais l'heure était venue d'abandonner le matelas maternel et le vol nocturne (avec l'audace que donne la faim) dans le frigo qui coûtait tellement à ma mère pour le remplir.


…ET COUVERTURE.

2008-Centro Social LA GOTERA en Leganés (san nicasio)Par l'intermédiaire d'une amie, j'entre en contact avec le Mouvement Okupa de Madrid, et j'en arrive à vivre au quartier de Estrecho où j'ai connu des personnes intéressantes desquelles j'apprendrai beaucoup sur l'Anarchisme et le Veganisme. Mais ma tête continuait d'être occupée par le fait de monter un Centre Social Okupa à Leganés et ainsi, avec les personnes du quartier, nous finirons par le réaliser. La première tentative a échouée, en une semaine, mais la seconde réussira.

Après les premiers travaux de nettoyage, nous commençons à organiser quelques concerts à l'aide d'un générateur à gasoil, de cette façon, nous finançons les matériaux de construction pour élever la maison et peu à peu les premières activités se réaliseront. Mais avec le temps, cette expérience ne finira pas bien, cette fois ce ne sera pas le résultat de la Répression. Trop d'intérêts différents au sein d'un même espace finiront par porter la tension jusque dans l'assemblée. J'étais un gamin d'à peine 18 ans incapable de comprendre certains sujets et beaucoup d'intrigues. Je finirai par "déserter" de ce projet que j'avais moi-même propulsé mais qui commençait à faire des vagues, dès le début. Je quitte définitivement le quartier et je retourne à Madrid...

Un jour, la nouvelle arrivera que Guillen AGULLO a été assassiné, selon la presse par un groupe de "têtes rasées" [des fascistes] : une façon comme une autre de cacher la réalité. Guillen s'était fait remarquer comme Antifasciste à Valencia. Peu de temps auparavant, il était apparu à la télévision locale, avec son image floutée en noir, pour dénoncer des faits dont je ne me souviens pas mais l'image originale tout comme probablement d'autres informations ont du être transmises à ses assassins. CUEVAS (6) sera condamné à 9 ans de prison sur lesquels il n'en accomplira que 4. Peu de temps après, il sera de nouveau détenu avec 9 autres Fascistes (certains étant des militaires en activité) auxquels des armes seront saisies y compris un bazooka. Pedro CUEVAS sera rapidement mis en liberté du fait d'être en tête de la candidature municipale de la localité de Xiva au sein de Alianza Nacional (7). À ce jour, le père de Guillen continue à recevoir des menaces. Une fois de plus, la Loi continue d'être pour "l'Autre côté", tandis que la Justice attend toujours son heure. Pour avoir une référence, si nous comparons: dans de multiples Procès-Farces, des dizaines de militant(e)s du PCE(r) (Parti Communiste d'Espagne reconstitué le 8 Juin 1975) sont condamné(e)s à 11 ans et 6 mois de prison qu'ils/elles accomplissent jusqu'au dernier jour... En 35 ans d'existence de ce Parti, ils n'ont jamais pu le mettre en relation avec d'autres armes que celle du Marxisme. Peu de temps après, la nouvelle arrivera que Davide, son inséparable compagnon a lui aussi été assassiné, cette fois en défendant le “KASAL” de la présence d'un indésirable.

NO PASARANLe poids de la réalité que nous vivons me conduira à approfondir les règles qui régissent la Lutte contre le Fascisme, finalement, la prise d'empoigne que nous maintenions avec ces groupuscules était seulement la pointe de l'iceberg et tôt ou tard nous devrions nous affronter à tout ce qui se cache sous la surface. Tandis que nous nous forgions dans ces sujets, les Lois répressives allaient en augmentant. Le Mouvement Antifasciste de Madrid semblait prendre de l'impulsion mais c'était à la fois quand les divisions au sein de celui-ci semblaient affleurer le plus : les conceptions sur la Lutte et leurs formes d'Organisation prenaient des chemins différents, quand ce n'était pas directement les rumeurs et intrigues celles qui semaient la méfiance entre les un(e)s et les autres, bien que finalement ce fut la Répression elle-même qui a atténué ces différences. Il nous restera toujours la porte d'un Juge pour les retrouvailles. Dans ce contexte, au milieu des années 90, naîtra ce que les médias appelleront “Guerrilla de Malasaña” correspondant à une journée annuelle de Mobilisations Antirépressives qui, sans rendre les forces égales, montrait au moins que nous savions combattre et, le plus important, que nous étions disposé(e)s à le faire.


DEUX PAS EN AVANT...

bar-27Notre capacité et prédisposition pour affronter la Lutte était chaque fois un peu plus importante mais l'État, ce “groupe d'hommes et de femmes armées" nous le rendait aussi chaque fois un peu plus difficile. Tout cela n'était pas un jeu et ce même État montrait toute sa volonté de combattre toute voix qui sortirait du bercail. Son expérience Antisubversive est énorme, elle vient de loin, c'est pourquoi –y compris avant nous- ils revenaient déjà sur les pas que nous venions déjà de réaliser, plus encore, maintenant je pense que, très probablement, si nous n'étions pas déjà “neutralisé(e)s” c'était pour éviter de nous montrer toutes leurs cartes car l'objectif de l'État était plus ambitieux. Si la pression et la peur ne nous paralysaient pas, la logique de l'ennemi était d'attendre le moment adéquat pour lancer le "Coup de Grâce" définitif. Celle-ci est l'une de ces Lois de la Guerre et si nous l'avions comprise à ce moment-là, nous aurions pu l'utiliser en notre faveur, mais ceci est une autre Histoire.

Pour en finir avec le fait de jeter plus de bois dans le feu, mon Procès pour Insoumission arrivera et je serai condamné à 1 an et demie de prison; du fait d'être condamné à une peine inférieure à 2 ans, je resterai automatiquement en "Liberté" conditionnelle, en ayant l'obligation d'aller signer les 1er et 15 de chaque mois [au commissariat], chose que je ne ferai jamais et finalement, je n'étais déjà plus un Insoumis, seulement à leur armée (qui n'était déjà plus obligatoire) et je n'avais pas non plus précisémment d'allergie à la poudre, simplement je me suis déclaré Insoumis à tout ce que ce même "groupe d'hommes et femmes armées" défend. Malgré le fait d'avoir déjà un pied en prison, j'étais incapable de me séparer de la première Ligne de chaque barricade. Je n'envisageais pas de renoncer à ce qui était déjà la partie la plus importante de ma vie. Quand je m'en suis rendu compte, nous avons été aussitôt mis(e)s dans la PAPA (Plateforme d'Aide aux Prisonnier-ère-s Politiques Antifascistes), une plateforme depuis laquelle un groupe de personnes connues voulaient porter la voix des prisonnier(ère)s dans la rue. Parallèlement et de façon discrète, nous tentions de créer les Jeunesses Antifascistes, au début un groupe réduit de compagne(on)s expérimenté(e)s où nous tentions d'apporter un soutien aux différentes Luttes ouvrières et de Résistance Antifasciste au moyen de différentes actions.

bar-16Un jour, quelqu'un me présente la possibilité de passer à la clandestinité pour militer dans les GRAPO (Groupes de Résistance Antifasciste Premier Octobre 1975). J'avais tellement rêvé de cette possibilité que je l'avais peut-être réduite à cela : un simple rêve; c'est pourquoi, malgré le fait de l'avoir devant moi, sous mon nez, je la voyais comme quelque chose de lointain. Le moment était venu et je n'avais rien à penser contre et encore moins à perdre. Ce fut durant l'été 1997 quand -au côté d'un autre compagnon et d'autres compagnes- nous nous intégrons dans les GRAPO. Parmi les premières impressions que j'ai eu en me réunissant avec les vieux/vieilles militant(e)s, ce qui a pris le dessus c'est la sensation que tout ce que j'avais appris jusqu'à ce moment sur la Lutte était bien peu, même si j'aurais voulu penser le contraire, et c'était peut-être dû au fait de prendre confiance en moi-même. Une nouvelle vie commençait dans laquelle je devais tout donner pour acquérir les nécessaires connaissances théorico-pratiques sur la Lutte Guerrillera, en particulier, et sur la Lutte de Classes en général. Mes caractéristiques et mon expérience propres correspondaient parfaitement dans les questions plus directement liées à la Lutte armée mais, depuis le premier moment, j'avais une grande carence flagrante quant à ma formation idéologique qui produisait chez moi une grande insécurité qui parfois me rendait difficile l'indispensable approche pour y remédier, d'autant plus que je tentais de le dissimuler extérieurement. Dans ce domaine, mon autoestime diminuait en cheminant, jusqu'à des niveaux insoupçonnables, bien que nous pourrions dire que tout ce sujet était plus "psychosomatique" que naturel (le temps montrera mes capacités réelles), cette insécurité m'empêchait de me concentrer sur l'étude et de comprendre tout ce que je lisais sur la longue expérience dans la Lutte de Classes. Tandis que je tentais de palier à ces carences que je m'étais moi-même créés, je me développais avec plus d'aisance sur les questions techniques et opératives. Mais "Le Politique doit toujours diriger le fusil" et quand ils/elles ont voulu diminuer les problèmes et difficultés de l'Organisation Antifasciste, tout cela est passé dans le compte...

bar-30Un autre aspect à souligner est celui du vide générationnel qui avait lieu entre les nouveaux/nouvelles et les vieux/vieilles militant(e)s avec les enjeux que cela supposait pour nous qui venions d'arriver. Souvent, je pense que si j'en avais profité plus longtemps dans la Légalité pour la formation politique avec des vues déjà mises dans le futur immédiat : les enjeux du saut auraient été moindres mais il est évident que la nécessité de réaliser la relève se faisait pressante car la réalité s'impose et il faut savoir s'adapter aux circonstances; il n'existe pas de formules magiques pour soustraire au temps l'objectif de se renforcer pour maintenir bien haut -depuis plus de 30 ans- le drapeau de cette Organisation Antifasciste d'avantgarde. Nous sommes allé(e)s ainsi, en affrontant de nombreuses difficultés. Durant ce temps, avec un résultat meilleur ou pire, avec plus ou moins d'assurance : j'ai participé à la préparation et la réalisation de nombreuses actions armées que je ne détaillerai pas comme cela est compréhensible. Aujourd'hui, je peux dire que ce que je suis, ma façon de ressentir, de penser, l'intégrité que je tente de forger chaque jour en tant que personne : je le dois majoritairement à ma militance dans les GRAPO, à la discipline et à l'engagement contagieux des Camarades, à cette poignée de Communistes que j'ai connu avec le temps...


camarada…QUELQUES PAS EN ARRIÈRE.

J'aimerais pouvoir raconter que j'ai toujours été là, avec la barre bien haut, mais ce ne serait pas honnête de ma part. Avec les années, nous avons dû nous affronter aux éléments opportunistes au sein de l'Organisation et au milieu d'une des batailles les plus dures dans ce domaine, j'en suis venu à être neutralisé avant même de commencer le combat. De vieilles concessions de ma part, tout comme les problèmes personnels et l'évident manque de formation politique, m'ont annulés en commençant la bataille, jusqu'à ce que finalement, sous l'énorme pression, tout le pire que je pouvais porter en moi finisse par éclater.

Après avoir été immergé dans une dépression chronique pour avoir failli comme militant, j'entrerai dans un cercle vicieux dans lequel je retomberai chaque fois que je croyais en être sorti. Pour autant d'efforts –avec plus ou moins de succès- qu'aussi bien moi comme les compagnes(on)s voulions faire pour comprendre et résoudre toute cette question, la clandestinité n'était pas le lieu idoine pour la résoudre avec les pressantes nécessités qu'avait l'Organisation : c'est pourquoi au lieu de soigner le problème, cela l'agravait... Je ne pouvais pas continuer à conditionner l'Organisation et indépendamment de la décision qui pourrait être prise sur ma personne depuis le Commando Central, une seule solution tournait dans ma tête depuis déjà quelques temps, je devais me séparer de ce qui était le plus important pour moi : l'Organisation Guerrillera, mais c'était un exercice de cohérence et je n'avais déjà plus aucune confiance en moi et mes rechutes étaient chaque fois plus importantes... Je l'ai présenté ainsi face à la Direction, comme une "sortie temporaire" jusqu'à résoudre mes problèmes, alors qu'en réalité pour moi, tout laisser, faire un virage de 180 degré dans ma vie me faisait penser que cela ne méritait pas la peine que je continue à vivre. Ce n'était pas la première fois que je le pensais mais cette idée prenait force. Mais si ce n'était pas pour moi, au moins pour ceux/celles qui m'aimaient, je devais sortir de ce puit obscur de la folie, je devais continuer à vivre, je devais continuer à lutter.

Liberdade Arenas 1 Mayo 2002C'est ainsi que le voyage le plus terrible de ma vie a commencé, cette fois complètement seul. Pour terminer de poser la cerise aigre sur le gateau de mes frustrations, j'arriverai à Bilbo (Pays Basque), en pleine manifestation du 1er Mai 2002. La tension s'acumulait de jour en jour, le rêve durait pendant les nuits de veille, la paranoia, le poids pesant de l'échec et tout cela sans cesser d'être l'un des plus recherchés par les flics. J'en suis arrivé y compris à développer un tric nerveux et un bégaiement latent (parmi d'autre maux) de ceux dont il m'a coûté d'en sortir, et il n'y avait pas la possibilité de trouver un refuge ni un lieu décent où vivre. Le temps continuait de passer et l'argent s'en allait rapidement dans des pensions lesquelles représentaient un risque supplémentaire de tomber aux mains de la Police, aussi, j'ai décidé d'acheter un sac de couchage et "d'aller à la montagne". Je voyais seulement un choix pour continuer à aller de l'avant, faire ce que je savais le mieux : exproprier une banque. Il y avait uniquement une difficulté, en le réalisant concernant la propriété il ne s'agirait pas d'une expropriation, cet argent ne couvrirait pas les nécessités d'une Cause juste, sinon un bénéfice personnel. Je me promis à moi-même de ne prendre aucun chemin facile. Je me suis agrippé avec force à l'orgueil qui me restait, j'ai fais appel au plus profond de la conscience et j'ai commencé à avancer.

J'ai trouvé plusieurs emplois dans différents environnements mais face à mes excuses pour ne pas avoir de contrat (à cause des recherches policières), cela durait très peu de temps. Un jour, les jounaux ont apporté la pire des nouvelles : une grande partie des GRAPO et autant du PCE(r) étaient tombé(e)s dans les griffes de l'ennemi, quelque temps plus tard j'ai su que cela était dû au travail d'un infiltré. Deux ans n'étaient pas passés, lorsque nous avons vu la chute des “7 de Paris”. Je connaissais bien la situation dans laquelle ils/elles étaient et le rôle que je devrais être en train d'accomplir. Le coup a été terrible et je ne pouvais pas cesser de me noyer dans le sentiment de culpabilité du fait de m'en être tout juste tiré. Mais si je voulais jouer un jour un rôle je devais me déconnecter des informations et en général de tout ce qui conditionnerait ma récupération, je devais commencer par récupérer la confiance en moi et c'est ainsi que j'ai commencé à chercher un emploi dans quelque chose où je puisse me sentir réalisé, et je suis alors passé par de nombreuses cuisines. Un jour, je suis devenu chef de cuisine, avec quelques expositions de peinture dans les cafés de Bilbo et en enquêtant sur le chemin des mystères de la psyché avec chaque fois plus de distance. C'est aussi à cette époque que j'ai connu Idoia, celle qui sera ma compagne sentimentale et malgré le fait de ne pas tout-à-fait comprendre ma vision du monde, elle a montré sa bravoure en me supportant durant un certain nombre d'années. En février 2006, je suis détenu avec Idoia par la Ertzaintza (8).


Israel TORALBA BLANCO-2JUSQU'OÙ LE CORPS PEUT SUPPORTER.

Idoia sera mise en liberté et je serai emmené à la prison de Soto del Real. Après avoir été conduit une cinquantaine de fois à l'Audiencia Nacional [Tribunal fasciste espagnol] et une montagne de Procès, je serai condamné à plus de 200 ans de prison. Dans la majorité d'entre eux, je connaitrai mon avocat 5 minutes avant le début du Procès au moment même où celui-ci savait pour quel dossier j'allais être jugé. Je pense qu'il est inutile en dire plus sur le "Droit à la Défense" qui nous assiste, bien que je garde des anecdotes pour écrire un livre. Sur les 5 ans et demie de prison que j'ai réalisé, j'en ai passé 4 dans un “bunker” d'Isolement dans la prison de Villena. Au début, ce type de Module était destiné aux détenu(e)s sanctionné(e)s et pour de courtes périodes de temps mais nous, les prisonnier(ère)s politiques, avons passé de nombreuses années dans ces oubliettes sans soleil. À ce jour, je n'ai partagé de Module avec aucun autre prisonnier politique, excepté de rares occasions où on s'est croisé(e) durant un bout de chemin pour l'Audiencia Nacional. En pratique, je suis donc maintenu dans un Isolement total ce pour quoi j'ai dû tout réapprendre quant à l'attitude que nous devons maintenir en prison à partir de nombreuses erreurs commises et en les corrigeant. Mais la prison m'a aussi apporté la retrouvaille avec les mien(ne)s et d'une certaine façon, cela m'a ouvert un monde de possibilités nouvelles. Finalement, la prison est une tranchée de plus depuis laquelle il nous faut défendre les intérêts de la Classe ouvrière et il me reste encore beaucoup à apprendre et à partager..."


NOTES:

(1) Salvador PUIG ANTIC (1948-1974) anarchiste catalan assassiné par l'État espagnol au moyen du Garot le 2 mars 1974.

(2) Assassinats par l'État espagnol des militants du FRAP (Front Révolutionnaire Antifasciste et Patriotique) : José Humberto BAENA, José Luis SÁNCHEZ BRAVO et Ramón GARCÍA SANZ au côté des militants d'ETA : Juan PAREDES MANOT (Txiki) et Ángel OTAEGUI.

(3) GAL : Groupes Antiterroristes de Libération, l'un des instruments du Programme de la Terreur d'État exercée ensemble notamment par les États espagnol, français et italien.

(4) Véganisme : non usage et non consommation de produits issus de l'exploitation des animaux.

(5) Guillen AGULLÓ (1975-1993) Antifasciste de Valencia (Pays Catalans) assassiné  le 11 avril 1993 à Montanejos par des fascistes.

(6) Pedro CUEVAS, un fasciste du FAS (Frente Antisistema, fasciste) et d'Alianza Nacional l'un des assassins de Guillem AGULLÓ.

(7) Alianza Nacional (Alliance Nationale), Parti politique fasciste espagnol surgit en 2005.

(8) Ertzaintza: Police basque formée par la Guardia-Civil espagnole fasciste.


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DYNAMIQUE DE BAIONA

jpg-SR BAIONA-okPLUS D'INFOS (cliquer)

SOLIDARITÉ PCE(r), GRAPO ET SRI!

 AMNISTIE TOTALE !!!

SANS CONDITIONS !

AMNISTIA TOTALE

2013 : ADRESSES

COLLECTIF DES PRESXS DU PCE(r), GRAPO ET SRI

(2013) PRESXS-adresses

ENCORE 1 PROCÈS-FARCE !!!

PROCES FARCE 13.09.2012 (arenas)-azkPROCES FARCE 13.09.2012 (victoria)-azkMADRID, LE 13 SEPT 2012 :

PITOYABLE TRAGI-COMÉDIE !!!

Audios du dernier Procès-Farce contre "Arenas" et Victoria Gómez. Il n'y a rien de mieux pour rompre la Guerre Sale déployée contre le PCE(r) qui tente de le relier au faux amalgame criminalisateur : PCE(r)-GRAPO... que d'écouter leurs propre paroles. Quand "Arenas" parle sur la politique la Juge l'interrompt et l'expulse. L'avocat de la Défense rompt avec des données tranchantes et sans appel les inventions mises dans les Dossiers judiciaires pour impliquer "Arenas" dans les GRAPO.

  NI OUBLI, NI PARDON !

ABELARDOLIBERTÉ POUR LE COLLECTIF

DES PRESXS POLITIQUES

DU PCE(r), DES GRAPO ET DU SRI

DONT LE CAMARADE ARENAS!

camarade ARENAS

République Populaire

CAMPAGNE DE SOLIDARITÉ AVEC LES PRESXS MALADES

PRESXS MALADESPLUS D'INFOS (cliquer)

7 PRES@S DU COLLECTIF DES COMMUNISTES, ANTIFASCISTES ET SOLIDAIRES DU PCE(R), DES GRAPO ET DU SRI ONT DE GRAVES MALADIES INCURABLES ET ILS/ELLES SONT SÉQUESTRÉ/ES DE FACTO. NOUS EXIGEONS LEUR MISE EN LIBERTÉ IMMÉDIATE!

1-CARTE DIRECTEUR INSTITUTIONS PENITENTIAIRE-azk

MONTRE  TA SOLIDARITÉ !

IMPRIME LA CARTE ET ENVOIE-LA !

COPIE-LA ET FAIS-LA CIRCULER !

1bis-CARTE DIRECTEUR INSTITUTIONS PENITENTIAIRE

12-Enrike KUADRA ETXEANDIA-GRAPO

Enrique KUADRA ETXEANDIA, prisonnier politique des GRAPO. Né à Barakaldo (Bizkaia, Pays Basque) le 9 juin 1950. Militant des GRAPO et Historique militant du PCE(r), âgé de 62 ans. En prison 2 fois (22 ans au total). Sauvagement torturé. Mis une nouvelle fois en prison en 1995 : il est devenu gravement malade. Il se trouve actuellement dans la Prison de Daroca (Zaragoza). Opéré d'un cancer à la prostate. Prisión de Daroca Ctra. Nombrevilla 50360 Daroca (Zaragoza)

1-Manuel PEREZ MARTINEZ-PCE(r)-fr

Manuel PÉREZ MARTÍNEZ, prisonnier politique du PCE(r). Né à Melilla le 1er novembre 1944. Secrétaire Général du PCE(r), âgé de 68 ans. En prison 3 fois (19 ans au total). Toujours en situation d'Isolement extrême. Mis une nouvelle fois en prison 2000 : il est devenu un malade chronique. Actuellement, il se trouve dans la Prison de Castellón II. Il souffre de graves problèmes occulaires, de cataractes, migraine chronique, de rhumes continuels qui le maintiennent prostré, d'une hernie du hiatus et de plusieurs maux associés. Prisión de C.P. Castellón II 12140 Albocasser 

11-MARIA JOSE BAÑOS-GRAPO-fr

María José BAÑOS ANDUJAR, prisonnière politique des GRAPO. Née dans le Sud-Est de l'État français le 11 novembre 1964. Militante des GRAPO âgée de 48 ans. 18 ans en prison. Mise en prison en 2002 : elle est devenue encore plus gravement malade. Elle se trouve actuellement dans la Prison de Valencia II. Foie dans un très mauvais état. VIH. Elle a besoin d'une déviation coronaire. Fortement médicalisée. Prisión de Picassent-Valencia II - a.c. 1002, 46225 PICASSENT (Valencia).

28-Manuel R. ARANGO-PCE(r)

Manuel ARANGO RIEGO, prisonnier politique du PCE(r). Né à Villaseca de Laciana (León) le 12 décembre 1948. Historique militant du PCE(r), âgé de 64 ans. Il a été plus de 20 ans en clandestinité après avoir été détenu et incarcéré à de nombreuses occasions et blessé par les tirs de la Police lors de l'une d'entre elles. Mis en prison une nouvelle fois en 2007 : il est devenu gravement malade. Il est actuellement dans la Prison de Zuera (Zagazoza). Dans cette prison, il manque de physiothérapeute et de plusieurs médicaments dont il a besoin. Il a une sciatique chronique qui l'oblige à marcher en étant aidé; arthrose générale; hépatite chronique avec perte de masse hépatique. Ulcère duodénal chronique car il a été emputé de l'intestin grêle. Hypermédicalisé. Prisión de Zuera-Zaragoza - CN 338, km . 539, 50800 ZUERA (Zaragoza).

2-ISABEL APARICIO-PCE(r)-fr

Isabel APARICIO SÁNCHEZ, prisonnière politique du PCE(r). Née à Madrid le 2 février 1954. Militante du PCE(r), âgée de 58 ans. En prison 2 fois (9 ans au total). Incarcérée en 2007 : elle est devenue gravement malade. Elle se trouve actuellement dans la Prison de Zuera (Zaragoza). Arthrose générale, ostéoporose, hernies lombaires et discales, sinusite chronique, elle a besoin de plusieurs opérations. Récemment opérée de cataractes aux 2 yeux. Prisión de Zuera-Zaragoza - CN 338, km . 539, 50800 ZUERA (Zaragoza). 

21-Paco CELA SOANE-PCE(r)Paco CELA SEOANE, prisonnier politique du PCE(r). Né à Verin (Ourense) le 29 octobre 1958. Militant du PCE(r), âgée de 56 ans. En prison depuis 26 ans, en 3 fois. Incarcéré en 2007: il est gravement malade. Il se trouve actuellement dans la Prison de Picassent (Valencia). Diabète très problématique. Jusqu'en novembre 2010, il a eu besoin de 5 injections d'insuline par jour. Prisión de Picassent -Valencia II. ac 1002. 46225 PICASSENT (Valencia).

4-Résister c'est vaincre-fr3-adosB

HOMMAGES DÉC 2014

NI OUBLI,NI PARDON! 

xc-29 AOUT 2013 VIGO

BIOGRAPHIE (Lire) 

au-(05.12.1982)-JUAN MARTIN LUNA-PCE(r)NI OUBLI,NI PARDON!

ACTE DE SOLIDARITÉ

ÉLECTIONS BOURGEOISES :

BOYCOTT !!!

LA LUTTE EST DANS LA RUE PAS AU PARLEMENT-2

Lutte et organise-toi avec le SRI ! A l'école, université, usine, entreprise, quartier : partout tu peux Lutter pour abolir le Capitalisme et l'Exploitation de Classe en oeuvrant pour  LA RÉVOLUTION SOCIALISTE afin d'abolir définitivement toute Classe et Exploitation par LE COMMUNISME ! ET N'OUBLIE PAS LA SOLIDARITÉ AVEC LES ANTIFASCISTES ET COMMUNISTES EN PRISON : DEDANS ET DEHORS FACE A LA RÉPRESSION   !

  

  PREKARIOEN GAUA

CONTRE L'EXPLOITATION

Pour l'Unité des prolétaires

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  SAMEDI 8 DÉCEMBRE 2012

(à partir de 18h.  23bis Rue des Tonneliers. BAYONNE)

(plus d'infos) et Gadafiste Brothers

PHOTOS DE LA SOIRÉE

jpeg-IMP+WEB-rouge-AFFICHE NUIT DES PRECAIRES-BAIPRESOAK KALERA !

PRESOAK ETXERAT !

PRESOAK KALERA

SAMEDI 10 NOVEMBRE 2012 (BAIONA)

(15h30. Place des Basques)

Manifestation pour la liberté

des prisonnier-ère-s politiques basques

  Aux personnes qui ont Lutté

et qui Luttent contre le Fascisme...

LUCHA ANTIFA

VENDREDI 9 NOVEMBRE 2012

(18h30. Place Louis XIV. ST-JEAN-DE-LUZ)

JOURNÉE INTERNATIONALE : NUIT DE CRISTAL

Rassemblement contre le Fascisme : sexisme,

discriminations et racisme... (plus d'infos)

(9 NOV) KRISTALL NACHT 1938-2012-azk

  ZYED ET BOUNA

NI OUBLI, NI PARDON !

Zyed et BounaLUTTE CONTRE LE NON-LIEU ! (plus d'infos)

 

 

presosenferGrève de la Faim de Solidarité avec Iosu 

Dans les États français et espagnol : plus de 250 prisonnier(ère)s politiques sont en Lutte ouverte avec des Grèves de la Faim, refus des conditions de détention, protestations...

Le prisonnier politique des GRAPO : Enrike Kuadra Etxeandia s’est mis en Grève de la Faim illimitée en Solidarité avec la Grève de la Faim de Iosu Uribetxeberria Bolinaga, un prisonnier politique basque gravement malade en phase terminale dans la prison de Daroca à Zaragoza. Une Grève de la Faim de Solidarité a aussi été commencée par les militants des GRAPO : Nacho Varela Gómez (prison de Puerto I) et Marcos Martín Ponce (prison de Morón de la Frontera, Sevilla). Les autres prisonnier(êre)s du Collectif des prisonnier(ère)s poltiques du PCE(r), GRAPO et SRI informé(e)s rejoignent aussi cette Grève...

LIBERTÉ POUR LES PRISONNIER(ERE)S POLITIQUES !!!

Si l'Etat espagnol a concédé la "Liberté" conditionnelle à Iosu : celle-ci n'est toujours pas effective. En Italie et depuis le Secours Rouge International : des messages et des cartes de dénonciation de cette situation sont envoyées au Ministre de l'Intérieur  de l'État espagnol à Madrid.

Appel du Comité pour un SRI (Italie) : L'Etat espagnol laisse mourir en prison un prisonnier politique malade en phase terminale. Iosu Uribetxeberria Bolinaga est atteint d'un cancer maintenant en phase terminale. Selon les médecins de la prison elle-même, il ne dispose que d'une chance de 10% de vivre encore une autre année. Néanmoins, les "Autorités" refusent de lui concéder la Liberté et désormais 7 autres personnes de plus sont en prison car elles ont participé à une Marche de Solidarité pour Iosu lequel est incarcéré suite à l'accusation d'avoir tué un employé de la prison... Dans les Etats espagnols, français et turc : plus de 500 personnes sont en Grève de la Faim pour réclamer la liberté de ce prisonnier politique gravement malade. Le Collectif des prisonnier(ère)s politiques Antifascistes espagnol(e)s (1) souscrit à cette grève illimitée. Quiconque veut se solidariser avec Iosu peut envoyer une carte ou un télégramme au Ministre de l'Intérieur de l'État espagnol. Pour le texte il suffit de mettre : «NOUS EXIGEONS LA LIBERTÉ IMMÉDIATE DE Iosu Uribetxeberria Bolinaga» (N'oubliez de mettre la signature et le nom de l'expéditeur/trice !)" (1) PCE(r), GRAPO et SRI

IOSU ASKATULeçon de dessin. (Nizar Qabbani, poète syrien) Mon enfant pose en face de moi sa boîte de peintures et il me demande de lui dessiner un oiseau. Je trempe le pinceau dans la couleur grise et je dessine un carré avec des fermetures et des barreaux. Ses yeux se remplissent d’obscurité : “Mais... c’est une prison, papa ! Tu ne sais pas dessiner un oiseau ? Et je lui dis : “Mon enfant, pardonne-moi... J’ai oublié la forme des oiseaux.” Mon enfant pose alors en face de moi son carnet de dessin et il me demande de lui dessiner un épis de blé. Je prend la plume et je dessine une arme à feu. Mon enfant se moque de mon ignorance et il s’exclame : “Papa ! Tu ne connais pas la différence entre un épis de blé et une arme à feu ?“. Je lui dis : “Mon enfant, oui j’ai connu les formes des épis de blé, celle de la miche de pain, celle de la rose mais dans cette époque très dure que nous vivons actuellement les arbres de la forêt se sont unis à la Résistance pour Lutter.(…)”

Dessin d'AURORA(Juin 2012)(Juin 2012) Dessin d'Aurora Cayetano 

prisonnière politique du PCE(r) en Prison

  

  

(gorria)Résistance-1

(TOULOUSE) : PROCES-FARCE ! Face à la Répression de l'Etat français Solidarité avec le CREA (OKUPA) RÉSISTER C'EST VAINCRE ! (plus d'infos) SOLIDARITÉ !

21 JUIN 2012

JEUDI 21 JUIN 2012 (PARIS) (19H) RASSEMBLEMENT DEVANT LA PRISON DE LA SANTÉ Concert de dénonciation contre la Terreur d'État Plus d'infos (cliquer)

 

lamine-diengmanifestation-lamine-dieng-2011-avenue-gambettaNI OUBLI ! NI PARDON ! lamIne dieng, Un ouvrier assassinÉ par la Police de l'État français MARCHE COMMÉMORATIVE À PARIS (14h) Samedi 16 Juin 2012 (Plus d'infos)

vérité et justice pour ali ziri-2NI OUBLI ! NI PARDON ! ALI ZIRI, Un ouvrier assassinÉ le 9 Juin 2009 par la Police de l'État français Rassemblement À Argenteuil (14h30) Samedi 9 Juin 2012 (Plus d'infos)

LIBERTÉ POUR DENIZ

VENDREDI 25 MAI 2012 (NUREMBERG, ALLEMAGNE)15H RASSEMBLEMENT DE SOLIDARITÉ CONTRE LE PROCES-FARCE DE DENIZ : UN ANTIFASCISTE (plus d'infos)

 

jpeg-A3 AFFICHE 19-20 MAI 2012-azk

OU SONT-ILS ? OU SONT-ELLES ? CONTRE LA TERREUR D'ETAT SEMAINE CONTRE LES DISPARITIONS POLITIQUES (17-31 MAI 2012)  

Organisée par l'ICAD-Section française PLUS D'INFOS (cliquer)

euskal presoak euskal herriraJEUDI 31 MAI 2012 (devant la mairie de BAIONA) Jour du Procès en appel à Paris (19 H) RASSEMBLEMENT DE SOLIDARITÉ AVEC JON KEPA PAROT prisonnier politique basque d'ETA PRIS EN OTAGE PAR L'ÉTAT FRANCAIS DEPUIS 23 ANS

jpeg-(09.05.1976) ULRIKE MEINHOFazkPlus d'infos (en cours rédaction)

IBAI ASKTATU-1

IBAI ASKTATU-2 IBAI ASKATU ! GUK ZUREKIN ! LIBERTÉ POUR IBAI PEÑA BALANZATEGUI ! ON EST AVEC TOI ! EUROAGINDUEI EZ !  Plus d'infos  et Lutte Antifasciste  (Originaire de Gasteiz et réfugié politique à Baiona.Transféré en Juin 2012 de la prison de Seysses dans l'État français à celle de Soto del Real dans l'État espagnol) Pour lui écrire : IBAI PEÑA BALANZATEGUI - MADRID-V SOTO DEL REAL CENTRO PENITENCIARIO - CARRETERA COMARCAL 611 - 28.791 SOTO DEL REAL (MADRID) ESPAÑA.

 

 

 

HOMMAGE A LA CAMARADE YASEMIN DU MLKP

Yasemin Yoldas-3

La "Camarade Yasemin" du MLKP est morte le 9 février 2012

en luttant contre l'Etat turc fasciste

pour la révolution socialiste et le Communisme

en Turquie et au Kurdistan

PLUS D'INFOS (cliquer)

HOMMAGE, GRÈVE DE LA FAIM ET DÉTENTION

SOLIDARITÉ AVEC MANUEL ARANGO RIEGO

PRISONNIER POLITIQUE DU PCE(r)

LE 19 OCTOBRE 2011

FIN DE LA PROTESTATION AVEC

GRÈVE DE LA FAIM

DEPUIS LE 16 SEPTEMBRE 2011

CONTRE LE DÉNI DE LA CONDITION DE PRISONNIER/ÈRE POLITIQUE ET DE MILITANCE

MIS EN OEUVRE PAR L'ADMINISTRATION PÉNITENTIAIRE ET L'ÉTAT ESPAGNOL

28-Manuel R. ARANGO-PCE(r)-castLA SOLIDARITÉ DE CLASSE EST NOTRE ARME ! ÉCRIS-LUI !

Prision de C.P. Madrid VI - Aranjuez

C.P. Madrid VI 28300 Aranjuez (Madrid)

02.10.11-im1(lettre interceptée)

  11 OCTOBRE 2011 (BAIONA). DIFFUSION DE 300 TRACTS SRI* À DES PROLÉTAIRES DURANT UNE MANIFESTATION NATIONALE DANS L'ÉTAT FRANÇAIS CONTRE LA PRÉCARITÉ.

* En Solidarité avec la Grève de la Faim du Camarade Manuel Arango Riego, Prisonnier Politique du PCE(r) et pour rappeler l'existence de la Lutte dans les prisons du Collectif des presxs politiques du PCE(r), des GRAPO et du SRI.

BLOG(Manif 10oct2011)TRACT SRI-jpeg DÉTENTION ET MISE EN "LIBERTÉ" AVEC CHARGES

DE PABLO HASÉL, RAPPEUR DE 22 ANS 

LIBERTÉ POUR CE CAMARADE SOLIDAIRE ET COMBATIF!

pablo Liberté !LIBERTÉ IMMÉDIATE DE PABLO HASÉL !

Il est Communiste, les terroristes c'est vous.

SOLIDARITÉ AVEC PABLO HASÉL !

-COMMUNIQUÉ DE PABLO HASÉL

ET CAMPAGNE DE SOUTIEN

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RADIO CLASH DE LIMOGES

-Émission du 4 octobre 2011

-Émission du 11 octobre 2011

-Emission du 18 octobre 2011